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Le carnaval de l'Amassada n'a pas eu le succès populaire escompté… - ©ADN12

Par Yannick Périé
Le 09 mars 2019

Samedi après-midi, quinze jours avant le Carnaval de Millau, les militants de l'Amassada – qui, rappelons-le, luttent contre le projet de méga-transformateur à Saint-Victor et les éoliennes qui l'accompagnent –, sont venus brûler leur M. Carnaval dans la cité du Gant. Mais rien ne s'est vraiment passé comme prévu.

Le rendez-vous était fixé à 15 h sur le plateau de la gare. Or, à l'heure dite, force était de constater que la journée ne serait pas aussi joyeuse qu'espérée. En effet, en raison d'un arrêté préfectoral interdisant toute manifestation sur la voie publique millavoise durant le week-end, ce sont les forces de l'ordre qui occupaient la quasi-totalité du quartier. Sans cotillons, sans confettis, mais avec leurs plus beaux costumes « Robocop ».

Vers 15 h, le quartier de la gare était occupé essentiellement par les forces de l'ordre.Vers 15 h, le quartier de la gare était occupé essentiellement par les forces de l'ordre.

« Ce n'est pas l'Etat policier, mais ça en a le goût, la couleur et l'odeur, faisait remarquer un manifestant, impressionné par un tel déploiement. C'est un peu le pot de terre contre le pot de fer… »

D'autant que des barrages avaient été mis en place sur la plupart des voies d'accès vers Millau depuis la fin de la matinée, empêchant beaucoup de membres de l'Amassada d'arriver jusqu'à destination. Au moment de déambuler dans les rues, on comptait finalement plus de gendarmes et de policiers que de militants.

Le char de fortune a finalement été abandonné sur la voirie, devant le stade scolaire.Le char de fortune a finalement été abandonné sur la voirie, devant le stade scolaire.

Les militants encadrés par les forces de l'ordre

Encadrée tout au long de leur déambulation, et empêchée de se diriger vers le Mandarous, la petite trentaine de « carnavaliers » a alors emprunté la rue Alsace Lorraine, en marchant sagement sur les trottoirs. Arrivés au croisement de la rue Saint-Jean, devant l'entrée du stade scolaire, les militants de l'Amassada ont alors récupéré leur M. Carnaval, élaboré à base de barils remplis de paille et juché sur une petite carriole.

Sans public dans ce quartier périphérique, le jugement de Monsieur Carnaval a alors été rendu. Morceau choisi :

Alors que cette planète n'a jamais autant souffert de l'égoïsme de quelques-uns des plus riches, la majorité survit dans la misère et le mépris des puissants. L'angoisse de la fin du monde rejoint l'angoisse de la fin du mois. Mais les puissants eux, n'en ont cure de cette misère totale, écologique et sociale, ils continuent à se gaver, à s'enrichir sur le dos de la nature rendue stérile, ils ne cessent d'enfler comme leurs zones commerciales et de coloniser nos vies, capturant ce qu'il nous reste de libertés, bétonnant les terres, supprimant les conditions de toute communauté vivante et ouverte. Et nos campagnes deviennent des déserts sacrifiés pour leurs mégapoles dévorantes d'énergie.

Rendez-vous manqué avec les gilets jaunes

N'ayant pas réussi à émouvoir le moindre CRS, et un poil désabusés de ne pouvoir circuler librement avec leur char de fortune, les militants ont alors abandonné la carriole au milieu du carrefour et ont décidé d'aller rendre visite aux gilets jaunes de Millau, dans leur cabane au bord du Tarn.

Les militants ne pourront pas dire qu'ils n'ont pas brûlé quelque chose…Les militants ne pourront pas dire qu'ils n'ont pas brûlé quelque chose…

Mais il était écrit que rien de ne passerait comme prévu aujourd'hui. Les gilets jaunes étaient au rassemblement de Toulouse pour les uns, au rond-point de Saint Germain pour les autres, et la rencontre espérée n'a pas eu lieu. Certains ont bu un café, pendant qu'un militant brûlait, lui, son mouchoir Carnaval… Pour le symbole.

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