Rodez. Quand artisans et photographe s’entraident pendant la crise

Le photographe professionnel Fabien Marcorelles et les artisans de la boutique du Bal des créateurs se sont serrés les coudes pendant la crise en se faisant travailler mutuellement pour promouvoir leur art. Portrait de professionnels solidaires qui ne se laissent pas abattre.

Florence et Fabien ont travaillé dur pendant deux jours... ce qui leur convient parfaitement ! Photo : DR

La boutique du Bal des créateurs, située rue du Bal à Rodez, est fermée depuis le confinement. Idem pour le studio de Fabien Marcorelles, photographe, qui ne peut plus recevoir de visiteurs. C’est au détour d’une allée de Station A qu’ils ont décidé de s’entraider en profitant des portes closes de la boutique pour photographier les dizaines d’objets d’arts, offrant à leurs créateurs de belles images à mettre en avant, notamment sur Internet.

Voisins coworkeurs

Le Bal des créateurs est ouvert en click&collect. ©ADN12

Florence Olmi, une des rares mosaïstes professionnelles d’Aveyron, a quitté son atelier de Cransac pour s’installer à Station A en septembre dernier. « J’avais besoin de me rapprocher professionnellement des gens » explique-t-elle. Mosaïste depuis 10 ans, en temps normal elle organise des ateliers d’initiation, des interventions dans les écoles ou les EHPAD. Elle gère aussi la boutique en tant que présidente de l’association Le Bal des créateurs.

Fabien, lui, a emménagé dès l’ouverture du coworking de Station A en juin dernier. Photographe professionnel depuis 5 ans, il a installé son studio pour développer l’activité de photos de familles, de grossesses, de portraits… « Je dis souvent à mes clients : la photo que vous faites aujourd’hui, elle sera regardée par vos petits-enfants dans des dizaines d’années » rapporte Fabien pour expliquer que ces photos de familles sont une manière de créer du lien devant l’objectif, mais aussi longtemps après la séance.

Fabien a dû s’adapter pour chaque objet.

C’est en discutant, entre coworkeurs désœuvrés, que l’idée leur est venue : pourquoi ne pas faire appel à Fabien pour mettre en avant les objets de la boutique ? Sur la vingtaine d’artisans exposés, une dizaine s’est prêté au jeu du shooting de leurs créations, ce qui a tout de même demandé deux jours et demi de travail au photographe. D’autant que la variété des sujets était au rendez-vous : « il y avait des poteries, des textiles, de la maroquinerie, des bijoux qui brillent et accrochent la lumière, d’autres qui ne brillent pas…» résume Florence.

Entraide entre « professions non-essentielles »

Car la fermeture des commerces jugés non-essentiels laisse le temps aux professionnels de travailler leur communication en ligne. Un bon moyen aussi pour Fabien, rémunéré pour cette mission, d’ajouter à son book ce travail de photographie. L’occasion aussi pour le Bal des créateurs d’enrichir ses pages Facebook et Instagram pour mettre en avant les créations, notamment avant les fêtes de Noël. « N’attendez pas la cohue des fêtes ! » insiste Florence. « Pour le moment on a le temps d’emballer, de faire de jolis paquets cadeaux. Et puis ce sont des pièces uniques, il ne faut pas attendre sinon celle que vous avez repéré risque de partir… » prévient la mosaïste.

Une belle initiative qui montre que l’esprit de solidarité, de débrouillardise et la valeur travail ont toujours cours en Aveyron, même pendant la crise…

Beret Mohair et étole de la ferme aux doux mohair. Photo ©Fabien Marcorelles