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Les échanges entre le directeur du Parc (de dos) et les membres de l'Amassada ont vite tourné court. - ©ADN12

Par Yannick Périé
Le 16 janvier 2019

« L’Amassada, pas res nos arresta ». C’est armée de cette certitude qu’une petite délégation d’opposants au méga-transformateur de Saint-Victor-et-Melvieu s’est invitée, en début d’après-midi, dans les locaux du Parc naturel régional des Grands Causses à Millau.

La salle « Cardabelle » est vide. Seules les chaises installées en rond attestent de l’organisation imminente d’une réunion. Dans le couloir, quelques invités attendent patiemment.

« Le Parc naturel régional des Grands Causses rentre dans une large phase de concertation citoyenne pour le renouvellement de sa Charte, explique Florent Tarrisse, le directeur général des services. Ce document socle donne les axes de travail pour le développement du territoire sur 15 ans, la période couvrira 2022 à 2037. Les différents acteurs du territoire seront sollicités durant les prochains mois pour participer à cette construction. La première session organisée aujourd’hui est dédiée au milieu associatif du territoire. »

Les militants de l'Amassada n'étaient pas vraiment attendus…Les militants de l'Amassada n'étaient pas vraiment attendus…

C’est alors qu’une délégation d’une quinzaine de militants de l’Amassada vient grossir les rangs du public clairsemé… « Nous avons reçu une ordonnance pour requête qui indique que les personnes identifiées sur le site de Saint-Victor peuvent être soumises à des amendes de 2 000 € par jour, peste Christine Thélen, une des militantes, avant d'entrer dans la salle. C'est totalement inadmissible d'autant plus que rentrent dans cette ordonnance des parcelles qui ne sont pas dans la DUP (Déclaration d'Utilité Publique). Si on ne fait rien, Saint-Victor va devenir une zone industrielle électrique… Alors on s'invite à cette réunion ».

Le « Parc Industriel des Grands Causses »

Les différents protagonistes installés, la réunion peut commencer. « Je vous propose qu'on démarre », lance Florent Tarrisse, pour mettre un terme à la tension qui règne dans la salle. « Je vous propose qu'on arrête », répond du tac au tac une des militantes.

Le DGS du Parc comprend alors que la réunion ne se déroulera pas exactement comme il l'imaginait. D'autant plus quand un autre militant lui explique que le Parc devrait désormais s'appeler : « Parc Industriel des Grands Causses ». « Vous êtes tout à fait complice de ce qu'il se passe en ce moment à Saint-Victor », précise-t-il. S'en sont suivies de longues minutes d'échanges à couteaux tirés.

Florent Tarrisse, DGS du Parc des Grands Causses.Florent Tarrisse, DGS du Parc des Grands Causses.

Si le directeur du Parc assume l'installation du transformateur à Saint-Victor qui a été votée à l'unanimité il y a deux ans, il assume aussi l'installation « raisonnée » des parcs éoliens. « Qu'on soit clair. La Fédération nationale des Parcs valide les projets éoliens, les Fédérations des zones Natura 2000 valident les projets éoliens. Vous pouvez avoir un avis divergent, simplement il y a un travail collectif qui est mené autour de ça ».

Avant de jouer la tentative d'apaisement : « Ici, on a fait un SCOT et une charte. Vous savez qui nous a attaqués au tribunal ? C'est la Fédération des énergies éoliennes qui râle parce qu'on régule les installations d'éolienne sur le Parc des Grands Causses. » Et si le DGS a rappelé que « 70 % de l'action du Parc sur l'énergie, c'est générer des économies d'énergie », il n'a pas vraiment convaincu…

« On n'en a pas fini avec vous ! »

« Vous êtes une des pièces essentielles de tout ce discours sur la transition énergétique, de tout ce discours sur la Région à énergie positive… Vous en faites la promotion de manière continuelle, et tout cela c'est du blabla. Vous êtes une pièce essentielle de cette politique », a crié un membre de l'Amassada. Le débat est impossible, inaudible, chacun campant sur ses positions sans écouter l'autre.

Avant de quitter la salle, les militants de l'Amassada vocifèrent un avertissement :

Ce qui se passe en ce moment, c'est qu'il y a des entreprises privées avec le concours de la force publique qui sont en train de massacrer un territoire avec ses habitants, ses activités, la faune, la flore. C'est ça qui est en train de se passer. Il y a une urgence immédiate. Quand on va se faire expulser, on va rentrer chez nous, on sera toujours ici et on ne va pas vous lâcher. Vous avez une vision capitaliste du territoire, on en a une vision humaine. Il va y avoir confrontation au bout d'un moment. Vous pouvez nous virer de l'Amassada, on ne partira pas de la région. On n'en a pas fini avec vous !

 Sur le même sujet, voir aussi l'article "St-Victor. Expulsion imminente de l'Amassada"



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