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Depuis 6 h 45, ce jeudi 7 mars, le personnel pénitentiaire bloque l'accès à la maison d'arrêt de Druelle. - ©ADN12

Par Aurélien Gares
Le 07 mars 2019

À la suite de l’agression de deux surveillants pénitentiaires à Condé-sur-Sarthe (Orne), mardi 6 mars, les centres de détention, partout en France, se sont mobilisés. À Druelle, le personnel bloque l’accès à la maison d’arrêt.

L’entente syndicale FO, Horizon Justice, CFDT, CGT, CFCT mais aussi le syndicat majoritaire Ufap-Unsa Justice se sont mobilisés, ce jeudi 7 mars, à la suite de l’agression qui s’est produite hier, mercredi 6 mars, à la prison d’Alençon-Condé-sur-Sarthe (Orne) où deux surveillants ont été agressés par un détenu radicalisé.

Le prosélytisme gangrène les prisons

« Nous sommes terriblement choqués et nous sommes là pour soutenir nos deux collègues blessés hier, confie Sarah B., secrétaire locale FO à la maison d’arrêt de Druelle et à l’initiative de l’appel à se mobiliser. Malheureusement il y a des agressions tous les jours dans les établissements pénitentiaires. »

Un constat partagé par Estelle Augusto, représentante Ufap-Unsa Justice. « Il faut changer le fonctionnement des centres pénitentiaires. » Avec des établissements spécialisés pour les détenus dangereux et radicalisés afin d'éviter tout prosélytisme. « Il suffit d’un détenu radicalisé pour gangréner tout le monde », confie la représentante Ufap-Unsa Justice. Une radicalisation qui augmente, y compris à la maison d’arrêt de Druelle où les prisonniers concernés sont en contact avec les autres.

L’autre point que les syndicats pointent du doigt unanimement est celui de la fouille et de l’article 57 de la loi Pénitentiaire, qu’ils demandent, d’une même voix, « d’abroger ». « Nous n’avons pas le droit de fouiller les personnes qui entrent dans la prison. Tout peut entrer, précise Sylvain Grellier, délégué régional Horizon Justice. Et cela fait des années qu’on le signale. Les prisons sont infestées. » « On rentre plus facilement un couteau en prison qu’à Disneyland », analyse Estelle Augusto. « Il finira par y avoir des morts », prévient Sarah B.

« Nos mains et un sifflet »

Ils attendent, du gouvernement, d’appliquer ce qui avait été signé et promis dans le relevé de conclusion de janvier 2018. À savoir, un gilet pare-coup et pare-lame, ou encore des menottes pour transférer les détenus. « Mais rien n’est encore venu sur nos établissements, précise Estelle Augusto. On demande à ce que ce soit mis en application. » De son côté, Sarah B., en plus des demandes du relevé de conclusion, souhaite voir les surveillants pénitentiaires être armés d’un taser pour « neutraliser » les individus en cas de danger. « Actuellement, nous n’avons que nos mains et un sifflet. Il y a des moments où on ne se sent pas en sécurité. »

La maison d’arrêt de Druelle connaît les mêmes problématiques que dans les autres centres de détention, « à moindre échelle », admet Sarah B. Elle est donc concernée, depuis l’été dernier, après la révocation de nombreux sursis de la part du tribunal de Rodez, à la surpopulation carcérale. « Il y a encore une trentaine de matelas au sol, confie Estelle Augusto. Notre établissement n’est pas fait pour accueillir autant de détenus. » Et donc dans l'impossibilité de séparer les prisonniers radicalisés des autres condamnés.

Un surveillant pour 40 détenus

Le centre dé détention accueille, actuellement, 140 prisonniers pour 56 personnels de surveillance. « On était aussi 56, en 2013, lorsqu’il y avait 100 détenus, ajoute Sarah B. Actuellement, il y a un surveillant par étage pour 40 détenus. »  La secrétaire FO souhaite aussi une revalorisation indemnitaire pour rendre « le métier plus attractif. Actuellement, il y a plus de postes à pourvoir que de volontaires. Nous souhaitons que les surveillants passent de la catégorie C à B et le personnel de commandement de la catégorie B à A. »

Postés à l’entrée de la maison d’arrêt depuis 6 h 45, ils attendent des réponses rapides de la part du gouvernement. Si ce n’est pas le cas, le mouvement sera reconduit dès ce vendredi 8 mars.



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