photos/1261.jpg

Le DIAL a fédéré des énergies et des personnes qui n’ont pas forcément l’occasion de travailler ensemble - ©Le Progrès

Par Audrey Barat
Le 21 novembre 2018

Mardi 6 novembre, Gwen Christensen, chercheuse à l’INRA, a présenté le fruit d’un travail de recherches sur les enjeux de l’agriculture de demain, dans l’amphithéâtre du lycée La Cazotte à St-Affrique. Cette journée s’est déroulée dans le cadre du Dispositif d’innovations agro-écologiques locales, un projet qui a réuni l’ensemble des acteurs du monde agricole du Sud-Aveyron.

Comment augmenter le nombre d’actifs en agriculture pour dynamiser le territoire tout en développant une agriculture durable ?

Telle est la question qui a permis de réunir l’ensemble des acteurs du monde agricole du Sud-Aveyron à travers un Dispositif d’innovations agro-écologiques locales, le DIAL. Une fois n’est pas coutume, « la démarche a fédéré des énergies et des personnes qui n’ont pas forcément l’occasion de travailler ensemble », se félicite Héléne Regours, technicienne de la Chambre d’agriculture, aujourd’hui installée comme éleveuse dans le Lot. Unotec, l’Association des vétérinaires et des éleveurs du Millavois, le lycée la Cazotte, le service élevage de la confédération générale de Roquefort, La Chambre d’agriculture, le Parc naturel régional des Grands Causses et l’INRA ont ainsi apporté leur contribution à cette démarche collective et collaborative.  

Habituellement, on travaille chacun de notre côté sur les mêmes sujets, et on se rend compte qu’en échangeant et en partageant nos réflexions, nos projets, on peut aller encore plus loin. C’est très stimulant

Valoriser la richesse des pratiques

Le collectif a travaillé sur un volet technique, avec des visites d’exploitations innovantes : « Nous avons repéré des agriculteurs qui avaient mis en place des systèmes différents, en terme des pratiques culturales et fourragères, ou de conduites de troupeaux, et qui nous paraissaient intéressantes à étudier, pour faire face aux enjeux de demain ». Douze fermes ont ainsi été visitées par des membres du groupe DIAL, qui rédigeaient ensuite une fiche consignant les observations et les données recueillies sur le terrain, « pour capitaliser toutes ces pratiques et ces savoir-faire qui font le dynamisme de ce territoire », poursuit l’ancienne technicienne Chambre.

Une démarche pour préparer l’avenir

Le deuxième volet du DIAL portait sur la prospective, c’est à dire sur les orientations à prendre pour envisager le futur. C’est une chercheuse de l’INRA, Gwen Christensen, qui est venue présenter le fruit de son travail à St-Affrique, mardi 6 novembre. Son rapport met en lumière les atouts du territoire : une filière lait de brebis forte, une population rurale agricole encore importante, des acteurs économiques dynamiques dans l’agriculture et l’agro-alimentaire, et une volonté politique de maintenir de la surface agricole, inscrite dans le Scot. La région se caractérise donc par un secteur agricole dynamique, façonné par l’ovin lait, mais dont l’évolution questionne, avec des phénomènes à prendre en compte, comme l’agrandissement des exploitations et leur faible transmissibilité, l’abandon et la fermeture des milieux agro-pastoraux, la diminution de la population active, la raréfaction des services publics, la standardisation de la production laitière, l’intensification des systèmes de production en déséquilibre avec les ressources du milieu, et les aléas météorologiques liés au changement climatique. 

Poursuivre l'aventure  commune

« Notre territoire est riche, et très hétérogène, en terme de systèmes, de climat, de pluviométrie. Sur une même ferme, on peut avoir des terres avec des capacités agronomiques différentes, alors c’est difficile de donner des conseils généraux. Le DIAL nous a donné des outils pour réfléchir, se questionner sur les pratiques agricoles, et partager les expériences individuelles, pas pour donner des solutions toutes faites. », rajoute Joël Thomas, conseiller à la Chambre d’agriculture du Sud-Aveyron, qui se félicite lui aussi de la richesse des échanges que ce projet a impulsé. Sans surprise, le rapport de la chercheuse de l’INRA conclut sur « la nécessité de poursuivre cette démarche collective », un constat partagé par les différents participants. Le groupe DIAL se donne jusqu’à la fin de l’année pour établir un plan d’actions et poursuivre cette aventure commune. 



Recevoir notre Newsletter
S'abonner
News letter

Recevez l'info quotidiennement et gratuitement !

Se connecter



Pas encore de compte ? Cliquez-ici !