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Stéphane Benezech, juriste au CIDFF, animait une formation sur les cyber violences à Saint-Affrique. - ©ADN12

Par Audrey Barat
Le 03 décembre 2018

Lundi 26 novembre, une quinzaine de participantes ont assisté à une formation sur le cyber harcèlement, dans le cadre du Réseau femmes piloté par la mairie de Saint-Affrique.

Autour de la table, des éducatrices spécialisées, des enseignantes et des infirmières, en activité ou à la retraite, des gendarmes, des élues, toutes confrontées aux problématiques des violences exercées via les réseaux de communication internet.

Un mode de violence nouveau, avec ses codes, son jargon, qui dépassent souvent les professionnels, les parents et les proches des victimes. A l’image d’une participante qui reconnaît « qu’elle a eu la chance de ne pas connaître ce phénomène, mais qu’être parent à l’heure actuelle, c’est très difficile, car même en étant vigilant, la pression du groupe est là ».

D’où cette formation, dispensée par Stephen Benezech, juriste au Cidff (Centre d’informations sur les droits des femmes et des familles) de Rodez, à la Maison de l'éducation populaire de St-Affrique.

La journée nous a permis de faire un état des lieux et de définir clairement les différents types de cyber-violence pour savoir où orienter les victimes, et connaître les différentes sanctions qu’encourent les agresseurs.

Des outils de signalement sont disponibles aujourd’hui pour dénoncer des cas de harcèlement, comme l’a indiqué le formateur : le site internet « signalement.gouv.fr »,  la plateforme « Non au harcèlement », ou encore le numéro vert 0 800 200 000.

Lutter contre la cyber addiction

Alors que l’usage des outils numériques ne cesse de croître, la question de l’addiction aux écrans fait partie intégrante de la question du cyber harcèlement. « En 2014, une étude indiquait que nous consultions 221 fois notre smartphone par jour », indique le juriste. Les réseaux sociaux, facebook, snapchat, instagram deviennent des espaces d’échanges hors des sphères habituelles de socialisation, décuplant ainsi les risques de mauvaises rencontres « virtuelles », et échappant au contrôle des familles et des proches. Les spécialistes du développement de l’enfant s’accordent tous à dire que l’usage des écrans avant l’âge de trois ans est à proscrire. Stephen Benezech le formateur, a également indiqué « la règle des “4 pas” : pas d’écran le matin, pas d’écran pendant les repas, pas d’écran avant de s’endormir, pas d’écran seul dans sa chambre ». Des recommandations parfois difficiles à imposer, tant les outils numériques font partie du quotidien des familles, et même des parents.

Le numérique, sujet de pression dans les familles

Et cela devient un véritable enjeu à l’adolescence : « Dès la 6e les enfants ont tous un smartphone, car s’ils n’en ont pas, ils sont exclus de la sociabilisation. Pour eux et leurs parents, c’est un sujet de pression », reconnaît le juriste, qui fait de la prévention une priorité absolue. « Les parents les plus concernés viennent rarement à nos interventions. On a un vrai problème pour les impliquer. C’est pour cela qu’il faut fonctionner tous ensemble pour faire face à ce problème, et créer un réseau pour transmettre les infos. Cela permet d’avoir une culture commune d’intervention entre les différents acteurs socio-éducatifs et judiciaires », conclut-il, avant de dire au revoir aux participantes, visiblement ravies de cette journée. « A quand la prochaine ? », demande l’une d’entre elles…



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