jeu. Juil 18th, 2024

Le salaire horaire minimum légal pourrait faire plus de mal que de bien. La Cisl en est convaincue, qui milite pour que le salaire minimum soit toujours et uniquement de nature contractuelle. Pour le syndicat via Po, il est urgent de s’attaquer à la question du salaire et de la pauvreté au travail, mais sans se faire d’illusions sur le fait qu’un salaire fixé par la loi peut résoudre des problèmes qui ont des origines différentes et des réponses possibles à différents niveaux. C’est pourquoi il présentera aujourd’hui un Manifeste en 13 points indiquant les différents domaines dans lesquels agir. Il ne s’agit pas d’un exercice de « benalisme », mais d’une tentative d’échapper à la simplification et de regarder la réalité dans toute sa complexité. Si nous voulons vraiment lutter contre les poches de précarité et de mauvais travail, nous devons commencer par mettre l’accent sur le système d’éducation et de formation et sur les politiques actives, qui ont été négligées pendant des années », explique Luigi Sbarra, chef de file de la CISL, « Le passage d’une protection uniquement sur le lieu de travail à une protection sur le marché du travail n’est pas un slogan, mais une exigence de plus en plus centrale pour aborder les transitions de l’école au travail et d’une profession à l’autre ». Et c’est surtout sur ces différents aspects que nous devons faire avancer les choses, ce que la CISL appelle le « statut de la personne sur le marché du travail ».

Le Manifeste part donc – et il ne peut en être autrement – de l’école et de la formation, pour lesquelles il demande un investissement et un soutien accrus, car le travail médiocre est souvent le résultat d’une préparation insuffisante, d’abandons scolaires et d’échecs en matière d’éducation et de formation, qu’il faut s’efforcer de prévenir. Dans le même ordre d’idées, le rapport demande que le système dual avec les trois types d’apprentissage soit structuré et qu’il fasse l’objet d’incitations. Cela se poursuit par une meilleure orientation scolaire et universitaire, notamment en favorisant l’enseignement technique supérieur et les diplômes de type Stem. Les apprentissages extrascolaires, très utilisés en particulier par la Garantie pour la Jeunesse, qui souvent n’ont pas produit de formation professionnelle efficace mais ont expiré en raison d’abus réels, méritent une discussion séparée. Pour le CISL, ils doivent donc être mieux ciblés afin de faciliter efficacement l’insertion professionnelle. Cependant, la formation est un domaine qui ne peut et ne doit pas concerner uniquement les jeunes ou ceux qui entrent sur le marché du travail, mais doit être généralisée et concerner l’ensemble de la vie du travailleur pour assurer la mise à jour de ses compétences et renforcer son employabilité. Concrètement, il s’agit de renforcer l’action des organismes bilatéraux et d’affirmer la formation continue comme un droit individuel dans les conventions collectives. Enfin, il est nécessaire d’activer réellement les « politiques actives » évoquées dans toutes les réformes du travail et de la protection sociale de ces dernières années, mais qui sont toujours restées le cendrillon du système public. En ce qui concerne les questions plus strictement contractuelles, la CISL souligne la nécessité de « lutter contre les contrats de travail discontinus et les contrats à durée déterminée de courte durée », tandis que des mesures incitatives devraient être prises pour favoriser l’équilibre entre la vie professionnelle et la vie privée et la formation continue. travail intelligent, amélioration des conditions de travail dans les secteurs à forte intensité de main-d’œuvre et protéger les travailleurs indépendants par une compensation équitable. La confirmation structurelle de l’amortisseur social (l’Iscro) et son intégration dans les politiques actives sont également souhaitées. Enfin, véritable cheval de bataille de la CISL, la participation des travailleurs dans l’entreprise doit être encouragée tant sur le plan de la gestion que sur le plan économico-financier. Dans ce cadre général, selon la CISL, le « salaire minimum ne peut être que de nature contractuelle ».

La négociation nationale, qui couvre déjà 97 % du travail privé, « devrait être étendue secteur par secteur, non seulement en ce qui concerne les niveaux de salaire, mais aussi en ce qui concerne les congés, les augmentations d’ancienneté, les primes de rendement, la protection sociale intégrative, la bilatéralité ». Au contraire, « la définition d’un minimum légal ne produirait pas d’effets positifs dans les entreprises innovantes et compétitives, qui reconnaissent déjà des niveaux de salaires plus élevés que ceux proposés, tandis qu’elle risquerait de déconstruire le système contractuel et d’individualiser les relations de travail dans les entreprises à faible valeur ajoutée et à faible productivité, avec des salaires moyens plus bas, un découragement des renouvellements de contrats et une poussée vers le travail irrégulier pour les travailleurs les plus fragiles sur le plan professionnel », explique le texte. Voilà pour les 13 points du Manifeste de la CISL. Peut-être pourrait-on en ajouter un autre, à notre avis décisif : une plus grande vigilance syndicale à l’égard des contrats d’externalisation, avec une solidarité proactive des travailleurs des maisons-mères avec leurs « collègues » des coopératives et des petites entreprises de sous-traitance. C’est là que se cache une grande partie de la main-d’œuvre pauvre et sous-payée : non pas cachée dans une cave, mais à côté de nous, les travailleurs « garantis », dans les fonctions mal protégées.

By Nermond

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