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Le tribunal correctionnel de Rodez prononcera son jugement le 20 février. - ©ADN12

Par Aurélien Gares
Le 20 février 2019

Un homme de 49 ans comparaissait devant le tribunal correctionnel de Rodez, mercredi 16 janvier, pour violences aggravées à l’encontre de six individus, sa compagne, ses trois enfants et deux personnes dépositaires de l’autorité publique. Les faits remontent à 2014. Ce mercredi 20 février, après en avoir délibéré, le tribunal a prononcé une peine de trois ans de prison.

L’affaire aurait pu tourner au drame. Dans la nuit du 14 au 15 décembre 2014, un homme de 48 ans, père de trois enfants, a failli commettre l’irréparable.

Alcoolisé, il rentre à son domicile après avoir passé une soirée en compagnie d’amis chasseurs, sa compagne et ses enfants. Dans un excès de jalousie et de colère, il s’emporte alors contre sa concubine qu’il jette sur le lit et qu’il frappe d’un coup de poing. Avant de la menacer de mort et de lui ordonner de quitter les lieux. Cette dernière, paniquée, sort de la maison. Le prévenu attrape alors un fusil et des cartouches et se rend dans le salon. Il s’en prend à la télévision en tirant au moins à quatre reprises dessus. Celle-ci avait été offerte par un voisin qui aurait fait des avances à sa compagne plusieurs années en arrière. Le père de famille explique sa colère par « des mauvais souvenirs qui sont remontés ». Lors de son interpellation, soit six heures après les premières violences, l’homme possédait encore 1,51 gramme d’alcool par litre de sang.

Mais l’affaire ne s’arrête pas là, il tire au plafond alors que deux de ses enfants se trouvent à l’étage. La plus grande, âgée de 13 ans au moment des faits, a rejoint sa mère à l’extérieur. Il donne également des coups de feu dehors, à l’aveugle.

« Je pensais que j’allais y passer »

Pendant ce temps, la mère appelle les gendarmes. Lors de leur arrivée, l’individu n’est pas calmé. En voyant les gyrophares (il explique ne pas avoir reconnu la police), il tire à nouveau, à deux reprises, vers l’extérieur. Les forces de l’ordre appellent des renforts et installent un périmètre de sécurité.

Loin d’être raisonné, il sort du domicile et part en voiture. Pour aller où ? Il ne peut pas l’expliquer. Mais les forces de l’ordre avaient installé une herse des deux côtés de la route, afin de dégonfler ses pneus et stopper sa fuite. Une fois franchie, l’individu s'est dirigé en direction des gendarmes, positionnés 40 à 50 mètres plus loin. Deux d'entre eux ont eu le temps de sauter le grillage, sur le bas côté de la route étroite. Alors deux autres restent en place. La voiture arrive à leur niveau. Ils ouvrent le feu.

Le premier évitera le véhicule de quelques centimètres alors que le second s’est jeté en arrière et a frôlé le Berlingo. La voiture est immobilisée et l’individu blessé. Deux balles l’ont touché : une à la jambe gauche, l’autre à l’épaule. L’un des deux gendarmes, présent à la barre, témoigne : « Je pensais que j’allais y passer. » Âgé de 23 ans lors de cette intervention, il a été marqué au point de penser à une reconversion professionnelle. Le suivi psychologique et une nouvelle affectation l’auront conforté de continuer à exercer sa profession.

Des coups de bâtons

Cette histoire qui aurait pu mal finir n’empêchera pas cette famille de reprendre ses habitudes, quelques semaines après, malgré l’instruction. Mais six mois plus tard, au mois de juillet, le prévenu sera de nouveau violent envers sa compagne et l’une de ses filles à qui il assénera des coups de bâtons qui lui vaudront quatre jours d’ITT.

Décrit par un expert comme « psychorigide, impulsif, alcoolique chronique et possédant une intelligence inférieure à la moyenne », cet homme de 48 ans semblait ailleurs, ce mercredi 16 janvier, à la barre. Durant les cinq heures de son procès, au tribunal correctionnel de Rodez, il a donné l’impression de ne pas se rendre compte de la gravité des faits.

Peine maximale requise

Le procureur de la République, Fanny Moles, explique avoir été « choquée à la lecture du dossier, devant ce déchaînement de violences ». Et fait état d’une maison avec « des trous partout. C’est inadmissible. » Elle requiert la peine maximale de cinquate-six mois d’emprisonnement assortis d’un mandat de dépôt. Et prononce l’interdiction de détenir une arme et la privation de ses droits civiques, civils et de famille.

La défense du prévenu s’est à son tour dit choquée par les réquisitions du procureur, estimant que l’individu possédait un casier judiciaire vierge et que depuis les faits, il y a quatre ans, il n’avait plus fait parler de lui. Elle s’est également interrogée sur l’intentionnalité de foncer sur les gendarmes « quand on sait que l’alcool augmente le temps de réaction ».

Après en avoir délibéré, le tribunal a prononcé une peine de trois ans de prison dont dix-huit assortis d'un sursis avec mise à l'épreuve pendant deux ans. Mais aussi une obligation de soins et l'indemnisation de chaque partie civile. 3 000 € pour chaque gendarme 4 000 € pour sa compagne et sa fille aînée et 3 000 € pour les deux autres enfants au titre des dommages et intérêts. 



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