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L'affaire a été jugée à Rodez, ce vendredi 1er février. - ©ADN12

Par Célian Guignard
Le 02 février 2019

Une mère de famille de 42 ans a vécu un véritable enfer entre Noël et le 31 janvier. Un homme de 72 ans s’est livré à une terrible campagne de dénigrement à son encontre et auprès de son entourage. Le septuagénaire n’en est pas à son coup d’essai. S’il a été jugé en comparution immédiate, ce vendredi 1er janvier, par le tribunal correctionnel, il a déjà été condamné pour des faits similaires en juin. Il est également poursuivi dans une troisième affaire, qui sera jugée en mars.

Trois cents quarante-cinq SMS reçus, des tas de messages vocaux, des courriers… Le harcèlement qu’a vécu cette mère de famille de 42 ans, domiciliée à Pont-de-Salars, entre Noël et le 31 janvier, fait frémir. Les violences psychologiques dont elle a été victime ne se sont pas cantonnées à des menaces et à des messages injurieux. Son ancien compagnon, de trente ans son aîné, a aussi contacté tout son entourage – comme son ancien mari, sa fille de 16 ans ou encore son employeur. Il a ainsi mené « une véritable campagne de dénigrement » à son encontre, comme l’a souligné avec fermeté le président du tribunal correctionnel de Rodez, Abdessamad Errabih, lors du procès du septuagénaire, ce vendredi 1er février, dans le cadre d’une comparution immédiate.

Une victime fragile psychologiquement

Comment expliquer un tel acharnement contre une femme présentée comme « fragile psychologiquement » par le procureur de la République Frédéric Coulomb ? Selon l’enquête, le prévenu a déclaré que sa victime avait « violé son intimité électronique »… Comprenez, qu’elle avait lu ses e-mails. Le retraité a donc voulu récupérer son ordinateur à tout prix. Et face au refus de son ancienne compagne, il a tenté de lui nuire par tous les moyens.

« Je ne te ferai aucun cadeau »

Les mots, qui ont été utilisés, sont crus et d’une incroyable brutalité, notamment lorsqu’il écrit à son ex-belle-fille, encore adolescente : « J’ai appris à ta mère à faire l’amour et à jouir autant qu’elle le voulait. (…) Ta mère te ment et en plus elle est traître (sic). (…)Tu devras être très forte quand les gens du village vont parler très mal d’elle. » Les menaces sont aussi de plus en plus explicites envers son ancienne compagne : « Tu vas être assassinée par tout le monde au village. Je ne te ferai aucun cadeau. Tu as intérêt à quitter Pont-de-Salars. »

Jugé en mars pour avoir harcelé la veuve de Pascal Filoé

L’homme a déjà été condamné, en juin, pour des faits similaires sur son ex femme. De plus, il sera jugé le 5 mars prochain, toujours par le tribunal correctionnel de Rodez, pour avoir harcelé la femme de Pascal Filoé, ancien directeur de la prévention et de la sécurité de la ville de Rodez, assassiné le 27 septembre. « Vous jugez un prédateur d’âmes sensibles, d’âmes fragiles, a affirmé sans détour le procureur de la République, lors de ses réquisitions. Une fois que sa victime est tombée dans ses filets, il se comporte comme une véritable sangsue jusqu’à ce que la personne ne puisse plus se relever. Il a injecté son venin à tout le monde. Le harcèlement est parfaitement caractérisé. »

Suivi socio-judiciaire

Le parquet a requis douze mois de prison ferme et la révocation du sursis et mise à l’épreuve de deux mois, prononcé en juin, le tout avec mandat de dépôt. Il a aussi demandé un suivi socio-judiciaire de cinq ans, ainsi que l'interdiction d’entrée en contact avec la victime et son entourage, mais également de séjourner à Pont-de-Salars pendant la durée du suivi.

Éligible immédiatement à la libération conditionnelle

Les juges ont finalement condamné le retraité de 72 ans à huit mois de prison ferme (six plus deux) avec mandat de dépôt, à un suivi socio-judiciaire de cinq ans, avec interdiction de séjourner à Pont-de-Salars, ainsi qu’à l’interdiction d’entrée en contact avec la victime et son entourage. Ayant plus de 70 ans, le prévenu est éligible immédiatement à la libération conditionnelle. « L’objectif n’est pas de vous envoyer en prison pour vous envoyer en prison, a conclu le président. Mais bien de mettre fin à vos agissements. »



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