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Rapidement, les discussions ont fusé et personne n’est resté dans son coin. - ©ADN12

Par Camille André
Le 02 mai 2019

Mercredi 17 avril, le Quai accueillait le goûter de l’association Agir. Ses bénévoles, les membres du CADA et des demandeurs d’asile s’y sont retrouvés le temps d’une joyeuse rencontre qui a mis les problèmes entre parenthèses.

Les enfants courent partout, les visages sourient et plusieurs langues alimentent les discussions. Mercredi 17 avril, l’association Agir, qui dispense le français notamment aux demandeurs d’asile, organisait un goûter au Quai.

« Pour que les apprenants rencontrent les bénévoles », sourit Anne-Marie Le Guen, qui a tout récemment repris la barre de la structure. Car Agir « lutte pour l’insertion sociale », appuie Françoise Fauconnier, 15 ans de présidence derrière elle.

Les membres du Centre d'accueil de demandeurs d'asile (Cada) profitent aussi des gâteaux sur la table. « Notre rôle est de leur apporter un accompagnement social et juridique quotidien », précise Scarlett Berton, intervenante en action sociale. Mais aujourd’hui, elle fait surtout du lien. En présentant notamment un jeune homme dont la demande d’asile vient d’être acceptée à une nouvelle bénévole d’Agir, qui l’aidera la semaine suivante à rédiger une lettre de motivation durant un atelier.

« Être dans la vie sociale et pouvoir travailler »

Parmi les volontaires, on trouve aussi Annie Cailhol, une enseignante retraitée qui donne de son temps à l’association. « Comment ça s’est passé ton rendez-vous à Rodez ? », interroge-t-elle, soucieuse, une jeune femme blonde de l’assemblée. « Très bien, très bien », rassure Elisabeta, 34 ans, le sourire vissé aux lèvres. Arrivée d’Albanie seulement en septembre dernier, elle s’exprime dans un français déjà clair. C’est grâce à Annie, « la meilleure institutrice ».

« Je suis arrivée à Toulouse, avant d’être amenée à Saint-Affrique avec mon mari et mes deux enfants », retrace Elisabeta. Un garçon de 13 ans, scolarisé à Foch et qui a adopté le club de foot, et une petite fille de 2 ans et demi, scotchée aux genoux de sa maman, qui fréquente la maternelle Caussat. Avant de quitter son pays pour des raisons personnelles, Elisabeta a été étudiante en histoire, à la fac. Son mari, lui, travaillait pour le service postal.

Ici, on est bien, en sécurité, c’est tranquille. Et tout le monde nous aide. 

Elisabeta qui « adore les photos », aux côtés d’Anne-Marie Le Guen, qui les aime un peu moins mais a accepté de se prêter au jeu. Elisabeta qui « adore les photos », aux côtés d’Anne-Marie Le Guen, qui les aime un peu moins mais a accepté de se prêter au jeu.

En attendant de savoir le sort que l’Etat lui réserve, la jeune femme rend la pareille : elle a rejoint l’équipe des Restos du coeur de Saint-Affrique. « J’ai envie d’être dans la vie sociale et de pouvoir travailler. » N’importe où, pourvu que la demande d’asile de sa famille reçoive une réponse positive.

On veut juste une chance 

Pour ça, les connaissances de Moustapha Ben Yachou sont précieuses. Fraîchement diplômé de la fac de droit, il est conseiller juridique pour le CADA. C’est lui qui aide les demandeurs à monter le dossier que l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) étudiera ensuite.Celui-ci est constitué d’un volet juridique, un social et un médical. Il prépare aussi ces personnes à l’entretien pendant lequel elles sont interrogées par l’Ofpra sur leur « récit de vie ».

Pour autant, la réponse finale reste aléatoire. « On a le cas ici de deux personnes qui viennent de la même région », expose Moustapha Ben Yachou. « Elles sont dans la même situation, on un récit de vie similaire. L’un a vu sa demande acceptée, l’autre, refusée. » Devant un groupe de bénévoles captivés, il partage son savoir, répond aux questions, explique la subjectivité qui teinte les réponses apportées aux demandes d’asile, l’application d’un droit  au cas par cas.

Elisabeta doit, elle, s’armer de patience. Elle ignore combien de temps prendra le traitement de son dossier, cela peut prendre quinze jours comme six mois. Ce qu’elle envisage si sa demande d’asile était refusée ? La jeune femme préfère ne pas y penser pour l’instant. « Nous serions très triste, souffle-t-elle. On veut juste une chance, un futur meilleur pour les enfants. » (En attendant, les petits profitent du goûter et elle d’un bel après-midi, bien entourée).



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