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Les faits se sont déroulés le 26 mars à la maison d'arrêt de Rodez. - ©ADN12

Par Aurélien Gares
Le 19 avril 2019

Lors d’une journée d’initiation au rugby, le 26 mars, à la maison d’arrêt de Rodez, la tension est montée entre deux détenus jusqu’à ce que l’un des deux assène un violent coup de poing par derrière à l’autre. L'affaire était jugée, ce vendredi 19 avril, en comparution immédiate.

Le 26 mars, à la maison d’arrêt de Rodez, les détenus assistent à une après-midi d’initiation au rugby. Deux d’entre eux se « chamaillent » selon leurs dires et une première altercation éclate avant que d’autres prisonniers ne les séparent rapidement. Puis, l’un d’entre eux revient à la charge cinq minutes plus tard, par derrière, en assénant un violent coup de poing à la victime. Cette dernière n’est autre que le conducteur qui avait fauché, le 10 avril 2015, le policier Benoît Vautrin. Une affaire qui avait fait grand bruit et pour laquelle il a été condamné à quinze ans de réclusion criminelle.

Victime dans cette histoire, il a perdu plusieurs dents lors du coup qu’il a subi. Un préjudice estimé à 0 jour d’ITT mais qui a tout de même contraint l’homme, âgé d’une trentaine d’années, à se nourrir délicatement. Il doit encore passer plusieurs examens médicaux pour connaître les séquelles.

« Je n’arrivais plus à me contrôler »

Concernant le prévenu, âgé de 27 ans et originaire de Toulouse, il est incarcéré dans l’attente d’un procès pour complicité d’assassinat dans la Ville Rose. Une affaire pour laquelle il se dit innocent. Concernant les faits du 26 mars à la maison d’arrêt de Druelle, celui qui possède dix mentions à son casier judiciaire évoque avoir essayé de se calmer : « Il (la victime) m’a dit une phrase qui ne m’a pas plu. J’ai essayé de me mettre dans un coin, de me calmer. Mais c’est monté je n’arrivais plus à me contrôler », explique-t-il aux magistrats. Et d’avouer avoir essayé « d’arranger cela à l’amiable. Je suis prêt à lui payer tous les soins dont il aura besoin. »

La vidéo de l’altercation, diffusée dans la salle d’audience, montre clairement le prévenu longer la cage de football du terrain de la maison d’arrêt pour ne pas que la victime ne le voit avant de lui asséner un violent coup de poing par derrière.

Douze mois de prison

Dans ses réquisitions, la procureure de la République a pointé du doigt « la détermination lâche, sournoise et purement gratuite » du prévenu. Avant d’indiquer que « s’il n’y avait pas eu les images, nous ne serions peut-être pas là à juger ces violences », évoquant par là, le fait que les détenus, par peur de représailles, évitent de porter plainte ou de dénoncer les faits. « En aucun cas, les propos qu’a pu tenir la victime ne peuvent légitimer ces violences. Il y a une détermination certaines de la part du prévenu du fait que l’altercation physique a eu lieu plus de cinq minutes après l’alercation verbale. De ce fait, ce sera une peine d’emprisonnement ferme du fait que les violences aient été commises dans un établissement pénitentiaire, lieu où on se doit de respecter un cadre, des règles et où on doit se sentir en sécurité. » Elle a donc requis une peine de 18 mois de prison assortie d’un maintien en détention.

Du côté de la défense, l’avocat a plaidé en se demandant si « un coup de poing donné dans la rue est moins grave qu’un coup de poing en milieu carcéral ? » Et de rappeler aux magistrats que le prévenu a déjà écopé, au sein de la maison d’arrêt de 15 jours de quartier disciplinaire, 45 jours de Réductions de peine supplémentaire (RPS) et d’un mois privé de sport : « Le compteur a déjà démarré. Je vous demande d’abaisser nettement ces réquisitions. »

Le tribunal prononcera finalement une peine de douze mois de prison avec maintien en détention. Avant de renvoyer sur intérêt civil les dégâts à chiffrer .



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