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Manon Combes joue avec Jacques Weber dans Tartuffe de Molière dans une mise en scène de Peter Stein. - ©ADN12

Par Benoît Garret
Le 16 novembre 2018

Dans quelques heures, elle sera à nouveau sur les planches du Théâtre de la Porte Saint-Martin à Paris pour incarner Dorine, la soubrette qui tire les ficelles dans le Tartuffe de Molière. Manon Combes revient sur sa carrière de comédienne et sur ses attaches familiales en Sud-Aveyron, notamment dans la vallée de la Sorgues où elle a passé toutes ses vacances.

« Couvrez ce sein, que je ne saurais voir. Par de pareils objets les âmes sont blessées. Et cela fait venir de coupables pensées. » Cette réplique culte du grand répertoire classique du théâtre français est connue de tous. Manon Combes, dans le rôle de la servante Dorine, reçoit cette tirade chaque soir de la bouche de Pierre Arditi qui incarne Tartuffe… un faux dévot.
Dans cette célèbre comédie, Molière crée un personnage dissimulateur et sournois, qui fait perdre toute raison à Orgon (Jacques Weber), le maître de maison. Entiché jusqu’à la folie de son Tartuffe (Pierre Arditi), qu’il a recueilli chez lui, il se moque des mises en garde de son épouse (Isabelle Gelinas), son fils, son beau-frère et sa servante (Manon Combes donc). Aux yeux d’Orgon, et en dépit de tous, Tartuffe est le plus fervent des dévots, et le meilleur des hommes. La raison semble perdre le combat contre l’imposture… jusqu’au dénouement final.
Au milieu de cette famille honnête et paisible troublée et désunie par la seule présence d’un étranger hypocrite, la servante Dorine tire les ficelles de l’intrigue et alerte ses maîtres. Un rôle qui ravit Manon Combes, attablée dans un café voisin du Théâtre de la Porte Saint-Martin à quelques heures de la représentation du vendredi 12 octobre :

Ce type de personnage a une place particulière dans les œuvres de Molière, il sert à relancer l’intrigue. Habituellement, ce rôle de Dorine est confié à des actrices plus âgées. Je suis donc très touchée que Peter Stein, à la mise en scène, me l’ait offert.

« Manon est une future grande », souligne Jacques Weber

A écouter Jacques Weber qui ne tarit pas d’éloges sur la jeune Manon Combes rien d’étonnant :

Manon est une future grande et je ne suis pas le seul à le penser. Stein a eu le culot de lui donner un “petit” rôle qui est d’habitude attribué à des comédiennes confirmées. C’est un défi pour elle et aussi pour lui. Et ça fonctionne plutôt bien. Il est à noter la force de travail que Manon met sur ce rôle.

Il faut dire que depuis ses débuts sur les planches, Manon Combes est à bonne école.
Née à Mazamet dans le Tarn, d’un père originaire de Millau et d’une mère originaire de Saint-Affrique (famille Zuliani), Manon Combes suit d’abord des études de Sciences politiques à Toulouse avant (à 18 ans) de se tourner vers une formation dans le théâtre à Paris, ce qui semble une évidence pour elle aujourd’hui :

J’ai commencé au Cours Florent et au Conservatoire d’art dramatique du 10e arrondissement (de 2005 à 2008), avant de réussir le concours du Conservatoire national supérieur d’art dramatique (2008 à 2011).

Ensuite, au fil de belles rencontres, elle enchaîne les rôles sur les planches dans des pièces de Tchekhov, Shakespeare, Molière notamment Le Bourgeois Gentilhomme mis en scène par Denis Podalydes, Labiche… au théâtre du Chatelet, aux bouffes du Nord, à l’Odéon… ou encore à l’écran dans « Les Fausses confidences » de Luc Bondy.

Premier rôle dans « Les Petites Reines »

Plutôt habituée aux rôles classiques et au grosses productions, Manon Combes a tenu deux années durant (en 2017 et 2018) le premier rôle dans « Les Petites Reines ». Une adaptation du roman de Clémentine Beauvais par Rachel Arditi (petite sœur de Pierre) et Justine Heynemann. Du théâtre contemporain qui balaie les thèmes du harcèlement, de la beauté, du rapport au corps et de l’adolescence. Trois filles élues « boudins de l’année » sur Facebook par leurs camarades de collège n’ont pas l’intention de se lamenter sur leur sort. Elles comptent bien rallier Bourg-en-Bresse à Paris… en vélo… pour s’incruster à la Garden-Party de l’Elysée.
Une épopée à vélo qui a rappelé à Manon Combes ses échappées à bicyclette dans la vallée de la Sorgues, de Versols à Latour-sur-Sorgues, ses vacances passées chez ses grands-parents, au centre de loisirs du Rial à Vabres-l’Abbaye ou encore avec les enfants de Dominique (sa tante, née Zuliani) et Eric Bertrand, lesquels ne manquent jamais une occasion de monter à Paris pour aller voir Manon sur les planches.

Jusqu’au 14 janvier 2019

Si vous passez par la capitale, vous pourrez voir Manon au Théâtre de la Porte Saint-Martin jusqu’au 14 janvier 2019. Ensuite, cette talentueuse comédienne se glissera dans la peau d’Eliante dans Le Misanthrope de Molière, dans une mise en scène de Peter Stein à partir du 13 février 2019 au Comédia (dans le 10eà Paris).
 
Tartuffe de Molière. Mise en scène de Peter Stein. Du mardi au vendredi à 20 h, samedi à 20 h 30, dimanche à 16 h. Théâtre de la Porte Saint-Martin, 18 boulevard Saint-Martin, 75010 Paris, Métro Strasbourg-St-Denis. Réservations sur www.portestmartin.com

Le Rougier et le Larzac à l’honneur

Manon Combes qui connaît bien le Sud-Aveyron, où ses parents sont nés, a coréalisé (une première pour elle) un film l’été dernier avec Justine Bachelet. Ce court métrage de 14 minutes a été tourné entre le Rougier de Camarès et La Couvertoirade et le Larzac. Intitulé « Il est avec nous », il raconte l’histoire de deux jeunes femmes (dont Manon à l’écran) qui se baladent sur le Larzac pour se souvenir de quelqu’un qu’elles viennent de perdre… et en chemin elles font des rencontres. Dans toutes les belles histoires, tout est souvent affaire de belles rencontres.



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