photos/2009.jpg

Sur les hauteurs de Saint-Affrique, la ferme équestre de Vispens organise des stages d'équitation éthologique. - ©ADN12

Par Audrey Barat
Le 31 décembre 2018

Samedi 15 et dimanche 16 décembre, la ferme équestre de Vispens, fondée par Claire Vanel, a accueilli une dizaine de stagiaires venus découvrir l’équitation éthologique, lors d’un stage animé par Anaïs Champarnaud.

« L’éthologie équestre, ce n’est pas une discipline », prévient Anaïs Champarnaud. « C’est une approche qui consiste à aider les chevaux à mieux comprendre ce qu’on attend d’eux. Cela s’adresse donc aux personnes qui souhaitent améliorer les performances de leur cheval d’obstacles, faciliter le dressage, faire de bons chevaux de balade ou de randonnée… », précise-t-elle. Une façon de réinventer la relation entre le cavalier et le cheval, pour instaurer plus de confiance, et une communication plus fluide.

« Le cheval c’est un professionnel du langage du corps. L’humain l’a aussi, mais on l’utilise très peu. Le cheval, lui, ne communique qu’avec son corps. Au cavalier d’apprendre à observer, à détecter un ensemble de signaux, et comprendre comment avoir la confiance et le respect du cheval, sans créer de crispations, des muscles qui se tendent, de l’incompréhension, de l’énervement et de l’agacement de la part du cavalier et du cheval. » L’idée est donc de sortir du rapport punitif, qui crée chez le cheval un mécanisme de défense, pour instaurer un rapport plus collaboratif.

Cela crée un cheval qui est confiant, curieux, volontaire. 

Chevaux difficiles...ou stressés ?

« Les chevaux “difficiles“, sont des animaux qui n’ont pas confiance en l’humain. Ce sont les chevaux qui ont été “ratés“ par l’humain. Il faut bien avoir en tête que le cheval est une proie, et qu’instinctivement, l’humain est un prédateur pour lui. Il faut donc lui faire comprendre qu’il peut nous faire confiance. Mais est-on dignes de confiance ? », s’interroge Anaïs Champarnaud. Premier levier pour instaurer un bon rapport entre le cavalier et le cheval, le contrôle de ses émotions et de son mental. « Pour ne pas monter dans la colère, parce que ça ne sert à rien, et que lui il a l’impression qu’on lui saute au cou, et il déploie donc des réflexes de défense ».

Apprendre à gérer ses propre émotions

L’éthologie équestre, c’est donc avant tout un travail de développement personnel. « Moi par exemple, j’ai réalisé qu’avec deux de mes poneys un peu récalcitrants, j’y vais au corps à corps, en mode conflit. Du coup, ils ont encore moins confiance. J’ai bien saisi que ce sont des chevaux qui ont peur, et qu’il ne faut pas que je rentre là-dedans. Sauf que moi, je monte en colère, et là, c’est foutu. Du coup, ça t’apprend à gérer tes émotions, et ça permet aussi d’évoluer sur son rapport aux autres », explique Claire Vanel.

Redonner confiance en l’humain

« Anaïs nous apprend à mettre l’intention dans le moment présent, à être ancrés dans son corps, dans ses émotions, pour être vrai, pour être juste », résume Julie, aux côtés de sa jument Elfy. 

« C’est totalement différent de la formation qu’on reçoit pour devenir moniteur. Pendant ma formation, je trouvais déjà que de laisser les chevaux enfermés dans des box créait de la souffrance. C’est un animal qui a besoin d’être en troupeau, de jouer, de courir. Quand le cheval n’obéit pas, on nous dit de le cravacher, de lui donner des coups de talons plus forts…Et je ne comprenais pas. Bref, on rentre dans un schéma de persécution permanente, et moi je voulais redonner aux chevaux le côté agréable d’être avec les humains. Et j’ai envie de transmettre ça à mes élèves, pour transformer cette relation basée sur une conception très militaire de l’utilisation du cheval », poursuit Claire Vanel.

Douceur, bienveillance…et fermeté

Si l’éthologie équestre met au placard les coups de cravache et d’éperons, il n’est pas question de laisser le cheval n’en faire qu’à sa guise. L’idée est bien de faire travailler le cheval, et de parvenir à lui faire réaliser ce que le cavalier attend de lui, quelle que soit la discipline.

Le cheval est comme un miroir. Il ressent tout, la moindre posture, la moindre tension, le moindre tremblement…En même temps, il faut être sûr, parce que c’est toi es le pilote de la danse. Il faut donc un cavalier sûr de lui, apaisé qui sait exercer une autorité constructive. Avec douceur, bienveillance et fermeté.

D’ailleurs, Claire Vanel admet avoir eu quelques a-priori, quand elle a fait son premier stage avec Anaïs Champarnaud, dans le cadre de son BPREA (Brevet professionnel responsable d’exploitation agricole). « J’avais entendu pas mal de personnes me parler d’éthologie équestre, et qui disaient qu’il ne fallait rien exiger du cheval. Je trouvais ça un peu trop “hippy“. Mais avec Anaïs, le courant est de suite passé. J’ai eu la chance de la voir sur des exemples très concrets, comme Slam, un étalon qui cabrait, qui boxait, qui voulait vraiment faire mal. Elle est rentrée dans l’arène, et en quelques séances, il s’est transformé. Je suis tombée des nues, et j’ai appris beaucoup de choses dans ma formation de monitrice, sauf l’essentiel ».

Julie et sa jument Elfy sont en chemin vers une relation plus apaisée.Julie et sa jument Elfy sont en chemin vers une relation plus apaisée.

Moment de complicité entre Claire Vanel, monitrice sur le ferme équestre de Vispens, et Anaïs Champarnaud, formatrice en éthologie équestre.Moment de complicité entre Claire Vanel, monitrice sur le ferme équestre de Vispens, et Anaïs Champarnaud, formatrice en éthologie équestre.



Recevoir notre Newsletter
1234
S'abonner
News letter

Recevez l'info quotidiennement et gratuitement !

Se connecter



Pas encore de compte ? Cliquez-ici !