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Christophe Saint-Pierre, maire de Millau. - ©adn12

Par Yannick Périé
Le 05 décembre 2018

Début juillet 2018, le CHU de Montpellier a décidé unilatéralement de mettre fin à la direction commune engagée en 2012 avec l’hôpital de Millau. Un divorce qui sera effectif le 4 janvier 2019. Après cette date, le CH de Millau se retrouvera donc livré à lui-même, avec ses 5,5 M€ de dette annuelle estimée en 2018 et ses 36,5 M€ de dette cumulée. Quelles options sont envisagées ? L’hôpital médian est-il encore d’actualité ? Le point avec le maire de Millau, Christophe Saint-Pierre.

Depuis début juillet, et l’annonce du retrait du CHU de Montpellier de la direction commune, comment les choses ont-elles évolué ?

Ce qu’il faut savoir, c’est que le CHU continue à administrer le centre hospitalier de Millau dans le cadre de la direction commune, puisque la fin de cette direction commune ne doit prendre effet que début janvier 2019. Donc, aujourd’hui, le CHU continue à assurer la direction commune du CH Millau. Pour l’instant il n’y a pas de changement dans le fonctionnement quotidien.

Je ne désespère pas un jour du retour de la gestion du CHU de Montpellier.

Et l’arrêt de la direction commune ne veut pas dire l’arrêt de la coopération médicale. L’un n’est pas le corolaire de l’autre. On a encore des actions qui perdureront au-delà du 4 janvier. Par exemple, aujourd’hui ce sont les services techniques du CHU de Montpellier qui suivent la construction de l’EHPAD Les Terrasses des Causses et ils continueront.

Il faut bien comprendre que nous n’allons pas cesser toute coopération avec le CHU de Montpellier, et d’ailleurs je ne désespère pas un jour du retour de la gestion du CHU de Montpellier. Il ne faut pas oublier aussi que c’est le CHU qui manage le groupement hospitalier de territoire auquel nous appartenons, Saint-Affrique et Millau.

Vous avez rencontré l’ARS il y a quelques jours. Qu’est-il ressorti de cette réunion ?

J’ai rencontré le directeur de l’ARS à deux reprises dernièrement, dont une première rencontre en tête à tête. Le nouveau directeur de l’Agence Régional de Santé a été désigné il y a à peine quelques semaines (Pierre Ricordeau a succédé à Monique Cavalier le 5 novembre, NDLR), et il a formulé le souhait de rencontrer les acteurs du territoire.

Donc je l’ai rencontré une première fois pour évoquer la situation du CH de Millau, et même si j’avais eu Monique Cavalier au téléphone quelques jours auparavant, j’ai refait le point avec le nouveau directeur. Avec pour moi deux sujets immédiats : bien évidemment la situation du CH de Millau et la perspective de sortie de la direction commune, et la situation de deux autres établissements qui aujourd’hui sont aussi en direction commune avec le CHU de Montpellier : l’EHPAD Les Terrasses des Causses et l’hôpital local Maurice-Fenaille.

Le nouveau directeur de l’ARS est convaincu de la nécessité du maintien d’une offre de soins hospitalière publique en Sud-Aveyron.

Sur la situation de l’hôpital de Millau, j’ai trouvé quelqu’un qui était particulièrement à l’écoute. On a échangé très ouvertement et très librement. Il avait déjà une bonne information de la situation millavoise, une bonne vision des relations avec le CHU de Montpellier, et il était parfaitement au courant.

Nous avons évoqué la réunion que nous avions eue en juillet avec Mme Cavalier, sur les options qui étaient celles qui avaient été évoquées au mois de juillet : soit le retour sur la décision du CHU de Montpellier, soit une direction propre au CH de Millau, soit un mode de fonctionnement alternatif avec la perspective d’une administration provisoire. Je sais que le directeur s’est engagé auprès des syndicats, qu’il a reçus mardi dernier, à donner une réponse avant la fin de l’année. C’est une réponse qui lui appartient totalement.

M. Ricordeau m’a donné un engagement fort – et je crois qu’il a donné le même aux syndicats –, c’est qu’il est convaincu de la nécessité du maintien d’une offre de soins hospitalière publique en Sud-Aveyron. La grande crainte des usagers, c’est de dire « ils vont nous fermer les hôpitaux, pour que nous allions à Rodez, à Montpellier ou ailleurs ». Là, le directeur de l’ARS a pour une fois très clairement et avec affirmation dit qu’il était pour une offre de soins hospitalière publique en Sud-Aveyron.

Le second rendez-vous a eu lieu la semaine dernière avec Mme Caussat qui représentait M. Fauconnier, et Arnaud Viala, en tant que parlementaire du Sud-Aveyron. Nous avons déjà assisté à plusieurs réunions avec l’ARS sur ce que pourrait être l’offre de soin future en Sud-Aveyron, et c’est le fameux débat sur l’hôpital médian…

Justement, où en est le projet de site médian entre Millau et Saint-Affrique ? Est-ce une piste réellement envisagée, et envisageable ?

Nous avons renouvelé à l’ARS notre position, celle de véritablement travailler et de nous mettre en perspective sur ce fameux hôpital médian. Pour moi, on est simplement dans une situation de calendrier. Nous avons eu un groupe de travail qui était constitué des directions des deux hôpitaux, des deux présidents de comités de conseil de surveillance, des deux présidents de CME (Commission médicale d'établissement, NDLR), des parlementaires et de la direction du CHU de Montpellier.

Nous avons demandé plusieurs scénarios pour le maintien de cette offre de soins hospitalière publique en Sud-Aveyron et aujourd’hui il nous semble que l’option qui est la plus raisonnable est cette perspective d’hôpital médian. On en est encore loin, mais il y a l’affirmation de cette volonté, que nous avons renouvelée au directeur de l’ARS mardi dernier.

Maintenant, tout le travail reste à faire. Aujourd’hui, c’est notre orientation de choix, il faut désormais que nous ayons un engagement des autorités centrales, notamment du ministère de la Santé, et ensuite que la proposition soit affinée et clairement présentée.

Est-ce que l’on peut évoquer une échéance ?

Cette présentation, il faut qu’elle soit rapide, parce qu’à moment donné il faut que tout le monde ait le même degré d’information. Aujourd’hui, nous n’avons pas le même degré d’information là-dessus, et dans le courant de l’année 2019, il faudrait que l’on s’accorde.

Le conseil de surveillance du CH de Saint-Affrique a adopté une motion à l’unanimité en faveur de l’hôpital médian

Pour pouvoir avancer sur cette perspective d’hôpital médian, se mettre vraiment au travail de la réflexion, il faut qu’on ait un engagement fort des services de l’Etat. Il faut qu’il y ait un feu vert, un top départ, et là, effectivement, il faut que tout le monde soit dans la réflexion et que l’on puisse travailler là-dessus.

Les choses sont évoquées ici ou là, on le sait bien. Je crois même que le conseil de surveillance du CH de Saint-Affrique a adopté une motion à l’unanimité en faveur de l’hôpital médian.

Moi je n’ai pas voulu faire la même chose au conseil de surveillance de Millau, mais nous l’avons clairement évoqué. On sent bien que les directions, les communautés médicales vont plutôt dans ce sens. Et même les usagers, de façon très officielle, lors de la motion votée à l’unanimité à Saint-Affrique. Mais encore une fois, le travail reste à faire.



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