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L'affaire a été jugée en comparution immédiate, ce vendredi 19 avril. - ©ADN12

Par Aurélien Gares
Le 19 avril 2019

Un homme âgé de 40 ans faisait l’objet d’une comparution immédiate, ce vendredi 19 avril, après avoir dégradé deux véhicules, mardi 16 avril, dans le quartier de Bourran. L’homme, alcoolique, s’est vu retirer son permis le soir même avant de se présenter à la gendarmerie, le lendemain matin, à l’aide de son véhicule… et alcoolisé.

Dans le quartier de Bourran, mardi 16 avril, sur le parking de l’hôpital, un homme est dans son véhicule et se dispute avec sa compagne. Celle-ci ouvre la portière et s’en va. Énervé, le conducteur décide de partir mais dans la précipitation, dégrade deux véhicules. Il sort, laisse ses coordonnées sur le pare-brise d’une des voitures et s’en va. Un témoin de la scène décrit que le conducteur était alcoolisé. Des faits contestés par le prévenu qui explique être parti boire à la suite de ces dégradations. « Je suis allé m’acheter une bouteille de rhum. J’ai bu au goulot et lorsque je suis arrivé chez moi, les policiers m’attendaient », explique-t-il dans le box de l’accusé.

Les deux propriétaires des voitures avaient en effet averti les policiers. De là, les forces de l’ordre lui retire son permis et l’embarque. L’individu présente un taux d’alcoolémie de 0,67 g par litre d’air expiré. Avant de le laisser repartir accompagné d’un de ses proches.

Déjà condamné pour un homicide involontaire

Le lendemain matin, pensant qu’il était convoqué, il se présente à la gendarmerie à l’aide de son véhicule et encore plus alcoolisé que la veille. Il avait un taux de 1,06 g par litre d’air expiré. Des faits qui n’ont pas plu au ministère public qui ont ordonné un placement en garde à vue de l’intéressé.  À la barre, le prévenu explique être alcoolique. « Je peux ne pas boire pendant plusieurs semaines, un mois, mais lorsque je commence, je m’enferme chez moi. » « C’est violent », avouera même sa compagne.

« Je sais que j’ai mis les autres en danger », s’excuse le prévenu qui est déjà connu de la justice pour un homicide involontaire, en 2000, qui a coûté la vie à deux personnes. Ce jour-là, le 6 août, le prévenu était déjà sous l’emprise de l’alcool et de stupéfiants (ecstasy). Un accident dont l’intéressé sera marqué à vie, portant encore aujourd’hui les stigmates de ces faits, en étant handicapé à 80 %.

Un mal profond

Pour la procureure de la République, « il n’est pas possible d’adopter un tel comportement routier. Et si quelqu’un connait bien les dangers de l’alcool au volant, c’est bien lui. » Avant de rappeler le fait qu’il ait déjà perdu son permis à trois reprises dont le dernier a été récupéré qu’au mois d’octobre 2018. Elle a donc requis une peine de 24 mois d’emprisonnement assortie d’un mandat de dépôt et de 12 mois de sursis avec mise à l’épreuve durant trois ans. Une obligation de se former et de travailler, une injonction thérapeutique et une interdiction de repasser son permis durant deux ans.

Me Gaudy, assistant le prévenu, a rappelé « le mal profond » qui ronge son client et a demandé à ce que les juges tiennent compte des réquisitions du ministère public en supprimant, toutefois, le mandat de dépôt.

Le tribunal ne sera pas à son écoute puisqu’ils prononceront une peine de 24 mois assortie d’un mandat de dépôt ainsi que 12 mois avec sursis et mise à l’épreuve durant trois ans, une injonction thérapeutique, l’interdiction de fréquenter un débit de boissons. Et à titre complémentaire, l’interdiction de repasser son permis dans un délai de trois ans et l’obligation de posséder un véhicule équipé d'un dispositif d'antidémarrage par éthylotest électronique.



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