photos/3719.jpg

L'affaire a été jugée en comparution immédiate, ce vendredi 8 mars, après des faits qui se sont déroulés les 4 et 5 mars. - ©ADN12

Par Célian Guignard
Le 08 mars 2019

Pour avoir incendié plus d’une vingtaine de poubelles, entre le boulevard Paul-Ramadier, la côte des Besses et le boulevard de Lattre-de-Tassigny, le trentenaire risquait jusqu’à dix ans de prison.

Une vingtaine de conteneurs brûlés après une douzaine de départs de feu, avec certaines flammes très proches des habitations… La quiétude du Boulevard Paul-Ramadier, de la côte des Besses et du boulevard de Lattre-de-Tassigny, à Rodez, est rompue à plusieurs reprises, les 4 et 5 mars. 

Il se dénonce

À chaque fois, un même homme âgé d’une trentaine d’année incendie volontairement des poubelles qui appartiennent à la Ville et à l'Agglomération. Mercredi 6 mars, vers 2 h, il dénonce lui-même en se rendant au commissariat de police. Ce vendredi 8 mars, il est finalement jugé dans le cadre d’une comparution immédiate par le tribunal correctionnel de Rodez.

Des justifications confuses

Pour expliquer ses exactions, l’homme est d’abord confus devant la police, lors de sa garde à vue. Il évoque sa volonté de « revendiquer un logement » mais aussi son souhait « de venger la mort de Pascal Filoé (sic) ». Un dernier argument repris lors de l’audience : « J’avais ça dans ma tête… ça m’a fait mal par rapport à mon père (sic). »

« Je suis la star des crameurs de poubelles »

Devant les forces de l’ordre, il se vente également de ses méfaits : « Je vais demander à allumer le feu de la Saint-Jean. Ça a fait une bonne ambiance à Ramadier. C’est tout noir là-bas. Si les poubelles ne sont pas ramassées, appelez-moi ! Je les brûlerai. » Sans oublier les articles de presse qu’il a lus : « Je suis la star des crameurs de poubelles. »

Une haine renfermée

Un expert psychiatre décèle un trouble de la personnalité chez le prévenu sans tendance pyromane. Le médecin estime d’autre part qu'il est éligible à une sanction pénale et qu’il peut être soigné. Sa personnalité inquiète, cependant, lorsqu'il est question de la « haine en lui » qui l'aurait poussé à mettre le feu aux conteneurs.

« Besoin de soins »

Le procureur de République, qui dénonce « le plaisir et la fierté » du natif de Villefranche-de-Rouergue après avoir mis le feu, demande trente mois de prison dont dix-huit avec sursis, avec maintient en détention, ainsi qu’une mise à l’épreuve de trois ans, assortie d’une obligation de soins et de travailler, ainsi que de l’interdiction de paraître à Rodez lors de la mise à l’épreuve, sans oublier l’obligation de réparer les victimes. Alexandra Gosset, l’avocate de la défense, souligne qu’il s’agit de quelqu’un de « fou qui a besoin de soins ». « Vous ne pouvez pas le juger comme si vous jugiez quelqu’un de censé », insiste-t-elle.

Trois mois derrière les barreaux

Les juges le condamne finalement à douze mois de prison, dont neuf avec sursis, assortis d’une mise à l’épreuve de deux ans, avec obligation de travail et de soins. Les victimes devront être réparées. Un mandat de dépôt est décidé. L'homme part donc directement en prison pour trois mois.



Recevoir notre Newsletter
S'abonner
News letter

Recevez l'info quotidiennement et gratuitement !

Se connecter



Pas encore de compte ? Cliquez-ici !