photos/5369.jpg

Lors de l'exposition du Rodez Aveyron Football à l'occasion des 90 ans, Michel Sanchez a retrouvé des articles de presse où il s'est vu en photo. - ©ADN12

Par Aurélien Gares
Le 07 mai 2019

Il fait partie des membres fondateurs du kop ruthénois. Rencontre avec Michel Sanchez, président de 1989 à 1993, et qui a donc connu les saisons du Rodez Aveyron Football en Division 2 jusqu’à l’épopée de la Coupe de France, à Marseille, au stade Vélodrome.

« Même avant que l’on se structure en tant qu’association, j’étais déjà un supporter assidu. » Chez les Sanchez, le Rodez Aveyron Football est une passion qui se transmet de générations en générations. C’est son père qui lui a mis la puce à l’oreille, avant que Michel ne fasse pareil, actuellement, avec son fils. « Je lui dis que ce qu’il est en train de vivre est un moment historique. Et peut-être que d’ici quelques années, il fera comme a fait son père », à savoir faire partie du kop ruthénois avant de transmettre, à son tour, sa passion du football.

Le 12e homme

Si sa présence au stade est désormais plus occasionnelle qu’à l’aube de ses 20 ans, Michel Sanchez continue à venir régulièrement. Mais dans la tribune en face de celle du kop désormais. « Maintenant, j’aime bien être tranquille. Cela ne m’empêche pas de chanter de temps en temps pour essayer de faire bouger la tribune. » Car la passion y est toujours, « elle est un peu différente », décrit-il. Mais dans les années 90, elle était plus démonstrative.

Michel Sanchez et certains membres du kop lors de Rodez - Sochaux en 1991.Michel Sanchez et certains membres du kop lors de Rodez - Sochaux en 1991.

De ces souvenirs marquants, Michel Sanchez évoque la première montée en Division 2 (1988-1989). Une épopée vécue à Mont-de-Marsan. Une première pour le Rodez Aveyron Football qui atteint là, le niveau le plus haut jamais connu pour le club ruthénois. « Un moment extraordinaire avec de grands joueurs qui sont arrivés mais aussi avec des joueurs du cru », se rappelle l’ancien président du kop.

Une année difficile où le RAF descend dès la saison suivante, mais conscient de ce parcours exceptionnel, le kop ne les a pas abandonnés. « Au contraire, indique Michel Sanchez. C’est là où on s’est dit qu’il fallait construire quelque chose de fort pour fédérer le plus de supporters possible et créer un engouement. » Le 12e homme comme on aime à dire dans le monde du ballon rond. Le kop ruthénois est né. Trois bons copains, Michel Sanchez, « Pierrot » Bouchet et Jean-Louis Albouy prennent l’initiative de se constituer en association pour être « un peu plus structurés ».

« On y passait notre vie »

Dès la saison suivante, le RAF retrouve alors la Division 2 dans laquelle, cette fois-ci, il s’installera durant trois années avant d’être rétrogradé à la suite d’un dépôt de bilan. Et au plus haut du kop rtuhénois de l’époque, 150 membres actifs étaient présents à chaque match pour soutenir leurs joueurs. « On avait chacun une carte qui nous permettait de rentrer au stade avec un tarif réduit. Et cela nous permettait d’avoir des tarifs préférentiels pour organiser nos voyages à l’extérieur. On prenait des bus pour aller sur tous les déplacements possibles pour encourager notre équipe. »

À cette époque, Michel Sanchez vivait et parlait football. « On y passait notre vie, c’était notre passe-temps. Le week-end on ne faisait que ça. On pensait qu’au foot toute la semaine. Le samedi après-midi, on confectionnait des banderoles chez Jean-Louis Albouy. On coupait des draps, on marquait des slogans, on préparait des fumigènes et on se rendait au stade deux heures avant le match. C’était des moments extraordinaires, mémorables. »

Les fumigènes des supporters ruthénois lors de l'entrée des joueurs (OM-RAF).Les fumigènes des supporters ruthénois lors de l'entrée des joueurs (OM-RAF).

