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Des palettes et des pneus ont été empilés pour bloquer les accès. - ©ADN12

Par Célian Guignard
Le 06 décembre 2018

Une bonne vingtaine de gilets jaunes bloquent, ce jeudi 6 décembre, les accès à l’Urssaf de l’Aveyron, à Bourran. Depuis une semaine, ils demandent un débat public avec les trois députés du département. Sur le Piton, Stéphane Mazars est sous le feu des critiques.

La tension est de plus en plus palpable dans les rangs des gilets jaunes à Rodez. Une vingtaine d’entre eux bloquent, ce jeudi 6 décembre, les accès à l’Urssaf de l’Aveyron, dans le quartier de Bourran. La mine tirée et les nerfs à vif, ils s’inquiètent de la « haine qui monte » et réclament toujours un débat public avec les trois députés du département Arnaud Viala (Les Républicains, troisième circonscription), Anne Blanc (La République en marche, deuxième circonscription) et Stéphane Mazars (La République en marche, première circonscription). Ce dernier, sur le Piton, est sous le feu des critiques.

« Les gens sont à bout »

« Le député Mazars est inconscient », lance sans détour Joël Lebègue, l’un des manifestants du mouvement ruthénois. « Cela fait une semaine que l’on demande le débat. Une semaine ! Et il n'y a rien qui bouge. Les gens sont à bout. Ça va finir par péter à Rodez, je vous le garantie. » Il craint que les choses ne dérapent dès lundi 10 décembre, si rien n’est fait pendant le week-end, tant au niveau local que national. « Jusque là, on gère. Après, ce sera incontrôlable. » 

« Cette révolution, on va la finir »

Les autres gilets jaunes sentent aussi que la situation peut se durcir à Rodez. « On calme le jeu, mais ça va exploser, prévient une jeune femme. Les gens deviendront violents. Ce n’est pas à dix ou 20 que l’on va retenir des centaines de personnes. On veut de vraies décisions. Pas du flanc. » Car, non, les dernières mesures du président de la République n’ont pas satisfait les manifestants. « Ce n’est pas seulement l’annulation de la hausse des taxes pour 2019 que l’on veut, lance un jeune boulanger. Il faut aussi revenir sur celles déjà mises en place. » Un de ses camarades ajoute : « Cette révolution, on l’a commencée, on va la finir. »

« Insultant pour le peuple »

L’attitude du gouvernement et du président de la République révolte toujours les manifestants :

Ils continuent à se foutre de nous. Ils profitent du mouvement pour nous faire des coups par derrière. Tout ça, c’est insultant pour le peuple, pour notre intelligence, pour notre dignité.

Joël Lebègue y va de ses propositions : « En premier, il faut augmenter les retraites et supprimer les taxes sur les successions. Ensuite, il faut retirer la CSG à tout le monde. Enfin, il faut revenir sur les mesures qui ont détruit tous les corps de métier. Regardez les taxis, ils travaillent aujourd’hui et seront payés dans trois mois. »

À Paris, « ça va être une catastrophe »

Si certains assurent que tout se passera dans le calme, encore ce week-end, à Rodez, d’autres ne sont pas aussi catégoriques : « On conseille aux parents de ne pas venir avec leurs enfants. » En revanche, tous ont les yeux rivés vers Paris. Selon eux, « un appel national à prendre les armes a été lancé » : « Ça va être une catastrophe, je vous le dis, s’alarme Joël Lebègue. Le sang va couler. »



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