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Arnaud Vercruysse : « L'important, c'est de garder cette motivation. » - ©ADN12

Par Aveyron Digital News
Le 31 décembre 2018

La première partie de saison du SRA, en Fédérale 1, a été laborieuse. Le club émerge à la neuvième place (sur onze) de sa poule. Bien loin des espoirs du début de saison. Pour ne rien faciliter, le club est également menacé de relégation en Fédérale 3, par les instances du rugby français, pour ses problèmes financiers. Le coach se livre à six jours d’une confrontation capitale contre Castanet.

Aveyron Digital News : Vous êtes actuellement neuvièmes de votre championnat, comme analysez-vous cette première partie de saison ?

Arnaud Vercruysse : Elle n’est pas conforme à ce que nous souhaitions, nous le staff, mais aussi les joueurs et la gouvernance. Notre premier match, perdu contre Blagnac (30-36, à domicile), a donné le tempo. Il y a eu beaucoup de jeu et d’investissement, mais nous avons été battus par l’efficacité et le pragmatisme blagnacais. Je pense aussi que nous avons une équipe plus à l’aise sur des terrains secs que sur les terrains difficiles de l’hiver et de l’automne.

Les beaux jours n’arriveront pas tout de suite. Comment y remédier ?

On y a travaille à chaque entraînement. Les joueurs s’investissent. Ils cherchent à apporter des solutions. Ils sont là. Il y a beaucoup d’enthousiasme. Mais il y a un contraste entre ce que nous produisons à l’entraînement et en match.

Nous avons de jeunes joueurs qui arrivent

Cette équipe a-t-elle des manques ?

Elle manque de caractère et d’agressivité, aussi bien mentale que sur l’homme. Nous avons tendance à renoncer. Elle manque de leaders. Mais nous avons de jeunes joueurs qui arrivent, qui poussent. Ils sont plus inconscients. Ils ont envie de donner sans rien attendre en retour, si ce n’est du temps de jeu et de l’expérience. Ils sont en train de tout chambouler. En 2019, les cartes seront rebattues.

Cette saison, de nombreux facteurs semblent jouer contre le SRA…

C’est une saison compliquée. Elle a commencé avec un événement tragique, même s’il ne nous touche pas directement (décès de Louis Fajfrowski, joueur d’Aurillac, lors d’un match amical contre Rodez, le 10 août). Puis, la veille de Noël, on apprend que le club risque la relégation en Fédérale 3. Une information qui a été distillée à la fois aux clubs concernés et aux médias. J’ai le sentiment que l’on parle beaucoup des à-côtés et peu de rugby.

Le président fait un travail hallucinant

Vous parlez de cette relégation, dont le club va faire appel, êtes-vous inquiets ?

Quand on a des responsabilités, on est inquiet tous les matins. Quand on est père, on est inquiet. Quand on est entrepreneur, on est inquiet. Quand on est entraîneur aussi. On préfèrerait toujours être dans un environnement serein, avec des moyens… Il faut avancer. L'important, c'est de garder cette motivation.

Vous semblez souffrir de cette situation ?

Je ne cache pas mes sentiments. Aujourd’hui, nous avons des gens qui nous montrent du doigt, qui nous tournent le dos. Mais c’est la vie. C’est l’époque dans laquelle nous vivons. Il y a une solidarité qui est un peu de façade. Vous savez, moi, je ne suis qu’une pièce rapportée. Bien que j’aime cette ville et son environnement, demain, s’il le faut, je prends ma valise et je pars. Mais je pense au président (Jean-Paul Barriac) qui fait un travail hallucinant. Lui, son nom et sa situation professionnelle sont engagés. Il a hérité d’une situation déjà très compliquée et il fait preuve, avec son épouse, de pugnacité et d’une incroyable force de caractère. Il mériterait d’avoir une issue favorable.

Toujours de l’émulation et l’envie d’apprendre

Le groupe peut-il lâcher, avec cette épée de Damoclès au-dessus de la tête ?

Bien sûr que ça peut arriver. Nous avons 30 joueurs, avec 30 caractères différents et autant d’ambitions différentes. Il est trop tôt pour le savoir. Nous aurons un premier élément de réponse dimanche (6 janvier, avec la réception de Castanet à Paul-Lignon).

Que souhaitez-vous que 2019 vous apporte ?

Nous devons réussir à être en accord entre les entraînements et les matchs. Il y a toujours de l’émulation et l’envie d’apprendre. C’est positif. Il faudrait aussi que j’arrive à plus me focaliser sur le terrain. Actuellement, 80-85 % de mon temps est dédié à l’environnement.

Dimanche 6 janvier, Stade Rodez Aveyron contre Castanet, à 15 h, au stade Paul-Lignon.



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