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De gauche à droite : Alain Alonso, Michel Raffi, Magalie Soubirou, Lætitia Cubaynes, Marine Petit et Roland Joffre. - ©ADN12

Par Aveyron Digital News
Le 10 mai 2019

« Mur murs », l'événement qui va faire du bruit à Decazeville avec des street'artistes de renommée internationale pour la première édition du Festival de Street'Art du 25 mai au 30 juin.

Né aux États-Unis dans les années 70, le Street art n'est pas vu d'un très bon œil par les autorités, qui considèrent comme des « verrues » du paysage urbain dont il faut absolument effacer et réprimer pour délit de détérioration du bâti.

Mais c'était sans compter l'acharnement de quelques-uns comme Jean-Michel Basquiat et Keith Haring, les deux grands futurs géants du Street art qui ont ouvert leur propre galerie et démocratisent leur univers artistique jusqu'en Europe au début des années 80.

Depuis, quel chemin parcouru pour ces artistes atypiques puisqu'aujourd'hui, cet art venu de la rue s'expose dans les musées, les galeries, gagnant ainsi le cœur même du marché de l'art avec une consécration reconnue à l’International. Il n'y a qu' à visiter la 3e édition de la Biennale d'art contemporain et urbain, Rose Béton à Toulouse pour comprendre la place accordée de nos jours, à cet art hors norme.

Cet art urbain ou « Street art », est un mouvement artistique contemporain. Il regroupe toutes les formes d’art réalisé dans la rue, ou dans des endroits publics, et englobe diverses techniques telles que le graffiti, le pochoir, la mosaïque, les stickers ou les installations.

L'état d’esprit de ces artistes atypiques est d'échanger, affronter ses idées à celles des autres ou simplement les diffuser. C’est là, toute la beauté des œuvres urbaines en ce qu’elles sont accessibles, même si souvent éphémères. Elles ne demandent pas de se déplacer dans une galerie ou un musée. Elles peuvent se trouver sur votre chemin, au carrefour d’une rue ! L'exemple de l'artiste JR en est la preuve encore récemment avec son collage géant à la Pyramide du Louvre, à Paris.

Artiste JR - Collage trompe l’œil à la Pyramide du Louvre du 26 mars 2019 © Raymonde ContensousArtiste JR - Collage trompe l’œil à la Pyramide du Louvre du 26 mars 2019 © Raymonde Contensous

Pour la première fois en Aveyron, un festival Street'art va voir le jour

Sous l'impulsion de Decazeville Communauté et de la Ville de Decazeville, ce projet est né de la rencontre entre l'artiste Jo Di Bona et sa compagne Amélie Vielle, et l'élu Christian Murat à l'été 2017, lorsque Jo Di Bona peint un gorille haut en couleur près des soufflantes à Decazeville.

C'est surtout en 2018, à la suite de la réfection du gorille, qui s'était quelque peu détérioré, qu'il a été proposé au duo d'être parrain et marraine de cette première édition. Ayant des racines familiales aveyronnaises, Jo Di Bona et sa compagne Amélie Vielle sont très attachés à ce département et ont immédiatement accepté.

Le Gorille de Jo Di Bona ©ADN12Le Gorille de Jo Di Bona ©ADN12

A l'appel de Jo Di Bona, une vingtaine de street'artistes de renommée internationale ont répondu présents pour ce grand événement artistique et culturel à Decazeville. Un projet d'envergure, original et ambitieux, à vocation tout à la fois artistique, culturelle mais aussi touristique et qui s'inscrit dans un projet urbanistique déjà mis en exergue par la ville de Decazeville.

Ce projet entend initier une réelle dynamique, de nature à générer une véritable révolution culturelle au sein du territoire, en ouvrant la perspective d’une identité culturelle et sociale nouvelle, qui peut reconstruire une fierté d’appartenance et l’espoir d’un véritable renouveau économique fondé sur les réalités du monde moderne.

Alain Alonso, 1er adjoint au maire, chargé à la culture et au patrimoine, précise :

Nous sommes l'hôte de cette manifestation et participons à cet élan premier avec Christian Murat, conseillé délégué aux activités commerciales, artisanales et à l'urbanisme commercial et Philippe Galli, chef des ateliers techniques municipaux pour les aspects techniques de l'événement.

La municipalité de Decazeville et Decazeville Communauté ont à cœur de redynamiser par une nouvelle image plus colorée et chaleureuse, plus moderne et novatrice son bout de territoire.

C'est également un véritable challenge que ce sont donnés les organisateurs et porteurs de projet Xavier Duminy, directeur général des services, Marine Petit, Responsable du service action culturelle, Nicolas Viala, chef de projet et Lætitia Cubaynes, chargée de la communication à Decazeville Communauté, en faisant venir des artistes de renommée internationale en milieu rural.

En effet, tous ces artistes se serviront de l'existant d'un passé industriel meurtri pour donner une nouvelle identité prometteuse au territoire.

Tous ambassadeurs du projet

Tout d'abord, il s'agit d'une implication de tous les services de la collectivité. De la direction générale au service du patrimoine, en passant par l'urbanisme, l'environnement, l'économie (commerces locaux) et le cadre de vie, la communication, le tourisme ou encore l'action sociale et culturelle (tissu associatif et acteurs sociaux), l'ensemble des services et des agents de Decazeville Communauté qui sont mobilisés depuis le début. Tous porteurs du projet et de son rayonnement auprès de la population.

