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Laure Jacob chargée de mission, Patrick Bernié, sous-préfet de Millau et Laurent Danneville, directeur général adjoint du Parc. - ©ADN12

Par Aveyron Digital News
Le 17 mars 2019

Chenille processionnaire et pyrale du buis : après une année noire en 2018, la situation semble être moins catastrophique, mais les instances concernées restent en alerte et sont prêtes à intervenir grâce à un réseau mis en place par la sous-préfecture, le Parc naturel régional des Grands Causses et les Communes concernées.

Vendredi 15 mars, dans les locaux du Parc naturel régional des Grands Causses, s'est tenue une réunion de crise pour faire le point sur le stade d’invasion de ces deux parasites que sont la chenille processionnaire du pin et la pyrale du buis.

Patrick Bernié, sous-préfet de Millau, a dressé le bilan, accompagné par Laurent Danneville, directeur général adjoint du Parc et sa collègue Laure Jacob, chargée de mission milieux naturels faune et flore.

Il s’agissait dans un premier temps de faire un état des lieux sur le terrain et de cartographier les zones d’atteinte.

L’intérêt est de constater l’ampleur de l’invasion et de vérifier que des zones d’habitation, ou des lieux sur lesquels sont organisés des évènements sportifs ne sont pas touchés.

Rappelons que les risques pour l'homme et les animaux peuvent être très graves. Pour les pins, selon l'essence et le type de peuplement, l'intensité des dégâts est très variable, mais peut être conséquente.

Patrick Bernié, sous-préfet de Millau.Patrick Bernié, sous-préfet de Millau.

Dans un second temps, le sous-préfet explique avoir conduit une approche concertée avec les mairies, et grand nombre d’associations, comme celle de la chasse ou d’autres en lien direct avec la nature comme la LPO (Ligue de Protection des Oiseaux).

Nous avons ainsi pu trouver les moyens à mettre en place pour les adapter le plus efficacement possible.

Les moyens de lutte sont communs aux deux espèces, mais ne doivent pas être dispensés de la même façon. Il existe différentes manières de lutter contre ces deux parasites : les pièges à phéromones, les nichoirs à mésanges, prédatrices naturelles des chenilles, et un traitement chimique grâce à un bacille, mais qui détruit toutes les chenilles.

  Le traitement chimique doit être utilisé chirurgicalement, il n’est pas question de réaliser du traitement aérien.

Chenille processionnaire : un niveau d'atteinte moins important

L’état des lieux pour les chenilles processionnaires fait ressortir que le niveau d'atteinte est moins important que l’année dernière. Les lieux impactés ont bougé, certains n'étant même plus touchés.

Au niveau national, le Pôle Santé des Forêts a fait le même constat, et a rapporté que l'envahissement se situait à un niveau d'altitude plus haut que les années précédentes, un foyer ayant été découvert à 1.684 mètres d'altitude. Les premières processions ont déjà commencé.

Pyrale du buis : « Le phénomène invasif reste très important »

Alerté sur la prolifération importante des papillons, le Parc a dressé un état des lieux précis de la situation : une liste de 75 buissières emblématiques du causse Rouge et du causse du Larzac a été établie, pour être traitée, afin que ces dernières ne disparaissent pas, soit un total de 4170 mètres de buis…

C'est sans danger pour l’homme, mais une buissière envahie peut être détruite en seulement trois années.

 Il n’y a pas aujourd’hui l’urgence d’une situation sanitaire, mais nous la prenons en compte, car le phénomène invasif reste très important.

On ne peut pas traiter tous les buis qui sont dans les milieux naturels, car les produits utilisés restent nocifs pour l’environnement. D’autant que la pyrale a plusieurs cycles annuels, il est donc très difficile de traiter au bon moment.

Carte de localisation de la pyrale du buis.Carte de localisation de la pyrale du buis.

Un réseau de surveillance

C’est tout l’intérêt du réseau de surveillance qui est petit à petit mis en place : observer en temps réel et alerter au bon moment.

Les communes se sont approprié le sujet, mais les particuliers seront aussi acteurs de cette surveillance. Ils peuvent signaler un lieu infesté grâce aux sites Internet comme « Biovagri », nouvel outil de gestion collective mis en place récemment, ou contacter directement le Parc naturel régional des Grands Causses.

L’idée générale est de ne pas être au pied du mur en cas d'invasion, mais grâce à ce réseau, d’être prêts et formés en temps voulu pour être réactif au bon moment.

Il faut équilibrer les populations, que certaines espèces s’adaptent à ces proies nouvelles dans la nature, et deviennent leurs prédateurs naturels, il n’est pas question d’éradiquer une espèce… Une situation sous étroite surveillance, et qui reste pour le moment « sous contrôle ».



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