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Eric Andrieu a lancé sa campagne pour les Européennes en Aveyron. Ici, dans les caves du roquefort Carles, avec Emmanuelle Gazel et Delphine Carles. - ©ADN12

Par Benoît Garret
Le 26 avril 2019

Samedi 20 avril, l’eurodéputé Eric Andrieu a lancé sa « campagne de proximité » pour les Européennes en Aveyron, à Roquefort-sur-Soulzon, lors d’une visite des caves de la maison Carles, puis à Rodez à l’occasion d’un pique-nique européen au Jardin public du Foirail. Si le roi des fromages a été mis à l’honneur, le bleu de brebis a vite occupé les échanges.

Troisième en position éligible sur la liste Envie d’Europe (Place publique, Parti socialiste et Nouvelle donne) menée par Raphaël Glucksmann, le député européen socialiste sortant Eric Andrieu a lancé sa campagne en Aveyron, samedi 20 avril, d’abord à Roquefort-sur-Soulzon, puis à Rodez.

Jusqu’à l’élection, dimanche 26 mai, il va faire le tour de 49 départements de l’Ouest de la France, de la Normandie jusqu’au Gard.

« Ces visites sont organisées au regard des réalités et des problématiques locales sur lesquelles l’Europe peut agir », souligne le vice-président des socio-démocrates au Parlement européen. 

 Je veux incarner cette Europe du quotidien. Depuis 40 ans, les politiques néo-libérales ont échoué avec une concentration de la finance et de l’industrie au détriment de l’économie réelle. Ce qui m’intéresse c’est la ruralité vivante. Et nous en avons un bel exemple ici. 

Accompagné de la vice-présidente de la Région Occitanie Emmanuelle Gazel, du maire de St-Affrique et président de communauté de communes du St-Affricain Alain Fauconnier et de quelques autres militants socialistes, le député européen a suivi avec attention la visite menée par Delphine Carles, dirigeante de l’entreprise roquefortaise éponyme.

A propos du Bleu de brebis :

  C’est un rapt et c’est inacceptable 

Ici sous terre, chez Carles, la tradition et l’artisanat sont à l’honneur pour produire des roqueforts de caractère et sélectifs (230 tonnes par an, soit un peu plus de 1 % de la production totale de roquefort) destinés aux crémiers et fromagers.

« Notre penicillium est cultivé sur pain, tout est fait à la main, on travaille le lait du jour sur notre site de production à St-Pierre-de-Rebourguil », souligne Delphine Carles.

La chef d’entreprise a expliqué les secrets de fabrication traditionnelle de son roquefort.La chef d’entreprise a expliqué les secrets de fabrication traditionnelle de son roquefort.

 L’affinage des roqueforts se fait en caves sur des travées de bois. 

Bientôt, l’atelier de conditionnement et les bureaux seront transférés à Lauras. Seules les caves d’affinage resteront au cœur du Combalou. Caves où les visiteurs ont pu découvrir une partie de cet or blanc en train de s’affiner. Au total, l’entreprise Carles emploie 19 personnes.

Séance dégustation après la visite des caves.Séance dégustation après la visite des caves.

« Ici, on voit bien que tout est fait sur place, que le roquefort est bien du roquefort », ajoute le député européen en référence à la polémique née à propos du bleu de brebis de Société.

Chez Lactalis, ils veulent faire du Bleu de brebis, sortir de la logique du lait cru, créer un autre produit en s’appuyant sur l’histoire, la tradition et l’image du roquefort. C’est un rapt et c’est inacceptable. Ils veulent faire du chiffre pour se partager les dividendes entre actionnaires et ils s’en foutent de sacrifier un territoire, une appellation et une économie locale. 

 « Faire le lien entre l’agriculture, l’aliment et la santé humaine »

Et de prévenir : « Dans un premier temps les producteurs seront peut-être gagnants. Mais si on ne freine pas Lactalis, ce bleu de brebis pourra être fabriqué à Liège, à Bruxelles, à Paris… Et si ce bleu prend la place du roquefort, ce sera compliqué. Ici, la spécificité est qu’on ne peut fabriquer du roquefort qu’à Roquefort. Nulle part ailleurs au monde ça n’existe. »

Rappelant à nouveau son engagement pour une ruralité vivante, l’eurodéputé Eric Andrieu a ensuite cité ses combats contre les grandes multinationales, notamment en matière de pesticides, en tant que président de la commission PEST (commission spéciale sur la procédure d’autorisation des pesticides par l’Union européenne) : « Entre la financiarisation de l’agriculture et la santé humaine, nous avons choisi la santé humaine. Et de faire le lien entre l’agriculture, l’aliment et la santé humaine. De la graine à l’assiette. »

Et de résumer : « Notre projet est articulé autour d’un triangle d’or : mettre à équivalence d’importance le volet économique, le volet social et le volet écologique. On demande de conditionner toutes les aides publiques européennes à la lecture de l’enjeu climatique. »

Montée des populisme et union des gauches

Interrogé sur la montée des populismes, Eric Andrieu estime « qu’au Parlement européen, sur les huit groupes politiques, même si les populismes vont croître, ils ne prendront pas le pouvoir, mais 30 à 40 sièges sur les 705. L’équilibre politique restera le même. »

Aujourd’hui, la droite républicaine PPE est devant avec 219 sièges, les socio-démocrates sont seconds avec 189 sièges.

Pour l’eurodéputé sortant « dans l’élection qui arrive, il n’est pas improbable, avec le fait que les Britanniques restent, que les socio-démocrates soient le premier groupe européen » : « Les populistes seront 4e ou 5e. A l’échelle des 28 pays, les équilibres ne seront pas rompus. Ou le PPE est devant de quelques sièges ou nous sommes devant de quelques sièges. Ça se joue là. »

Citant le « groupe libéral (l’ALDE, Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe) auquel s’est associé Macron », il indique qu’il demandera « aux centristes d’expliquer leurs positions ».

Invité à signifier les différences des socio-démocrates avec les autres listes de gauche aux Europénnes, le socialiste Eric Andrieu a indiqué : « La France insoumise a une vision de l’Europe centralisée, ce sont des Jacobins, et nous sommes des Girondins pour une Europe fédérale. Il y a des sujets que nous ne réglerons plus à l’échelle nationale. Les questions de climat, de sécurité et de défense, d’énergie, de stratégie alimentaire, d’immigration… ne se régleront pas à l’échelle de l’Etat nation. Nous ne sommes pas d’accord avec la France insoumise là-dessus. Nous sommes assez proches des autres listes de gauche, mais tout tourne autour de problèmes d’égo. »

Et d’ajouter : « Avec les Verts, nous avons, par exemple, comme divergence, celle de ne pouvoir dissocier l’écologie du social. »



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