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©DR

Par Benoît Garret
Le 19 mai 2019

Un groupe de « pisseuses » et « pisseurs » en devenir s'est formé à Saint-Affrique dans le but de participer à la campagne nationale Glyphosate France.

Si vous êtes prêts à faire pipi pour connaître votre taux de glyphosate, un groupe de « pisseuses » et « pisseurs » est en train de se constituer à Saint-Affrique, sur le même modèle que celui déjà en place à Rodez.
Jeudi 9 mai, au Lieu-Dit à Saint-Affrique, neuf personnes se sont réunies pour participer à la campagne nationale « Glyphosate France ».
« Tout est parti de l’Ariège suite au procès d’un groupe de faucheurs volontaires en 2016 », indique Christine Thelen, membre du groupe Campagne glyphosate 12. A la suite d’une action menée dans une jardinerie pour « neutraliser des bidons de Roundup », ces derniers ont été jugés au tribunal de Foix. Lors du procès, les prévenus aidés de leur avocat ont protesté contre leur « contamination par le glyphosate » pour justifier leur acte. Et le tribunal de Foix a accepté d’envoyer « les questions préjudiciables à l’Europe ». En clair, la Cour européenne de justice sera interrogée sur l’autorisation et l’évaluation de la mise sur le marché des produits phytosanitaires, et notamment le glyphosate, herbicide fortement décrié et soupçonné d’être cancérogène*, et principe actif du Roundup.

« Déjà 2.600 prélèvements, tous positifs au glyphosate »

71 groupes fonctionnent dans toute la France, soit 71 départements. Courant juin, une collecte d’urine sera mise en place à Rodez auprès d’une cinquantaine de personnes. L’idée est d’en proposer une dans le Sud-Aveyron, regroupant Saint-Affrique, Millau et les alentours, d’ici la fin de l’année.

Le mois d’octobre a été évoqué par le groupe de Saint-Affrique. Christine Thelen a ensuite indiqué comment fonctionnent ces « prélèvements » d’urine effectués sous contrôle d’huissier et ensuite envoyés dans un laboratoire allemand homologué :

Au total, chaque prélèvement coûte en moyenne 135 € par personne dont 85 € pour la seule analyse en labo. Le reste est destiné à payer les huissiers et les frais.

Et d’indiquer que « jusque-là sur les 2.600 prélèvements effectués en France, ils sont tous revenus positifs au glyphosate à des degrés allant de 0,1 nanogramme par millilitre à 3,4 ng/mL. » Et de citer en référence que « seul un taux de 0,1 ng/mL est autorisé dans l’eau potable ».
L’objectif de la campagne est de récolter 5.000 prélèvements. Les « pisseuses » et « pisseurs » volontaires devront ensuite remplir une plainte et la déposer au tribunal le plus près de leur domicile pour au final mener une action de groupe en justice.
Pour limiter le coût des frais, il est envisagé d’organiser une ou plusieurs manifestations, type soirées de soutien. La prochaine réunion sur la campagne glyphosate est fixée au jeudi 23 mai, à 19 h, au « bocal » du Lieu-Dit.
 
* Le Centre international de recherche sur le Cancer (CIRC), un organe de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a classé dès 2015 le glyphosate comme « cancérogène probable ».



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