Lors de la conférence de presse du 30 avril dernier, Michel Raffi,  maire de Cransac-les-Thermes déclarait : « c'est le mariage parfait de la culture et du tourisme. »

Magalie Soubirou, directrice de l'Office du tourisme et du thermalisme du Bassin Decazeville-Aubin ajoutait :

Il s'agit d'un véritable projet fédérateur, qui offre une complémentarité nouvelle à ce qui existe déjà sur notre territoire comme le thermalisme et le casino à Cransac, le chemin de Saint-Jacques Conques-Decazeville-Linvinhac, hier un village à Flagnac, par exemple.

Sollicités pour adhérer et participer au projet, nombreux autres acteurs du territoire et de l'Aveyron contribuent soit sur le plan financier soit au niveau matériel ou encore au niveau de la médiation à la réalisation de cet événement majeur, orientée vers un avenir différent et attractif.

La mise en œuvre du Festival de Street'art est confiée à la ville de Decazeville associé avec Aveyron Habitat pour le choix et la mobilisation des façades en vue de construire un parcours cohérent entre le Parc de la Découverte, le centre-ville, la zone du centre et les quartiers de la ville haute, en direction de la Vallée du Lot.

De grands bâtiments hautement symboliques et emblématiques de l'histoire de la cité (immeuble des casernes, Tour du parc ou ateliers municipaux), ponctuent ainsi le circuit d'art urbain pour interpeller et inciter les visiteurs à déambuler et découvrir ce parcours inédit, d'un bout à l'autre de la ville.

Les différentes entreprises du territoire s'engagent auprès de la Communauté et du Fond de Dotation A.R.T. (Attractivité et Résilience Territoriale) un dispositif innovant de mécénat culturel, pour participer à cette opération. Ils fourniront peintures, nacelles, hébergement des artistes, etc.

Roland Joffre, vice-président de Decazeville Communauté, attaché à la culture précise que « tous, ont bien pris la mesure et ont compris l'ampleur d'un tel projet, porteur pour tous. »

L'Office de Tourisme communautaire, avec une équipe déjà fort mobilisée, en assure la promotion en partenariat avec l'Office de tourisme du Département et de la Région Occitanie. Elle organisera des visites guidées du parcours artistique dès cette année.

Enfin, le lycée de la Découverte de Decazeville, partie prenante de la démarche, réalisera un projet de résidence d'artiste avec l'artiste Al ainsi que la fabrication de motifs en acier pour la réalisation d'une œuvre surprise en partenariat avec l'un des artistes de Mur murs.

Un réseau pour mettre en avant le festival et l'art urbain

Dans le cadre du Mois du film documentaire, le réseau des médiathèques en partenariat avec Véo Cinémas, exploitant de La Strada, a programmé deux films relevant du street'art : « Visages, Villages » d'Agnès Varda et JR, un clin d’œil à Agnès Varda récemment disparue, et « Sky's the limit, les peintres de l’extrême » de Jérôme Thomas. Par ailleurs, le cinéma La Strada promeut l'événement en diffusant le « teaser » dans les bandes-annonces qui précèdent chaque séance.

Pour la rentrée prochaine, Aveyron Culture Mission Départementale proposera un itinéraire d'éducation artistique à destination des écoliers et des collégiens.

Des soutiens financiers publics et privés

Avec 60.000 € d’investissement de la part de la Communauté de commune, la première édition de ce festival peut compter également sur les soutiens financiers du Pôle d'Excellence Territorial Rural (P.E.T.R) Centre Ouest Aveyron, en partenariat avec la Région Occitanie qui participe au titre de l'Art Contemporain à hauteur de 10.000 €, du Département de l'Aveyron, sensibilisé au projet, qui contribue à hauteur de 40.000 €, des Fonds Européens du programme LEADER (FEADER) qui font fait bénéficier à ce premier festival d'une enveloppe de 60.000 €, et enfin du mécénat d'entreprise du territoire, réuni au sein du Fonds de dotation A.R.T., qui y apporte une plus-value d'environ 40.000 €.

Chaque artiste va s'engager pour la réalisation d'une œuvre urbaine hors-norme

Le festival commence avec la réalisation d'une fresque collaborative des élèves du lycée de la Découverte avec l'artiste Al, du 20 mai au 24 mai. Puis, le public pourra découvrir en deux cessions de création « Work in progress », du 25 mai au 2 juin puis du 22 juin au 29 juin, l'évolution du travail artistique de ces street'artistes de l’extrême.

A retenir, sur la seconde période, l'intervention de Jokolor et « ses apprentis » (ouvert à toute personne qui aurait envie de s'essayer à cet art) pour une fresque collaborative.

Une signalétique sera mise en place afin d'appréhender et découvrir les œuvres. Un plan du parcours est fourni par l'office de tourisme ou par interactivité sur le site de la Communauté de commune pour accompagner chaque visiteur. Totalement libre dans sa visite, chacun pourra déambuler dans la ville comme il le souhaite. Le Festival de Street'art étant situé sur l’espace public, cet événement est gratuit.

Vous pouvez suivre l'actualité du festival Mur murs sur la page Facebook qui lui est consacré : https://www.facebook.com/murmurs.streetart.decazeville/ 

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