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La comparution immédiate a eu lieu ce mercredi 9 janvier. - Archive @ADN12

Par Célian Guignard
Le 09 janvier 2019

Un homme comparaissait devant le tribunal correctionnel de Rodez, ce mercredi 9 janvier, dans le cadre d’une comparution immédiate. Les faits, qui se sont déroulés dans la nuit du lundi 7 au mardi 8 janvier, ont été commis sous l’emprise de l’alcool. Le quadragénaire passera les quatre prochaines années en prison.

L’intervention des deux équipages de police de Decazeville aurait pu virer au drame. Dans la nuit du lundi 7 au mardi 8 janvier, aux alentours de 2 h, cinq fonctionnaires se rendent rue Paul-Ramadier pour une affaire de violences. Une femme a été malmenée par son conjoint. Ce dernier, passablement alcoolisé, avec plus de 2 grammes d’alcool par litre de sang, lui a – selon la déposition de la victime– tiré les cheveux et donné des coups derrière la tête, alors qu’elle portait son petit-fils de 15 mois dans les bras, entraînant sa chute.

C’est pour pouvoir s’enfuir que la compagne du quadragénaire appelle la police. Lorsque les deux voitures – une banalisée et l’autre sérigraphiée – arrivent sur place, en même temps, deux premiers fonctionnaires s’avancent. Ils voient alors un canon de fusil apparaître à la fenêtre où, selon leur témoignage, la persienne est entrouverte de haut en bas, sur 90 cm, comme l’a précisé l’enquête. Les deux policiers ont le temps d’avertir leurs collègues et de se mettre à couvert, avant que deux premiers coups ne soient tirés. Le temps de recharger, l’homme fait feu à deux nouvelles reprises.

Les gyrophares allumés dans la nuit

« Je ne savais pas que des policiers étaient là », tente de s’expliquer le prévenu, bien que sa conjointe ait expliqué qu’elle l’avait averti à plusieurs reprises de leur venue. « De ma position, je ne pouvais rien voir. » Depuis son box, entouré de deux agents, il poursuit : « Les volets étaient grands ouverts. J’ai d’abord tiré trois fois en l’air et une fois en direction du mur en bas. Je me suis déshabillé et je suis allé me coucher. » Alors pourquoi avoir fait usage d’une arme ? « Pour faire du bruit pour le début d’année », répond-il.

Selon le témoignage des forces de l’ordre, les coups de feu étaient bien « concomitants » avec leur arrivée et dans leur direction. De plus, le second équipage avait allumé les gyrophares, qui éclairaient les façades des immeubles dans la nuit.

« À deux doigts d'ouvrir une procédure criminelle »

Le tireur sort alors torse nu, les mains en l’air, à l’extérieur de son domicile. Son interpellation est musclée. Il ne peut-être entendu qu’après plusieurs heures, le temps que son alcoolémie ne diminue.

Lors de ses réquisitions, Fanny Moles, substitute du procureur, a rappelé qu’elle était « à deux doigts d’ouvrir une procédure criminelle », mais qu’à cette distance et avec ce type de munitions (des cartouches à grenaille de calibre 16), la vie des agents n’était menacée. Le parquet a demandé cinq ans de prison ferme, assorti d’un mandat de dépôt. Les juges ont finalement condamné le prévenu à quatre ans de prison, avec mandat de dépôt. Il devra également indemniser les deux premiers policiers arrivés sur les lieux à hauteur de 1 800 €, ainsi que les trois autres à hauteur de 800 €. Sans compter les 150 € à tous les fonctionnaires, au titre de l’article 475-1 du code de procédure pénale.



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