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Mathieu Montbroussous dans "Petits secrets en famille". - ©TF1

Par Aurélien Gares
Le 28 février 2019

Né à Decazeville, Mathieu Montbroussous, aujourd’hui comédien, a un parcours qui sort de l’ordinaire. D’abord ingénieur, il a connu une reconversion professionnelle après une grosse remise en question. Rencontre.

Bonjour Mathieu, où avez-vous grandi ?

Je suis né le 30 octobre 1986, à Decazeville. Là où vivent encore aujourd’hui mes parents. J’y ai vécu jusqu’à mes 18 ans. J’ai passé un bac STI (Sciences et technologies industrielles) au lycée La Découverte. Avant de me diriger vers une prépa TSI (Technologie et sciences industrielles) que j’ai suivie à Albi. Après cela, je suis entré dans une école d’ingénieur à Grenoble dans la prévention des risques industriels. Là-bas, j’ai connu la première défaite de ma vie puisque j’ai été viré. Je n’avais pas les 12 de moyenne générale qui était demandée. J’ai donc du me réorienter, dans le même domaine de la prévention des risques mais en qualité de QHSE (qualité, hygiène, sécurité, environnement) d’une entreprise et donc j’ai fait une licence en alternance à Tulle. Là, j’ai obtenu ma revanche puisque j’ai fini majeur de promo. Avant de partir à Paris pour effectuer un master en alternance.

À ce moment-là, vous ne pensiez pas devenir comédien ?

Non. J’ai effectué mon premier métier en tant que conseiller qualité sécurité environnement à la Chambre de commerce et d’industrie de Valenciennes. Puis, je suis parti rejoindre mon meilleur ami en Nouvelle-Calédonie pour travailler dans une entreprise et faire tout autre chose. J’étais coordinateur de projet dans les mines de nickel. Et au bout d’un an et demi, j’ai fait un burnout. J’ai eu une grosse remise en question.

Beaucoup de projets non-rémunérés

C’est à ce moment-là que vous vous dirigez vers le théâtre ?

J’ai commencé à faire du théâtre lors de ma première profession, à Valenciennes. Je faisais du théâtre d’improvisation ou classique. J’ai continué à Nouméa en faisant toujours un peu d’impro mais aussi le clown. Puis à la suite de mon burnout, j’ai arrêté mon travail et pour la première fois, la possibilité de ne faire que comédien s’ouvrait financièrement à moi. Je me suis dit qu’il fallait que j’essaye à fond. Donc j’ai postulé à plein d’offres, j’ai ouvert mes portes intérieures pour savoir quelles filières artistiques pourraient me plaire. Et j’ai donc fait du stand-up du rire. J’écrivais mes propres sketchs.

Vous étiez également dans une compagnie de théâtre.

Tout à fait. J’étais dans une compagnie composée de professionnels et d’amateurs. Et j’ai donc joué dans une pièce de théâtre Cyrano de Bergerac. J’avais plusieurs petits rôles dont un où j’avais une bataille à l’épée sur scène. Un maître d’armes nous a chorégraphié le combat, c’était superbe.

Mathieu Montbroussous a également obtenu un rôle dans Mathieu Montbroussous a également obtenu un rôle dans

Puis, vous revenez à Paris. Pourquoi ?

Après avoir passé deux ans et demi à Nouméa, j’ai souhaité faire une école professionnelle. Donc je me suis lancé le pari de revenir à Paris. Pour pouvoir continuer dans cette voie là. La caméra m’a toujours attiré donc j’ai voulu me diriger vers le secteur audiovisuel. En septembre 2017, j’ai fait l’école Auvray-Nauroy, à Saint-Denis, pendant sept mois car je ne pouvais pas faire plus financièrement et à côté j’étais à fond dans les castings. Je le vois aujourd’hui mais pour réussir à percer dans ce milieu-là, il faut se faire un réseau et faire beaucoup de projets avec des étudiants qui sont en école audiovisuelle et qui ont des besoins de comédiens.  Donc beaucoup de projets non-rémunérés mais qui permettent d’avoir des images pour les envoyer aux directeurs de casting.

Des parents qui me soutiennent à fond

Cela commence à payer puisque nous avons eu l’occasion de vous voir sur TF1.

Depuis que je vis sur Paris, j’ai fait une cinquantaine de projets audiovisuels. Dont un long métrage où j’ai le rôle principal mais qui n’est pas encore sorti. Mais en effet, ma plus belle opportunité en tournage rémunéré, la seule pour l’instant, c’est pour Petits secrets en famille sur TF1. Cela a été diffusé lundi 11 février. J’étais comme un enfant. Je me suis dit que ça n’allait jamais être diffusé parce qu’une connaissance comédienne me disait qu’elle avait tourné pour un épisode similaire et qui, au final, n’a jamais été diffusé. Les chaînes de télévision produisent plusieurs épisodes mais cela ne veut pas dire que ce sera diffusé. Tout dépend de la qualité. Du coup, j’avais cette petite peur. Donc je me suis dit ouf. J’étais très satisfait, c’est une belle victoire. Je suis très heureux.

