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Jérôme Rouve devant la salle Alcapia, l’une des nombreuses réalisations menées à St-Jean-d’Alcapiès depuis qu’il est maire. - © Le Progrès

Par Benoît Garret
Le 25 mars 2019

Même si Jérôme Rouve prend la peine de rappeler qu’il restera maire de St-Jean-d’Alcapiès « jusqu’au bout de son mandat », c’est-à-dire mars 2020, il tourne la page bien fournie d’élu d’une petite commune rurale… pour mieux se lancer dans l’écriture d’une autre… 30 km plus loin…

« En mars 2020, cela fera 37 ans que je serai élu à St-Jean-d’Alcapiès, 6 ans en tant que conseiller municipal et 31 ans en tant que maire, il est temps de laisser la place. » Jeudi 14 mars, installé dans la salle Alcapia, à l’occasion d’une conférence de presse, Jérôme Rouve raconte la séance du conseil municipal de la veille, « forte en émotions » : « J’ai été élu conseiller municipal de St-Jean-d’Alcapiès en 1983, j’avais 20 ans, et plus jeune maire de France en 1989. Et j’ai décidé de ne pas me représenter aux municipales de 2020. Il y a un an, j’ai réfléchi. Alors que je prône qu’on s’arrête au bout de deux mandats, il fallait que je me l’applique. Et certaines choses ont fait que cela s’est accéléré. »

Assurant que « la continuité se fera en douceur » dans sa commune dont il restera maire « jusqu’au bout du mandat en mars 2020 », Jérôme Rouve balaie, non sans émotion et avec un brin de nostalgie, les réalisations les plus marquantes menées avec ses conseils successifs pour faire de St-Jean-d’Alcapiès « une commune tendance, une petite commune qui a tout d’une grande et qui est tournée vers l’avenir ». Et qui a triplé sa population, ces trente dernières années, pour arriver à 272 habitants.

« Nous avons été pris pour des fous »

La salle Alcapia restera l’un des chantiers les plus marquants du maire de St-Jean-d’Alcapiès, tout comme « l’ensemble des décisions prises pour l’environnement » : « Il y a 15 ans, quand nous avons décidé de construire ce bâtiment regroupant 21 concepts différents qui permettent d’économiser l’énergie – puits canadien pour la climatisation naturelle, isolation avec de la laine de mouton, triple vitrage… – nous avons été pris pour des fous. Tout comme lorsque nous avons lancé la voie verte entre St-Jean et St-Affrique, aujourd’hui énormément empruntée au quotidien. Toutes ces idées sont aujourd’hui largement développées. »

Avoir « un coup d’avance » et « anticiper » sont deux maîtres mots conjugués au quotidien par cet élu qui est aussi chef d’entreprises (Socopa, La Vie claire…) et patron de presse (copropriétaire de l'hebdomadaire Le Progrès Saint-Affricain et du média 100 % numérique « Aveyron Digital News » que vous êtes en train d'utiliser).

Pour la rénovation « pharaonique » en cinq gîtes cinq étoiles de Castel d’Alzac, le maire de St-Jean-d’Alcapiès met aussi en avant la démarche novatrice entreprise :

Nous avons mené une consultation communale pour la transformation du château en gîtes, un dimanche entre 10 h et 12 h. Il y a eu 92 % de participation et 67 % de votes favorables à ce projet. Et c’est aujourd’hui un succès, nous avons les meilleurs résultats qualitatifs et financiers de la région Occitanie.

« Un maximum de projets pour demain »

Le maire, en passant en revue ses six mandats, cite aussi son plan de rénovation des chemins communaux « refaits à neuf à 100 % » : « En optant pour 100 % d’enrobé sur notre voirie communale, cela garantit de ne pas faire d’entretien pendant plus de 20 ans et donc de très grosses économies. »

Le budget nerf de la guerre en matière d’investissement communal, a fortiori dans les petites collectivités, n’a jamais été un frein pour Jérôme Rouve : « A chaque projet, nous avons eu le maximum d’aides, on ne m’a jamais refusé un dossier. Dès que vous apportez un dossier bien ficelé, il est aidé. Ce qui manque en Sud-Aveyron, c’est un maximum de projets pour demain. Avec les transferts de compétences, on manque de lisibilité entre les collectivités. On manque de politique. Aujourd’hui, on court après les choses, au lieu de les anticiper. Il faut être en avance sur l’économie, le tourisme, la mobilité… Pour les projets aujourd’hui, il faut viser l’Europe. »

Et d’appeler à « aider à définir un nouveau positionnement pour la sous-préfecture en Sud-Aveyron » :

Les élus des zones rurales doivent être force de propositions face à une sous-préfecture à réinventer et à renforcer sur des dossiers majeurs comme l’hôpital, l’économie, le tourisme. Il faut aider la sous-préfecture pour que les fonctionnaires nous aident à sortir des projets.

« J’aime prendre un café sur la place du Mandarous »

Reste à savoir ce que Jérôme Rouve a en tête pour la suite, alors qu’il est de plus en plus annoncé dans la Cité du Gant où il a le projet de mener une liste pour les prochaines municipales qui auront lieu dans moins d’un an. « A chaque jour suffit sa peine », tente d’esquiver l’intéressé avant d’ajouter :

Je n’ai pas envie de participer à des guerres politiciennes. Il faut être positif et constructif. On n’a plus le temps de se disputer. Je souhaite travailler avec les gens qui ont envie de travailler. Des idées extraordinaires viennent aussi de gens qui ne sont pas élus. Le bon exemple vient d’en bas. Il faut que les gens osent et s’engagent.

Pour couper court aux questions répétées sur sa candidature annoncée dans la course à la mairie de Millau, il ajoute, sourire aux lèvres :

J’aime prendre un café sur la place du Mandarous. Il y est très bon.


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