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L'affaire a été jugée au tribunal correctionnel, ce mercredi 6 février. - ©ADN12

Par Aurélien Gares
Le 06 février 2019

Un homme de 45 ans comparaissait ce mercredi 6 février, devant le tribunal correctionnel de Rodez pour avoir mené la vie dure à son épouse mais aussi à sa belle-fille.

Un homme, domicilié à Espalion, était à la barre du tribunal de Rodez, ce mercredi 6 février, pour pas moins de sept chefs d’accusation (agression sexuelle, violences, détention de stupéfiants, détention d’armes à deux reprises, dégradation volontaire, violences).

Les victimes protégées par le chien

Le 26 mai 2016, aux alentours de 22 heures, les gendarmes de la brigade d’Espalion sont appelés par une jeune fille qui dénonce des violences conjugales. Lors de leur arrivée sur place, ils constatent une mère et sa fille apeurées et protégées par un chien. L’homme de 43 ans, à l’époque des faits, est dans un état second. « Je suis devenu fou », reconnait-il à la barre. Il ne travaille plus depuis 20 ans et perçoit les allocations aux adultes handicapés. Ce soir-là, après une réflexion de son épouse, il soulève le lit et le brise, s’en prend violemment à sa compagne et éjecte sa belle-fille de la chambre dans le couloir.

Lors de l’audition des victimes, les gendarmes découvrent une femme apeurée, décrite par un expert comme vulnérable psychologiquement. Mariée depuis 2014 à cet homme, elle ne peut plus sortir du logement ni travailler « de peur qu’on la lui vole », se voit imposer des relations sexuelles ou encore subir des violences. Une emprise totale, coupée de sa famille, de ses enfants (issus d’une précédente relation) et surtout de son fils « à qui elle doit se cacher pour lui écrire des SMS », souligne la présidente du tribunal Sylvia Descrozaille.

La moitié des dépenses dans les jeux vidéos ou les stupéfiants

Seule sa fille, âgée de 19 ans à l’époque des faits, revient habiter dans le domicile de sa mère et de son mari pour « pouvoir la protéger ». Mais elle subira, à son tour, des violences, « des bousculades » reconnait le prévenu. Les deux victimes décriront le quotidien d’un homme qui dort le jour et vit la nuit. Elles expliquent aux enquêteurs qu’il se lève à 18 h, consomme de la résine de cannabis et joue à la console toute la nuit. Le quotidien d’un homme qui perçoit 800 € par mois et qui dépense la moitié dans les jeux et les stupéfiants. Un « calvaire » pour la mère et la fille.

Le tribunal reviendra notamment sur des faits, en 2014, quinze jours avant leur mariage où lors de la fête des pompiers, la compagne du prévenu salue un secouriste qu’elle connaissait. Dans une crise de jalousie, l’homme lèvera la main sur son épouse lors du retour au domicile et s’en prendra au mobilier. Une amie s’interposera.

« Quelque chose qui me bloque à l’intérieur »

Placé en détention à la suite des faits de 2016, il ressortira quelques semaines plus tard avant de revenir vivre à son domicile, à nouveau avec sa femme et sa fille, qui décident de lui laisser une deuxième chance. Mais quelques mois plus tard, il récidivera, à nouveau, en commettant des violences sur sa belle-fille. Ces dernières quitteront alors le domicile et n’entreront plus jamais en contact avec lui.

À la barre, l’homme qui reconnait avoir eu un comportement « étouffant » envers sa compagne, fait toutefois part de son étonnement sur les violences : « J’ai levé la main qu’une seule fois. » Ou sur les rapports sexuels : « Je n’ai jamais été violent », avant que les juges ne lui fassent avouer que certains rapports ont eu lieu sous la contrainte. Et d’expliquer « avoir besoin d’aide. J’ai quelque chose qui me bloque à l’intérieur et que je n’arrive pas à sortir. »

Les victimes n’étaient pas présentes, ce mercredi 6 février, parce qu’elles « ne veulent pas le voir », selon Me Galandrin, avocat de la partie civile. « Elles demandent à avoir la paix. »

Avant de faire part de ses réquisitions, le vice-procureur de la République Bernard Salvador s’est attardé sur les propos du prévenu à la barre du tribunal : « Il tente de minimiser les faits. » Et d’évoquer les traces de coups sur le corps de la mère et les faits d’agressions sexuelles qui auraient pu être requalifiés « en viol ». Il a requis trois ans de prison assorti d’un suivi socio-judiciaire avec injonction de soins. Ainsi qu’une mise à l’épreuve et une peine de 18 mois de prison si le suivi n’est pas respecté.

Le tribunal a condamné l’homme de 45 ans à une peine de deux ans de prison, sans mandat de dépôt, assorti d’un suivi socio-judiciaire durant cinq ans avec injonction de soins, interdiction d’entrer en contact avec les victimes, interdiction de résider dans son adresse actuelle et interdiction de porter ou détenir une arme. En cas de non-respect de ces obligations il encourt une peine supplémentaire de trois ans de prison.



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