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Le commandant Antoine Berna face aux gilets jaunes. - ©adn12

Par Yannick Périé
Le 12 janvier 2019
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Ce matin sur les coups de 10 h 30, environ 250 gilets jaunes de Millau, mais aussi de tout l'Aveyron, de Lozère (et même de Paris), rejoints par des membres de l'Amassada, ont, comme ils l'avaient annoncé, entamé une marche vers le Viaduc de Millau. Mais les forces de l'ordre les attendaient…

« On avait ordre de ne laisser passer personne ». Le chef d'escadron Antoine Berna explique pourquoi les forces de l'ordre se sont interposées, ce matin, afin d'empêcher les gilets jaunes de faire leur marche sur le Viaduc de Millau, qu'ils avaient annoncée il y a quelques jours sur les réseaux sociaux, et à grand renfort de tracts. « Hier soir, on a repéré sur les réseaux sociaux que certains individus déclaraient vouloir venir avec des armes », assure le commandant de la compagnie de gendarmerie du Sud-Aveyron.

Aussi, lorsque les quelque 250 gilets jaunes ont avancé à pied vers le péage pour emprunter l'autoroute A75, un comité d'accueil d'une trentaine de forces de l'ordre les attendait de pied ferme.

Alors que les gendarmes se dirigent vers l'échangeur…Alors que les gendarmes se dirigent vers l'échangeur…

La rencontre devait avoir lieu à la sortie de l'échangeur de Saint-Germain, mais alors que les gendarmes avançaient vers le nord pour les empêcher de mettre un pied sur l'autoroute, les manifestants ont coupé par un fossé et se sont engouffrés par une grille de sécurité pour arriver directement au niveau du péage…

… les gilets jaunes accèdent au péage par la petite porte.… les gilets jaunes accèdent au péage par la petite porte.

La tension à son comble

Pris de court, les gendarmes ont vite rebroussé chemin pour les empêcher d'avancer, mais il était déjà trop tard, certains gilets jaunes ayant déjà franchi le péage. Débordés de toutes parts, ils ont alors décidé de bloquer la marche en avant au rétrécissement de l'autoroute, après le péage.

Stoppée un bon moment, la majeure partie de la troupe des gilets jaunes s'est alors retrouvée nez à nez avec les forces de l'ordre, tandis que d'autres avaient déjà passé l'obstacle par les côtés…

Le commandant Berna a essayé de reprendre la main sur les événements, en exhortant les gilets jaunes de faire demi-tour. « Si vous commettez des actions sur le viaduc, vous pouvez déstabiliser le tablier » a-t-il essayé, sans vraiment convaincre.

S'en est suivi un échange que nous qualifierons de « musclé », quand durant plusieurs minutes, les manifestants ont essayé de forcer le passage à travers les boucliers des gendarmes.

Il s'en est fallu d'un cheveu avant que cela ne dégénère, quand un des gendarmes a demandé au commandant l'autorisation de faire usage de la force. Après trois sommations, sans suite, la tension était alors à son comble.

L'espace de quelques minutes, la situation a bien failli dégénérer.L'espace de quelques minutes, la situation a bien failli dégénérer.

Bousculés, les services d'ordre se sont une nouvelle fois fait déborder par les côtés. Au bout de quelques minutes d'échauffourées, les services de la préfecture ont alors fait savoir aux gendarmes qu'ils devaient laisser passer les manifestants.

Deux faux « gilets jaunes » ont sauté du viaduc…

Les gilets jaunes ont alors pu entamer véritablement leur marche vers le viaduc, encadrés par les gendarmes. La tension retombée comme un soufflé, l'ambiance est devenue bonne enfant. Arrivés au milieu du viaduc après une longue marche, et malgré un vent glacial, les gilets jaunes avaient atteint leur objectif : bloquer la circulation et marcher sur le viaduc.

Les gilets jaunes sur le Viaduc de Millau.Les gilets jaunes sur le Viaduc de Millau.

Aussi, une fois sur place, rien n'avait été véritablement prévu. Certains pique-niquaient, d'autres dansaient pour se réchauffer… On a même vu deux base-jumpeurs déguisés en gilets jaunes grimper sur les protections avant de sauter dans le vide, au nez et à la barbe des gendarmes qui n'ont pu qu'assister à la scène en spectateurs.

Un peu avant 13h, les manifestants vidaient les lieux. Une dernière petite échauffourée a eu lieu quand les gendarmes ont essayé de faire passer les manifestants par l'aire du viaduc, au lieu d'emprunter à nouveau l'A75. Mais ils se sont à nouveau fait déborder…

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Commentaires

Pilote

Le 12 janvier 2019 à 19h37
Bonjour C'était ma première sortie avec les gilets jaunes, motivé par le mépris de nos gouvernants... En guise, d'échauffourées je n' ai vu que 2 poussettes contre les Gendrames qui après un certain moment de tension nous ont accompagnés , bien heureux de faire quelques selfies, sur le viaduc. Nous avons pu échanger librement et très cordialement avec les gendarmes, sans langue de bois... Les incidents ont durés environ 10 minutes, la marche sur le viaduc plusieurs heures sans aucun heurt. Aussi je trouve que votre titre est TRES mal choisi et que vous ne redorez pas le blason de votre profession que je respecte beaucoup par ailleurs.

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Yannick Périé

Le 13 janvier 2019 à 19h16
Bonjour, J'ai employé le terme "échauffourées", également "échanges musclés", vous employez "incidents"… Finalement le constat est le même. Malgré "l'ambiance bonne enfant" qui a régné une fois que les gendarmes ont laissé passer les gilets jaunes, nous ne pouvions passer sous silence ces "incidents" qui n'ont pas duré 10 minutes, mais une demi-heure (le Facebook Live intégré dans l'article dure 20 minutes, et les "incidents" n'étaient pas terminés). Yannick Périé (auteur de l'article)

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