Comment se sont comportés vos parents lorsqu’ils vous ont vu sur TF1 ?

Ma mère a pleuré. Elle me fait rire. Dès que je lui passe une info, elle va appeler tout le monde pour leur annoncer. Mais elle est très cinéphile. Elle va au cinéma trois à quatre fois par semaine. Là, j’étais figurant dans Qu’est qu’on a encore fait au bon dieu ?, on me voit seulement deux secondes. Mais elle est quand même allée récupérer l’affiche du film (rires). J’ai la chance d’avoir des parents qui me soutiennent à fond là-dedans. Ils voient que tout le travail que je fournis commence à payer. C’est un bonheur.

Faites-vous souvent de la figuration ?

Je fais que de la figuration rémunérée. La dernière que j’ai faite, c’est pour le dernier film de Roman Polanski avec Jean Dujardin J’accuse.

Comment cela s’est-il passé ?

On a fait une scène où j’étais un soldat de la fin du 19e siècle. Et c’était une scène où il y avait Jean Dujardin, Louis Garrel et les figurants. Nous avions tous la moustache et une tenue de l’époque. Et lorsque Jean Dujardin est arrivé face à nous, ça l’a fait rire. Du coup il s’est adressé à nous « Alors bande de cons, qui a une vraie moustache ? » J’ai levé la main parce que c’était le cas et il m’a tiré la moustache (rires). C’est génial. Jean Dujardin, pour moi, c’est un rêve. Et de voir comment cela se joue sur les plateaux, c’est très intéressant. C’est comme cela que l’on apprend aussi.

Vous avez également tourné dans le court métrage Grosse* qui a fait le buzz sur les réseaux sociaux. Racontez-nous.

Il s’agit d’un projet non rémunéré qui fait énormément le buzz sur les réseaux sociaux (il cumule plus de deux millions de vues). C’est un moyen-métrage d’une durée de 30 minutes qui dénonce la grossophobie. Ce genre de projets touche plus que d’autres. Mais c’est une satisfaction. Mon record était à 5 000 vues alors là… (rires). Le film va être relayé par la mairie de Paris, le ministère de la Santé et plusieurs associations comme le Centre national des associations d’obèses (CNAO), la ligue contre l’obésité… Le film est aussi diffusé dans de nombreuses écoles et auprès de professionnels de santé ! C’est un véritable outil pédagogique de prévention, de sensibilisation et d’ouverture autour d’un débat constructif.

Fan du Rodez Aveyron Football

Aujourd’hui, quel est votre objectif ?

Mon objectif est de pouvoir vivre de mon métier car actuellement je n’en vis pas. Ce serait magique. Ce qui est difficile actuellement pour moi, c’est d’avoir des castings pour des projets rémunérés. Ça, c’est difficile à gagner. Je suis également, à côté, dans deux compagnies de théâtre. Et au sein de la compagnie, une comédienne qui fait cela depuis 30 ans me confiait que par rapport à ses débuts, c’est beaucoup plus difficile d’en vivre aujourd’hui. Actuellement, à Paris, il y a des dizaines de milliers de comédiens. C’est un challenge, un combat de tous les jours. Pour arriver à sortir du lot, ce n’est pas évident. Mais je suis à fond. Je ne connais pas les week-ends.

Avez-vous encore des attaches aveyronnaises ?

L’Aveyron, j’y reviens pour Noël. Toute ma famille y est implantée. Je suis le seul vraiment expatrié. Puis, je suis un fan du Rodez Aveyron Football. Le 2 à 1 contre Chambly, c’était génial. Sinon, je suis également sur un groupe LinKedIn, les Aveyronnais de Paris.

Que peut-on vous souhaiter pour la suite de votre carrière ?

Avoir des castings pour des projets rémunérés. Ce serait génial. Si je pouvais faire cela jusqu’à la fin de mes jours ce serait magique. Il faut être patient et ne rien lâcher. J’aime bien la compétition. Je vois cela comme un boxeur. Chaque casting est un combat à mener. Même si je perds, ce n’est pas grave, à force de perdre, je vais accumuler de l’expérience.

* Grosse est un moyen métrage produit par Maîwen Janovet (Fedmind) et réalisé par Maxime Ginolin (MagiCJacK).



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