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François Giacobbi, Joël Thomas, le maire Yves Malric et Bastien Giacobbi face au site de la Devèze. - ©ADN12

Par Camille André
Le 01 mai 2019

Fermé par la végétation depuis des dizaines d’années, le site de la Devèze et ses 345 ha devrait reprendre vie grâce au projet amorcé par Bastien Giacobbi, éleveur à La Bastide-Pradines. Son but, permettre aux éleveurs volontaires d’y faire pâturer leurs bêtes afin de rouvrir la zone au public.

Sur la rive gauche du Cernon, face à La Bastide-Pradines, trône la Devèze. Une zone en pente de 345 ha que se divisent 52 propriétaires où la nature a repris ses droits, depuis son abandon dans les années 1960.

Si le projet de Bastien Giacobbi, suivi de près par la mairie, se concrétise, le site pourrait bien connaître un nouveau souffle grâce au pâturage. Ses motivations sont nombreuses. « C’est une perte énorme pour la biodiversité », lance le papa, François Giacobbi, président du Comité de développement agricole du Sud-Aveyron (CDASA). Surtout pour un paysage inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco. Plus grave encore, « le risque d’incendie y est très important » et la zone est inaccessible aux véhicules de pompiers.

Il est alors temps de rendre la zone au public grâce au pâturage. Avec le soutien de la Chambre d’agriculture, un groupe de travail d’une dizaine de personnes s’est formé localement.

Rassembler les acteurs

La première étape est de convaincre les propriétaires de la Devèze du bien-fondé du projet. Pour cela, tous ont été conviés à une réunion d’information, vendredi 16 avril, à la salle Émile-Caussat de La Bastide-Pradines. L’idée est de les faire adhérer à une Association foncière pastorale (AFP) qui les regroupera tous. Cet outil de gestion, qui ne porte pas atteinte au droit de propriété, permet que les surfaces engagées soient gérées par les agriculteurs, en fonction de leur besoin en pâturage.

« En dehors de ces périodes de pâturage, les propriétaires restent bien sûr libres d’utiliser leurs terres à d’autres fins », rassure Joël Thomas, de la Chambre d’agriculture. Les éleveurs intéressés par le site seront à leur tour fédérés, « par une association », précise Bastien Giacobbi. Avant de pouvoir faire pâturer leurs bêtes sur le site qui, petit à petit, sera rendu plus hospitalier.  

Reconquête de la friche

Une fois qu’ils sauront combien de propriétaires sont de la partie, Bastien Giacobbi et son équipe s’attèleront à la réalisation d’un plan d’aménagement. « Un expert effectuera des diagnostics biodiversité et pastoral », explique-t-il. Afin d’établir une stratégie de pâturage bénéfique à la zone.Là seulement, la recherche de financements pourra commencer.

Dans le Lot, un projet similaire coûtant 350 000 € s’est vu financer à 40 % par le Conseil régional et d’autant par le Conseil départemental. Les 20 % restants étant pris en charge par l’association d’éleveurs.

Une fois l’enveloppe en poche, il s’agira d’organiser la reconquête de la friche par la pose de clôtures, la mise en place de points d’eau et de passages adaptés à la circulation des chasseurs, des éleveurs et des promeneurs.

C’est une solution locale qui s’offre aux éleveurs pour nourrir leurs bêtes et un moyen peu contraignant pour les propriétaires de voir leurs terres à nouveau accueillantes. Du gagnant-gagnant, en somme.



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