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Plus de 6.500 personnes suivent la page Facebook de Spotted. - ©ADN12

Par Aurélien Gares
Le 02 octobre 2018

#1709. À toi gérant de Spotted, qui met en relation les personnes sur Facebook qui n’ont pas osé s’aborder dans la rue de Rodez, qui es-tu ? Rencontre avec celui qui est suivi par plus de 6.500 personnes.

Qui êtes-vous ?

Je m’appelle Camille (prénom d’emprunt), j’ai 42 ans, et je gère la page « Spotted : Rodez » depuis 2012.

Qu’est-ce que Spotted ?

C’est un concept qui vient des États-Unis et du Canada où, dans les universités, tel jeune homme ou telle jeune fille se croisaient sans oser aller à la rencontre de l’autre. Les gens écrivent via la messagerie de Spotted et je publie, presque en l’état, leur post sur la page Facebook pour mettre en relation les deux individus. Je rajoute un chiffre pour aider l’identification.

Pourquoi est-ce que vous gérez cette page ?

Très rapidement, le phénomène est arrivé en France mais ça a vite dégénéré parce que certaines personnes insultaient, ça devenait même diffamatoire. Comme dans ma profession, je fais de la prévention sur les dangers d’internet, j’ai décidé de créer une page pour Rodez pour éviter les débordements. Donc je fais ça pour l’aspect prévention mais aussi un peu pour le fun, ça me fait marrer.

Y a-t-il d’autres Spotted à Rodez ?

Non. Au départ, il y en avait partout, un Spotted du lycée Foch, du lycée Laroque de l’IUT et compagnie. Personne n’était au courant, donc j’ai aussi voulu englober le phénomène.

Combien y a-t-il de posts actuellement ?

Depuis la création, on en est à 1698 (1708 à l’heure où nous écrivons).

Les gens s’identifient

Quel public est visé ?

C’est plus un public jeune, entre 20 et 25 ans et principalement de Rodez (plus de 6 500 personnes suivent la page Facebook). Il m’arrive de me faire engueuler parce que je ne publie pas les posts hors de Rodez.

Pourquoi vous ne publiez pas hors de Rodez ?

Je ne peux pas. J’en publie déjà beaucoup et je n’ai pas le temps. J’ai d’autres casquettes à côté. Là, c’est une activité bénévole. Au mois d’août, je fais une pause estivale, une déconnexion numérique.

Est-ce que ça fonctionne ? Des couples ont déjà été formés ?

Ça marche parce qu’après le post du message, les gens s’identifient sur Facebook quand ils pensent que c’est la bonne personne : « Ah tiens c’est encore toi ». Et la plupart du temps, quand la personne se reconnait, elle me contacte et je la mets en relation avec celle qui a publié le post. On se sert de la puissance d’internet pour les mettre en relation.

Vous avez déjà rencontré des couples « Spotted » ?

Non, je n’ai pas été encore invité à un mariage. Mais j’aimerais bien (rires).

Est-ce que beaucoup de personnes savent que vous êtes le gérant ?

Non… Il n’y a pas très longtemps, j’ai une collègue de travail qui a posté un message sans savoir que je suis le gérant (rires).

Les doubles vies peuvent parfois se heurter

Est-ce que vous publiez toutes les annonces ?

Non. Je suis un peu mitigé sur les serveurs et serveuses. C’est leur profession. On sait où les trouver. Du coup je ne publie pas. La personne n’a qu’à aller la voir directement. Idem pour les boîtes de nuit, ce sont des lieux de rencontres donc je ne publie pas. Je pars du principe que lorsqu’on croise quelqu’un dans la rue, que l’on a un feeling, sans avoir eu l’occasion ou le courage d‘aborder la personne, Spotted peut permettre d’avoir une deuxième chance.

Avez-vous des souvenirs de posts qui sortent du lot ?

Bien-sûr, je me souviens d’une jeune femme qui avait posté un magnifique poème pour un homme qu’elle avait croisé à proximité du bowling. Mais aussi des déclarations. J’ai également eu des posts un peu moins romantique où des personnes trompaient leur conjoint(e). Une femme m’avait contacté pour enlever un post car elle n’était pas censée être à l’endroit où la publication la situait. Les doubles vies peuvent parfois se heurter…

Au niveau de l’orthographe également, c’est assez freestyle, je dois en avoir un sur cinquante qui écrit sans fautes et que je ne retouche pas. Les gens ne font peut-être pas attention.

Récemment, un post sur des pêcheurs m’a bien fait rire aussi.

Avez-vous des projets ?

Je veux continuer à gérer la page mais j’aimerais vraiment qu’un dessinateur me contacte et illustre certains des posts publiés. Parce que certains valent vraiment le coup d’être illustrés. Ça pourrait être sympa de publier un message accompagné d’un dessin (si des personnes sont intéressées, vous pouvez lui écrire via la messagerie Facebook de Spotted).

J’ai aussi l’idée de faire un livre des meilleurs Spotted, un peu comme Vie de merde, au profit d’une association.

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