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José Bové donne les détails de la fiche rédigée sur lui par Monsanto. - © Le Progrès

Par Benoît Garret
Le 11 mai 2019

Hier matin, à Millau, le député européen José Bové – « bien connu pour son combat contre les OGM » – a lu sa fiche rédigée par Monsanto. Comme plusieurs journalistes et élus, il pense aussi porter plainte contre ce fichier rédigé par le géant des produits phytosanitaires.

Smartphone en main, dans un café à Millau, l’eurodéputé vert José Bové lit la fiche rédigée sur lui par la firme de relations publiques Fleishman Hillard pour le compte de Monsanto. Il fait partie des plus de 200 personnalités, classées en fonction de leurs opinions sur le glyphosate, les OGM ou encore les pesticides. Jeudi, le journal Le Monde et France 2 ont révélé ce fichage destiné à influencer le renouvellement de l’homologation du glyphosate.

Le député européen détaille :

Il est inscrit “bien connu pour son combat contre les OGM”. Je suis noté quatre sur un maximum de cinq sur ma capacité de nuire. Et sur ma crédibilité, pour eux, je n’ai que trois sur cinq forcément. Mais ce n’est pas grave.

« Ça vaut la Légion d'honneur »

Le militant altermondialiste et fidèle soutien des Faucheurs volontaires précise : « C’est à cause de ça, que depuis 1996, je suis interdit de séjour aux Etats-Unis. Bloqué à l’aéroport de New York parce que je me rendais à l’assemblée des mouvements anti-Monsanto, j’ai participé à la conférence le lendemain, en direct de Paris, en visioconférence. C’est pour ça qu’ils me connaissent. »

Et d’ajouter : « C’est bien d’être du bon côté de la barrière. Ça vaut la Légion d’honneur. C’est mieux même que la Légion d'honneur. »

José Bové étudie avec son avocate le dépôt d’une plainte comme l’ont déjà fait plusieurs journalistes et l’ont évoqué plusieurs députés européens : « Ce n’est pas pour le fait d’être considéré par Monsanto comme un ennemi, ça je le sais depuis longtemps et je l’ai payé assez aussi. Mais c’est surtout contre la méthode de fichage. Parce que si on commence comme ça je ne sais pas où on s’arrête. »

Le Parquet de Paris a annoncé l’ouverture d’une enquête préliminaire au lendemain des révélations des journalistes du quotidien national et de la chaine de télévision publique.



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