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L'affaire a été jugée au tribunal de Rodez, ce mercredi 30 janvier. - ©ADN12

Par Aurélien Gares
Le 30 janvier 2019

L’affaire avait suscité beaucoup d’émoi au mois de mai 2018. Un jeune homme de 27 ans avait percuté et tué, alors qu’il conduisait un tracteur en un état d’ébriété, deux enfants de 7 et 8 ans. Une journée "ensoleillée" lors de laquelle les dérives commises par ce sapeur-pompier professionnel se sont accumulées.

Dans une salle d’audience pleine à craquer, le procès du jeune conducteur de tracteur de 27 ans, qui a fauché deux enfants de 7 et 8 ans, le 19 mai 2018, à Montbazens, s’est ouvert ce mercredi 30 janvier. L’émotion était vive. Les familles des deux enfants étaient présentes. Des amis, des proches, plus de 90 personnes étaient installées dans la salle d’audience pour assister au procès.

Ce pompier professionnel, qui exerce à Paris, s’était volontairement mis en arrêt maladie, depuis février 2018, dans le but de se rapprocher de son département d’origine. En attendant, il construisait sa maison dans la commune de Montbazens et s’occupait régulièrement de son neveu.

Alcool, téléphone, surcharge...

Le 19 mai 2018, le jeune homme de 27 ans se rend à une cousinade. Ils sont une trentaine. Alors qu’il prévoit de partir en vacances le soir même pour rejoindre sa sœur à la mer, il consomme de l’alcool, quatre verres de Ricard et quatre autres de vin rouge. À ce moment-là, il ne prévoit pas de prendre un véhicule motorisé.

Mais au détour d’une conversation, il décide d’aller chercher de la terre à l’aide d’un tracteur remorqué pour la conduire jusqu’à sa future demeure. Une remorque que l’enquête établira comme surchargée (3 500 kg au lieu de 500). Ce trajet, le prévenu l’a déjà effectué « au moins une vingtaine de fois le week-end précédent ». Au retour du premier aller, le jeune montbazinois en profite pour faire grimper, dans l’engin agricole, un enfant du village qu’il connait bien et passionné par l’univers des tracteurs. Sur le retour, il se fait contrôler par les gendarmes qui le réprimandent du fait de l’usage de son téléphone portable. Il prenait des photos, des selfies. Mais ils ne procèdent pas à un test d’alcoolémie et ne disent rien sur la présence de l’enfant au sein de l’habitacle.

Les roues du tracteur se lèvent

Le drame aura lieu lors du deuxième trajet, la remorque à nouveau chargée de terre. Au tournant, sur le chemin La Roque, un groupe d’enfants fait du vélo. Il est 17 h 40. Prudents, ils décident de s’arrêter, pied à terre, pour laisser passer le tracteur. Le conducteur de ce dernier arrive à vive allure, percute un caniveau et perd le contrôle de son véhicule. La surcharge de la remorque fait lever les roues avant de l’engin agricole avant de percuter les deux enfants sous les yeux du père du petit garçon et de la mère de la petite fille. Mais aussi de leurs frères et sœurs.

Pris de panique, le conducteur sort de son véhicule, rapidement rejoint par des amis également pompiers volontaires et prodiguent les premiers soins. Les secours arrivent. Mais il est trop tard. Les décès sont déclarés à 18 h 45.

Les forces de l’ordre interpellent le conducteur, dans un état de choc, et procèdent à un test d’alcoolémie. Ce dernier se révélera positif avec 1,88 gramme d’alcool par litre de sang.

« J’ai été irresponsable du début à la fin »

Dans le box, le prévenu au casier judiciaire vierge, reconnait les faits. « J’ai été irresponsable du début à la fin. Tout est de ma faute. »

Lors des plaidoiries des avocats de la partie civile, au nombre de trois, l’émotion se faisait plus forte. Notamment lorsqu’ils ont évoqué la prudence des enfants et l’irresponsabilité d’un sapeur-pompier professionnel. Ou lorsque Me Bosc montre une photo de la petite fille.  « Il devrait y avoir une tolérance 0 en matière d’alcool au volant d’un véhicule, a scandé Me Belou. C’est véritablement inacceptable. » Alors que Me Faugère a évoqué « le dossier de toutes les transgressions ».

Le procureur de la République, Olivier Naboulet, est revenu sur toutes les dérives (alcool, présence de l’enfant dans l’habitacle, surcharge, téléphone et l’accident) et a requis une peine de sept ans d’emprisonnement ferme avec le maintien en détention. L’annulation du permis de conduire et l’interdiction de le repasser pendant trois ans.

Le tribunal a prononcé une peine de six ans de prison ferme, l’annulation du permis de conduire avec interdiction de le repasser pendant deux ans. Il devra également régler chaque partie civile de plusieurs milliers d’euros au titre du préjudice moral.



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