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L’affaire a été jugée mercredi 13 mars. - ©ADN12

Par Célian Guignard
Le 13 mars 2019

Le 22 septembre 2017, au lieu dit La Griffoulière, l’engin agricole est littéralement monté sur la voiture qui s’était pourtant arrêtée sur le bas-côté.

« C’est l’affaire incroyable d’une voiture, à l’arrêt, qui se fait écraser par un tracteur. » Mercredi 13 mars, lors de l’audience du tribunal correctionnel de Rodez, Alexandre Lainé, le président, a résumé en une phrase les circonstances et les interrogations qui entourent le décès d’un automobiliste, survenu le 22 septembre 2017, au lieu-dit La Griffoulière, à Moyrazès.

« Ébloui par le soleil »

Que s’est-il passé, sur cette petite route étroite aveyronnaise, pour que la roue avant droite d’un engin agricole de plusieurs tonnes monte sur une voiture, qui avait dû s’immobiliser sur le bas-côté, sans que l’agriculteur ne se soit rendu compte de la situation, ni avant, ni pendant l’accident ? 

En ce jour de tout début automne, vers 17 h 30, la campagne était encore ensoleillée et chaude. L’éleveur partait à quelques kilomètres de son exploitation pour apporter une balle de foin à des animaux qui pâturaient. Selon son témoignage, à la barre et lors de sa déposition, il avait environ « 20 m de visibilité », « il roulait à 25 km/h » et la balle de foin, placée sur La Fourche avant, « était haute ». Il aurait cependant été « ébloui par le soleil ».

Une expertise technique compromettante 

Selon l’épouse du défunt, passagère au moment de l’accident, en revanche, la charge à l’avant du tracteur était à mi-hauteur, de telle manière qu’elle ne pouvait pas « voir le conducteur ». Son mari aurait même klaxonné à plusieurs reprises pour annoncer sa présence et le danger imminent. 

À la barre, le prévenu a plusieurs fois affirmé qu’il ne « [s’expliquait] pas l’accident ». Une expertise technique a néanmoins affirmé qu’une fuite d’huile non réparée faisait descendre progressivement la fourche du tracteur et que les pneus étaient usés. De plus, un témoin a affirmé qu’à l’endroit de l’accident, un faux plat laissait zone d’ombre et que l’agriculteur n’y avait peut-être pas vu la voiture de couleur noire.

Un an de prison 

Olivier Naboulet, le procureur de la République, lors de ses réquisitions a rappelé le danger que constituent les tracteurs lorsqu’ils sont mis sur l’asphalte : « Quand ils ne sont pas utilisés convenablement, ils peuvent être des engins de mort redoutable. Leur vocation première est de travailler la terre. Pour aller sur la route, des dispositions particulières doivent être prises. » Le ministère public espérait aussi plus d’explications de la part du prévenu : « Le compte n’y est pas ! » Le procureur de la République a finalement demandé deux ans de prison et l’annulation du permis de conduire du trentenaire à l’origine du drame. 

Finalement, les juges ont condamné l’agriculteur à un de prison et à l’annulation de son permis de conduire avec interdiction de le repasser pendant un mois.



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