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Pour le député du Sud-Aveyron Arnaud Viala, le bleu de brebis lancé par société est "une pilule dure à avaler".

Par Aveyron Digital News
Le 11 avril 2019

Le député du Sud-Aveyron publie une lettre ouverte au Président directeur général de Lactalis, pour avoir des explications sur le lancement d'un nouveau bleu de brebis estampillé de l'ovale vert de Société.

Décidément, le bleu de brebis lancé il y a quelques jours par le groupe Lactalis semble bien indigeste pour de nombreuses personnalités du Sud-Aveyron. La CFDT a lancé les hostilités (lire ici), rejointe une semaine après par le député européen José Bové, qui accuse Société de "casser l'appellation d'origine contrôlée" (lire ici). Depuis, c'est la déferlante d'indignation : Alain Fauconnier, président du Parc naturel régional des Grands Causses demande le retrait immédiat de ce produit (lire ici), et le député du Sud-Aveyron Arnaud Viala publie une lettre ouverte au PDG de Lactalis pour demander des explications "au sujet de cette décision incompréhensible et lourde de conséquences" :

« M. Le Président,

Voilà quelques jours, nous avons appris avec stupeur, en voyant le produit dans les rayons des distributeurs, la mise en marché par votre groupe d'un Bleu de Brebis sous la marque Société.

C'est évidemment pour tous les acteurs de la filière Roquefort et de la zone de collecte définie par l'AOP à la fois une très mauvaise nouvelle et un non-respect avéré des engagements conclus au titre de l'AOP et de la dynamique recherchée par tous autour du produit phare qu'est le Roquefort.

Par sa filiale 'Société des Caves', dont l'identification est inextricablement liée au Roquefort, qui doit rester le 'roi des fromages', le groupe Lactalis est le plus gros fabricant-transformateur. Ses stratégies industrielles et commerciales pèsent évidemment lourdement sur les dynamiques du Roquefort. Sans prétendre entraver la liberté d'entreprendre du groupe, il me semble qu'en découlent des obligations de conscience qui d'ailleurs, sont largement couvertes par les contraintes du cahier des charges de l'AOP Roquefort.

Vendre sous estampille de la marque phare 'Société' un fromage radicalement différent mais trompeusement confondable avec le Roquefort n'est évidemment pas digne de ces obligations.

Sur la forme, ensuite, cette mise en marché 'sauvage', sans aucune concertation locale, ne peut que heurter l'ensemble des producteurs, les autres industriels et les acteurs de la zone de collecte, a fortiori au moment où nous pensions avoir tout mis en œuvre afin de resserrer nos liens et de promouvoir une vision collective de l'avenir du Roquefort, de son industrie et de sa zone de production, avec le souci majeur de préserver notre AOP, ciment de l'appartenance identitaire du fromage Roquefort à notre patrimoine agropastoral, industriel, paysager et gastronomique.

En tant que parlementaire du Sud Aveyron, je demande que s'ouvre de toute urgence un dialogue avec les dirigeants du groupe Lactalis au sujet de cette décision incompréhensible et lourde de conséquences.»



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