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L'affaire a été jugée au tribunal correctionnel, ce mercredi 10 avril. - ©ADN12

Par Aurélien Gares
Le 10 avril 2019
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L’affaire jugée ce mercredi 10 avril devant le tribunal correctionnel de Rodez aurait pu être dramatique. Un geste d’une assistante maternelle qualifiée et expérimentée qui a failli coûter la vie à un enfant de 13 mois. Et qui, dans un premier temps, n’a pas reconnu les faits.

Le 20 décembre 2016, une jeune maman de 20 ans remet sa fille, âgée de 13 mois, à l’assistante maternelle de 63 ans. Il est 10 h 50. Puis elle s’en va à son travail. À 16 h, elle reçoit un appel de la nourrice qui lui demande de venir rapidement chez elle car la petite fille est tombée au sol. À son arrivée, la maman découvre son enfant, inerte, dans les bras de l’assistante maternelle. Catastrophée, elle demande à la nounou d’appeler les secours. Ces derniers suspectent, dans un premier temps, un AVC et transfère l’enfant à l’hôpital de Millau, puis à Montpellier devant la gravité des faits. Placé dans le coma durant sept heures, le personnel médical constate des lésions sur le crâne avant qui ont engendré une hémorragie ainsi qu’un hématome. Mais une chose est sûre, les chirurgiens indiquent que les blessures ne sont pas cohérentes avec une chute…

Elle reconnaît après sa garde à vue

C’est alors qu’une enquête s’ouvre et le 27 décembre, soit sept jours après les faits, l’assistante maternelle est placée en garde à vue. Et c’est seulement à l’issue de cette garde à vue, qu’elle va avouer avoir secoué l’enfant pendant près de cinq minutes. Un geste qu’elle ne parvient toujours pas à expliquer.

Devant le tribunal, la prévenue revient sur le déroulement de la journée. Après l’avoir mis au lit, aux alentours de 12 h 30, elle a réceptionné deux autres enfants qu’elle a couché directement dans une chambre à part. Et c’est au réveil de la petite fille que l’assistante maternelle a fauté. À 15 h 30, alors qu’elle se réveille, la nourrice la prend dans ses bras et lui demande de ne pas pleurer pour ne pas réveiller les deux autres enfants. Elle la porte jusqu’à la cuisine et c’est là qu’elle la secoue d’avant en arrière durant cinq minutes.

« J’étais tellement affolée »

Avant de la poser sur un tapis où la petite a perdu l’équilibre avant d’heurter, la tête la première, le carrelage. La petite fille gémit doucement. Elle est désarticulée, ses yeux sont à moitié fermés et sa tête ne tient plus. La nourrice la penche pour qu’elle puisse vomir. Avant d’appeler, une demi-heure après les faits, la maman. Le président du tribunal, Hervé Olivier, lui demande alors pourquoi elle n’a pas prévenue les secours ? « J’étais tellement affolée que cela ne m’est pas venue à l’esprit. » Et de s’excuser auprès de la famille. « Je ne sais pas ce qu’il m’est arrivé. Encore aujourd’hui je me pose la question de pourquoi j’ai fait cela. Je ne comprends pas ce qu’il s’est passé. C’est impardonnable. »

La jeune maman, très émue, est ensuite intervenue à la barre pour évoquer l’épreuve qu’elle a du vivre avec le papa. « Son cerveau est marqué à vie. Elle n’est pas passée loin. Aujourd’hui, elle a peur du moindre bruit, c’est un enfant qui a peur de tout ce qui est brusque. » Et de s’interroger sur le geste de la prévenue : « On lui a fait confiance. Et c’est moi qui ait du lui dire d’appeler les secours. Aujourd’hui, j’ai déménagé car je ne supporte plus de la croiser. Nous avons du faire des allers-retours incessants entre Millau et Montpellier. »

La parole a ensuite été donnée à la partie civile qui s’est dit « rester sur sa faim » quant à l’attitude et aux excuses de la prévenue. « Elle persiste dans le mensonge. » Mais aussi de souligner « le retard de diagnostic qui aurait pu être fatal à cet enfant ». La partie civile s’est ensuite penchée sur la souffrance qu’ont subie les parents. Notamment durant les sept jours où l’incompréhension dominait et où les parents ont été « regardés comme les auteurs de ces violences ».

36 mois d'emprisonnement

La procureure de la République a requis une peine « pour punir mais aussi pour soigner ». De ce fait, elle a demandé 36 mois d’emprisonnement assortis de 18 mois de sursis avec mise à l’épreuve, obligation de soins, interdiction d’exercer une activité en lien avec les enfants et l’indemnisation des victimes.

Le tribunal a suivi les réquisitions en prononçant une peine de 36 mois d’emprisonnement dont 24 mois assortis du sursis avec mise à l’épreuve pendant trois ans. Une obligation de suivre des soins psychologiques, l’indemnisation des victimes et l’interdiction d’exercer une activité en lien avec sa profession précédente. Elle devra, entre autres, 5 000 € au père et à la fille pour le préjudice moral et 7 000 € pour la maman au même titre. Ainsi que des sommes à régler au titre du préjudice matériel…



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Commentaires

Aurel

Le 11 avril 2019 à 10h46
Personnellement je ne laisserai pas faire la justice je me ferai justice moi même

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Marie-1963

Le 12 avril 2019 à 09h30
Scandaleux et en plus la nounou n'as pris que 36 mois de prison dont 18 mois avec sursis ! Justice de 💩 😱😤

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