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Marcillac, ville minière. Le chemin de fer aérien du Comtal à Marcillac. - ©DR

Par Aveyron Digital News
Le 19 mai 2019

A l'ère industrielle, la mine et les mineurs ont été source d’inspirations pour de nombreux auteurs et de célèbres romans, mais au-delà de ces histoires, reste... l’histoire. Presque oubliée parfois. Comme celle de l’extraction du minerai de fer, sur le causse Comtal, et plus précisément, sur les sites de Muret-le-Château, Mondalazac, Cadayrac, où le minerai, une fois extrait, était convoyé jusqu’à la cité minière… Marcillac.

Invité sur une idée de Didier Lascoumes, adhérent de l’association Itinéraires et Découvertes 12, Jean Rudelle, ingénieur géotechnicien, aujourd’hui retraité, a animé une conférence à la Doline de Sébazac, « Sur la route du fer, le transport du minerai de fer, par rails et par chemin de fer aérien ».

Difficile de s’imaginer aujourd’hui, le Comtal parcouru de locomotives, et traversé de part en part par un chemin de fer aérien, pour alimenter en minerai la gare minière de Marcillac, avec un wagon toutes les 40 secondes, dis heures par jour, sept jours sur sept. « Cette gare se situait un peu au-dessus de l’actuelle gendarmerie de Marcillac, explique le conférencier, pour ensuite terminer dans les hauts fourneaux de Decazeville ».

Si le duc Élie Décazes reste le concepteur, bien qu’il semblerait que se soit Joseph qui soit à l’origine de l’idée de faire investir son frère dans l’industrie métallurgique, la toute première fonderie qui transformait le minerai de fer était située à Muret-le-Château. Elle a été conçue en 1804 par Passelac - Blavier, deux associés qui n’ont pu résister, faute de moyens financiers, au développement des forges de Decazeville.

Toujours est-il que l’extraction dura de 1830 à 1920, avec 3 millions de tonnes extraites, sur les 60.000 tonnes estimées sur le Comtal.

Aucune énergie nécessaire pour pour le chemin de fer aérien

On retrouve encore de nombreuses traces de fondations, des poteaux de soutiens du chemin de fer aérien, qui avait toute l’apparence d’un téléphérique, et qui reliait Muret-le-Château à Marcillac, avec un crochet pour éviter de survoler Mondalazac. Les habitants de l’époque avaient résisté au duc Décazes, et s’étaient battus pour préserver leur environnement, et surtout, le survol, avec tous les dangers lui affairant, de wagons remplis de cailloux, sans parler du bruit engendré.

Pour son fonctionnement, le chemin de fer aérien ne nécessitait absolument aucune énergie, le poids des wagons chargés suffisait à maintenir le mouvement. Le principal souci des opérateurs était même de ralentir le mouvement…

Pour le rail, en partance de Cadayrac, les convois transbordaient leur chargement à l’actuelle gare de Souyri, aujourd’hui transformée en habitation privée, direction Marcillac puis Decazeville.

La récupération de l’Alsace et la Lorraine par la France, et donc son accès aux gigantesques gisements de minerai, mit un frein brutal à l’industrie du bassin aveyronnais.

Restent de nos jours les musées, la découverte de Decazeville et quelques vestiges de ce passé de mineurs, et les passionnés, comme Jean Rudelle, pour continuer de faire vivre la Compagnie des Houilleries et Fonderies de l’Aveyron.

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