Rodez. Sale période pour les brasseries locales

La Brasserie de l'Aveyron, comme tous les fournisseurs de boissons, subit de plein fouet la situation sanitaire actuelle. Après un confinement difficile et l'annulation de nombreux évènements sportifs, , la fermeture des bars est un nouveau coup de massue pour ce fournisseur qui peut heureusement compter sur la grande distribution et les épiceries.

Installée sur la zone de Bel Air et connue pour la diversité de ses bières B12 brassées localement, la Brasserie de l’Aveyron existe depuis environ cinq ans. Quatre personnes la font tourner, dont Thierry Lassauvetat, Jocelyne et Laurent Molinié, les trois fondateurs.

Pour Thierry Lassauvetat, c’est évidemment une « drôle de situation » : lui qui propose sa bière aussi bien dans les bars et les restaurants que pour des événements sportifs ou associatifs, la période est « assez dure, mais on fait tout ce qu’il faut pour subsister ».

– 65% d’activité pendant le confinement

Comme pour beaucoup, le confinement a creusé les finances de l’entreprise avec une perte de 65% de l’activité. Heureusement, cette dernière a pu compter sur les grandes surfaces et les épiceries pour garder la tête hors de l’eau.

« L’été a été correct » estime le gérant, « le même que l’an dernier » malgré les annulations d’événements en cascade. « On a eu beaucoup de touristes en Aveyron, les gens ont consommé un peu plus local » analyse Thierry Lassauvetat, qui fait écho aux témoignages des restaurateurs.

La brasserie continue de tourner… au ralenti. Photo : Brasserie de l’Aveyron

Le gérant reste satisfait du mois de septembre, malgré une petite baisse due aux annulations d’événements associatifs et sportifs : « on travaille pas mal avec les associations, les comités des fêtes, les clubs sportifs de tir, de trail… ».

« On a réussi à sauver les meubles parce qu’on est local et artisanal »

La fermeture des bars et le couvre-feu sont un « coup de plus » pour ce gérant qui enregistre de grosses baisses pour le mois d’octobre, même s’il est encore trop tôt pour en connaître les conséquences exactes : « ça va correspondre à 25% de pertes, à peu près » estime-t-il.

Un avenir incertain

Les bières se placent de plus en plus souvent au pied du sapin. Photo : Brasserie de l’Aveyron

Pour cet hiver, l’équipe veut rester positive. « L’hiver est déjà une période creuse pour nous, à part Noël qui nous fait bien travailler avec les cadeaux : cette année, je pense que ça ne va pas changer, les gens feront encore leurs achats » estime le gérant qui, si reconfinement il y a, préfèrerait qu’il ait lieu après les fêtes plutôt qu’avant. Mais surtout pas au printemps, ce qui serait encore pire selon lui…

Il s’inquiète aussi de la fermeture des bars, en se demandant combien de temps celle-ci durera. « On est comme tous les Français, on a du mal à comprendre certaines décisions mais on essaye de rester positif » affirme Thierry qui estime qu’il faudrait peut-être mieux faire respecter les recommandations déjà en place, avant de fermer les établissements.

« S’il y a un reconfinement dans notre profession, c’est la mort de pas mal de brasseries artisanales, on espère ne pas être dans le lot »

S’affirmant « solidaire avec les restaurateurs », le co-gérant de la Brasserie de l’Aveyron continue tout de même d’aller chercher de nouvelles parts de marché. « On a de la chance d’avoir pas mal d’épiceries et de GMS [grandes et moyennes surfaces, ndlr] qui, elles, tournent bien » rappelle ce dernier.

Depuis quelques temps, Thierry se concentre d’ailleurs sur le démarchage de nouveaux clients dans cette catégorie pour compenser la perte des autres. La brasserie qui se développait déjà sur des départements limitrophes va maintenant chercher à trouver de nouveaux marchés à Montpellier ou Béziers… en attendant la suite des événements.

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