Des moments partagés aussi avec les joueurs puisque le club et le kop ruthénois siégeaient au même lieu, Les Colonnes. « On avait une relation un peu privilégiée. Ils étaient très abordables et accessibles. » Une relation poussée jusqu’à disputer une rencontre, aux allures de décrassage pour les sportifs, face à des supporters tout heureux de taper le ballon, à Vabre, face à leurs « copains et joueurs préférés ». Alors, vendredi, à l’occasion des 90 ans du club, l’heure était aux souvenirs entre supporters et joueurs de l’époque. Ce soir-là, d’ailleurs, il croise Jean-Luc Vinusea, numéro 10 de l’époque avec qui il a pris une photo similaire à un cliché photographié trente ans plus tôt.

5.000 Ruthénois à Marseille

Dimanche 2 juin 1991, les supporters se rendent de Rodez à Marseille pour la demi-finale de la Coupe de France après avoir été le bourreau, entre autres, de Metz, Annecy et Sochaux.

Certains y vont en train, d’autres en bus. Soixante cars sont partis de la « capitale » aveyronnaise pour se rendre sur la Canebière. Et c’est 5.000 supporters ruthénois qui se rendent au sein du stade Vélodrome. « Un supporter des Yankee (kop marseillais) m’avait dit qu’on était l’équipe qui avait amené le plus de supporters au Vélodrome », se souvient Michel Sanchez. Et si les Ruthénois s’inclinent 4 buts à 1 à la suite d’un triplé de Papin et un quatrième but de Vercruysse face à une réduction du score de Jacques Pradier, l’ex-président du kop en garde un souvenir « extraordinaire ».

Le fanion de l'Olympique de Marseille lors de l'exposition des 90 ans du Rodez Aveyron Football.Le fanion de l'Olympique de Marseille lors de l'exposition des 90 ans du Rodez Aveyron Football.

Puis, lors de la descente en 1992-1993, à la suite d’un dépôt de bilan, Michel Sanchez prendra de la distance. « Le fait d’entrer dans la vie active, de rencontrer quelqu’un, changent nos habitudes. J’ai eu une coupure, l’engouement a un peu baissé. Mais j’ai continué à me rendre au stade de temps en temps. Depuis trois ou quatre ans, j’y suis un peu plus fidèle. Si en Ligue 2, on commence à avoir des résultats, on va avoir un stade plein. Il faudra se lever tôt pour avoir des places. À Rodez, la locomotive c’est le foot. »

Michel Poisson, « un grand monsieur »

La saison actuelle que Laurent Peyrelade qualifie « d’exceptionnelle » évoque donc de vieux souvenirs à Michel Sanchez. « Cette Ligue 2 est bien différente de celle de l’époque. C’était quand même un niveau inférieur à aujourd’hui. On va avoir des matchs sympathiques l’an prochain. Il ne faudra pas se planter sur le recrutement mais le club est assez intelligent pour garder les meilleurs et faire les efforts nécessaires. Il faut que le groupe soit aussi soudé que celui de cette année. »

S’il est difficile de comparer deux équipes avec trente ans de différence dû à l’évolution du football, Michel Sanchez se souvient de la qualité physique de l’équipe des années 90 : « On avait un groupe de combattants. Michel Poisson axait ses entraînements sur le physique. C’est un entraîneur qui a su amener un certain professionnalisme. Une certaine rigueur dans sa façon de jouer. Un grand monsieur. »

Michel Sanchez et Jean-Luc Vinuesa en 1990 et en 2019.Michel Sanchez et Jean-Luc Vinuesa en 1990 et en 2019.



Recevoir notre Newsletter
S'abonner
News letter

Recevez l'info quotidiennement et gratuitement !

Se connecter



Pas encore de compte ? Cliquez-ici !