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Le trafic a duré d'octobre à janvier. - ©ADN12

Par Célian Guignard
Le 01 février 2019

Le jeune homme de 27 ans s’était positionné, place Adrien-Rozier, entre le Monoprix et l’entrée de la cathédrale, entre début octobre et fin janvier. Avec « une vingtaine de clients par jour », les gains ont été immédiats, mais son manque de discrétion a eu raison de « sa petite entreprise ». En comparution immédiate, il a été condamné à dix-huit mois de prison, avec mandat de dépôt, ce vendredi 1er février.

Le visage rond dissimulé derrière une épaisse barbe bien taillée, le regard doux… C’est un prévenu loin des clichés entourant le deal de drogue qui comparaît devant le tribunal correctionnel de Rodez, ce vendredi 1er février, dans le cadre d’une comparution immédiate. Ces dernières heures, en garde à vue, le jeune homme de 27 ans a reconnu les faits et se présente désormais devant ses juges. Ce qui lui est reproché : avoir monté un petit marché de résine de cannabis, entre la cathédrale et le Monoprix, sur le Piton, d’octobre à fin janvier. Un court business et une « vingtaine de clients (en moyenne) par jour » qui lui ont rapporté pas moins de 10 000 €.

À la vue de tous

Le profil du dealer, père de trois enfants et qui vit des minimas sociaux, intrigue immédiatement. Tout comme son manque de discrétion : « C’est curieux, lui lance le président Abdessamad Errabih. Il y avait un phénomène d’attroupement. C’était visible. » Il présente les clichés de la police qui a enquêté facilement sur cette petite place de vente : « Les transactions ont lieu en pleine rue. Normalement, les personnes, qui se livrent à ce genre de pratiques, prennent le soin de se cacher. Là (sur la photo), on voit une dame qui vient vous voir. Vous avez été honnête en garde à vue. Lorsque vous vendiez, vous avez poussé l’honnêteté jusqu’à payer, chaque jour, votre parcmètre... »

L'appât du gain

L’appât du gain semble avoir motivé le jeune homme à se lancer dans cette activité, illicite certes, mais plus que rentable : « Il me manquait des affaires… Pour aller manger, avec mon ex, on ne pouvait pas à cause des factures. Même si elle gagne 1 800 €, il y a des choses à payer. » Et comment a-t-il eu l’idée ? L’explication transpire la simplicité : « Souvent, à cet endroit, on me demandait si j’avais à fumer. Je répondais que non. Alors, je me suis dit "pourquoi ne pas essayer". En plus, il y a du monde et les sans-abris. »

« Catastrophe sanitaire »

De son côté, Frédéric Coulomb, le procureur de la République, n’a pas du tout adhéré à la naïveté et à la sincérité affichée par le prévenu : « Comme dans la chanson de Bashung, on peut dire que "la petite entreprise ne connaît pas la crise". C’était effectivement une entreprise florissante avec des bénéfices conséquents. Je n’y crois pas quand il vous dit qu’il allait arrêter (pour se consacrer à une activité légale). Ce dossier c’est uniquement celui de l’argent facile. Nos concitoyens qui l’ont vu sont dégoutés. Ils connaissent la catastrophe sanitaire, avec le THC élevé présent dans cette résine et ces jeunes en décrochage, qui n’ont pas d’avenir, à cause de quelqu’un qui voulait s’acheter un iPhone X. Le trafic de drogue, ce n’est pas que les go fast. C’est aussi cela. » Le parquet a finalement requis quinze mois d’emprisonnement avec mandat de dépôt et la confiscation des scellés.

Directement en prison

Si maître Alexandra Gosset, l’avocate de la défense, s'est demenée pour que son client puisse bénéficier d’une peine aménageable « même longue, mais surtout pas de mandat de dépôt », les juges ont finalement été plus sévères que le parquet. Ils ont condamné le jeune père de famille à dix-huit mois de prison avec mandat de dépôt, ainsi qu’à la confiscation des scellés (une voiture, un téléphone portable et 400 € en liquide).



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