photos/5045.jpg

L'artiste Malala Andrialavidrazana devant l'une de ses oeuvres. - ©ADN12

Par Aveyron Digital News
Le 23 avril 2019

Jusqu'au 9 juin, le MUC (Musée Urbain Cabrol) de Villefranche-de-Rouergue accueille une exposition conçue et réalisée par le musée des Abattoirs de Toulouse, dans le cadre des 80 ans de la Retirada espagnole.

Il y a 80 ans, dès les premiers mois de 1939, le régime de Franco poussait près de 500.000 Espagnols hors de leurs terres natales. L'Occitanie devient alors une terre de refuge pour un grand nombre d'entre eux.

Parmi ces exilés, certains s'installent de manière durable et s'engagent dans la résistance lors de la Seconde Guerre mondiale. Pour rappeler cette période, le Musée-FRAC Occitanie propose un cycle d'exposition dans de nombreux établissements partenaires à travers tout le territoire. 

Un programme d'exposition d'art contemporain à l'échelle de toute la région Occitanie

C'est la question de l'exil et de la perception de l'exilé sur lui-même et vis-à-vis des autres que pose le programme d'exposition « Je suis né étranger » lancé par les Abattoirs Musée-FRAC Occitanie Toulouse. Jusqu'à la fin de l'année, plus de 60 artistes issus de 29 nationalités différentes vont être présentés à travers toute la région. 

Nait-on étranger ou le devient-on ? Pour qui est-on étranger ? Que ce soit suite à un épisode douloureux dans l'histoire d'un territoire ou pour un voyage, le sentiment d'être « un étranger parmi les hommes » – comme le disait Albert Camus – peut être ressenti. 

« Né.e.s de l'exil », « Marcher pour vivre », « Paysages de l'exil », « La Traversée » : ces quatre thèmes sont les fils conducteurs que l'on peut retrouver dans la vingtaine d'expositions. La richesse de ce programme réside dans le fait que les artistes qui interviennent ont tous été marqués par la notion d'exil.

Venus des quatre coins du monde, le vécu de chacun transparaît dans leur art, et tous questionnent à la lumière de l'actualité les notions de déracinement, de déplacement, de rencontres humaines et culturelles qui nourrissent ces mouvements.

Comme point de départ, le musée des Abattoirs présente dans ses murs, à Toulouse, jusqu'au 25 août, l'exposition « Picasso et l'exil. Une histoire de l'art espagnol en résistance ». 

L'Espoir de Malraux à Villefranche-de-Rouergue

Le MUC (Musée Urbain Cabrol) travaille depuis de nombreuses années en collaboration avec le musée des Abattoirs de Toulouse. Dans le cadre de la programmation « Je suis né étranger », il est l'un des deux établissements aveyronnais à proposer une exposition (l'autre étant l'Atelier Blanc, pour une exposition prévue en fin d'année). 

Engagé dans les Brigades Internationales, André Malraux écrit en 1937 sur le champ de bataille de la Guerre d'Espagne son roman L'Espoir. Deux ans plus tard, il l'adapte au cinéma sous le nom L'Espoir. Sierra de Terruel. Il choisit alors la bastide de Villefranche-de-Rouergue pour tourner plusieurs scènes, la place Notre-Dame et la collégiale servant de décors à plusieurs reprises dans son film.

L'exposition « L'Espoir » présentée jusqu'au mois de juin à Villefranche-de-Rouergue reprend donc en toute évidence le titre de l'œuvre de Malraux (un film que l'on peut visionner au rez-de-chaussée du musée pendant toute la période de l'exposition). Mais il fait également écho au sentiment qui anime tout mouvement migratoire, tout déplacement. C'est ce que les quatre artistes présentés dans cette exposition se sont attachés à montrer à travers leurs oeuvres. 

Malala Andrialavidrazana, Hessie, Alfredo Jaar, Liliana Porter ont tout les quatre vécu le déplacement, l'exil. Chacun à sa manière, avec sa sensibilité, livre son regard rempli de poésie.

Au-delà de leurs expériences personnelles, leurs propositions mettent en lumière un phénomène qui a traversé les siècles et qui reste d'actualité. L'œuvre proposée par Alfredo Jaar en est un exemple.

Intitulée « Paysage », cette installation composée de photographies, miroirs et caissons lumineux est consacrée aux réfugiés à travers le monde. Depuis la création de cette oeuvre en 1989, l'artiste a remplacé les photographies à plusieurs reprises.

Par cette intervention, l'œuvre s'est réactualisée et le travail de l'artiste reste ancré dans son temps, tout en renvoyant au visiteur l'image de ce qu'il ne veut pas voir. 

©DR©DR

En exposant les réflexions poétiques de chacun de ces quatre artistes, les œuvres présentées au MUC poussent à s'interroger sur notre propre perception de la notion d'exil. 

Un programme d'animation pour les vacances scolaires

Cette exposition est à découvrir jusqu'au 8 juin prochain, du mardi au dimanche de 14 h à 18 h (ouvert le 8 mai). Pendant les vacances scolaires, le musée accueille les 7-12 ans pour des visites suivies d'ateliers de peinture avec le peintre Ignacio Gonzalez le mercredi 24 avril et le vendredi 27 avril. Ces ateliers sont gratuits et sur réservation (musee@villefranchederouergue.fr ou par téléphone au 05.65.45.44.37 ou 05.65.65.16.37).

Des visites commentées sont également prévues les jeudis 9 mai, 23 mai et 6 juin à 14 h 30 ainsi que les vendredi 26 avril, 10 mai et 7 juin à 20 h 30.

Jusqu'au samedi 8 juin, exposition « L'Espoir » au MUC - Musée Urbain Cabrol. Place de la Fontaine à Villefranche-de-Rouergue. Ouvert du mercredi au dimanche de 14 h à 18 h. 05.65.45.44.37

Galerie photos



Recevoir notre Newsletter
S'abonner
News letter

Recevez l'info quotidiennement et gratuitement !

Se connecter



Pas encore de compte ? Cliquez-ici !