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Kery James, au fond, partage la scène avec Yannik Landrein, au premier plan. - ©Nathadread

Par Aurélien Gares
Le 04 février 2019

Dans la peau d’un jeune avocat, le rappeur Kery James joue au théâtre au côté de Yannik Landrein. La pièce « À Vif » s’intéresse au thème des banlieues. À retrouver mercredi 6 février, au théâtre de La Baleine à Onet-le-Château.

Connu pour son rap engagé, Kery James, de son vrai nom Alix Mathurin, poursuit dans ce qu’il sait faire de mieux. Mais cette fois, sur une scène de théâtre. Il se produira, au côté de Yannik Landrein, mercredi 6 février, à La Baleine, à Onet-le-Château. « C’est un exercice qui m’intéressait, confie l’artiste. Aller toucher un autre public, qui n’écoute pas forcément du rap ou qui ne va pas forcément au théâtre. J’ai envie de briser les barrières. Je suis un artiste libre […] Il y a deux manières, pour un rappeur, d’aller au théâtre. Soit on y va en jouant le rôle du rappeur intellectuel supérieur aux autres soit on y va en étant soi-même, ce qui est mon cas. Cela reste du Kery James. »

La responsabilité de l'État dans la situation des banlieues

La pièce À vif, « jouée plus de 120 fois », tourne autour de la responsabilité de l’État dans la situation des banlieues. Une joute verbale qui oppose deux élèves avocats dans un concours d’éloquence. Dans ce cadre, il incarne Me Soulaymaan. Il affirme que les citoyens sont responsables de leur situation. Face à lui, Me Yann tente de démontrer que ce sont des erreurs commises par l’État qui ont conduit les banlieues à devenir ce qu’elles sont aujourd’hui. « C’est une pièce qui rassemble, qui parle aux gens, sans compromis, confie Kery James. La pièce ne donnera pas de réponses à la question initiale [l’État est-il responsable de la situation des banlieues] mais chacun, à la fin du spectacle, pourra se faire son propre avis. »

Pour ce virtuose des mots, ce n’est pas un hasard de plaider dans la peau d’un avocat. Il a déjà, durant sa carrière de rappeur, incarné ce rôle au côté de Diam’s ou encore El Tunisiano. « C’est un métier qui m’a toujours intéressé », avoue Kery James.

Cette pièce, écrite il y a trois ans, « est toujours d’actualité ». Deux « France » qui s’opposent. Elle fait même écho au mouvement de contestation actuel que connait le pays. « C’est la même question, précise l’artiste. L’État est-il responsable ? »

Il ne délaisse pas sa carrière musicale puisqu’il est à l’affiche de nombreux festivals prévus cet été et un concert à l'AccorHotels Arena, en décembre. Il a encore de nombreux projets dont un film, inspiré de sa pièce À vif, avec un script plus long. Intitulé Banlieusard et produit par Netflix, sa sortie est prévue au début de l’automne.

Mercredi 6 février, à 20 h 30, au théâtre La Baleine. Tarifs : plein, 25€ / groupe, 21€ / abonnement, 18 €.



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