Handball. « On nous met à mal en fermant les gymnases » (Benoit Courtin, Président du ROC)

Le handball, comme les autres sports en salle souffre de la fermeture des gymnases depuis que le département a été placé sous couvre feu... Pas d'entraînement, ni de match à domicile pour le ROC handball, qui a déjà 4 matchs de retard à son compteur. Une situation qui désole le président du club, Benoit Courtin.

Le Président du ROC, Benoit Courtin, est très touché par les nouvelles mesures annoncées. @ADN12

Quel a été votre première réaction, lors de l’annonce du passage de l’Aveyron sous couvre-feu ?

Elle a été triple : une authentique colère, de la frustration, et de l’énergie. Qu’on soit bien clair, je suis un président responsable. Et mes pensées vont à toutes les personnes malades, aux EHPAD, et à tous les personnels soignants. Mais en conscience, parce que je suis parfaitement au courant de la situation sanitaire sur le département, en tant que DRH, je ne comprends pas. 

Expliquez-nous pourquoi vous avez d’abord ressenti de la colère et de la frustration ? 

Parce que l’on suit à la lettre, depuis des mois, toutes les recommandations émanant de nos instances. On a pris acte du confinement et de la fin du championnat. Puis, on a entendu qu’il fallait que le sport reprenne, et on a géré cette reprise. En investissant de l’argent, pour acheter du matériel pour protéger nos joueurs. En formant une référente Covid, pour qu’elle puisse travailler avec les différents collectifs… Et on était content, car notre taux de licence était sensiblement égal à celui de l’an dernier. On a joué le jeu. Et là, on nous met à mal avec la décision de vendredi de fermer les gymnases ! Ne tuez pas notre club, nous sommes innocents ! 

“Il y a donc une inégalité de traitement Et un risque pour la santé et l’intégrité physique de nos joueurs”

On vous sent touché par ces décisions ? 

Clairement, j’espère que l’on ne tuera pas nos équipes, dans le cadre du championnat. Prenons la poule de N2 des garçons. C’est ubuesque. Sur 12 équipes, 6 peuvent continuer à s’entraîner et à jouer à domicile. Alors que 6 ne le peuvent pas, et doivent avoir des reports de matchs… Il y a donc une inégalité de traitement. Donc, là, il y a un risque pour la santé, pour l’intégrité physique de nos joueurs. En N2, ce sont normalement 4 entraînements par semaine… Et puis, il y a un flou dans les annonces faites notamment concernant les gymnases. 

C’est-à-dire ? 

Dans le décret, il est évoqué une dérogation pour les gymnases, pour les mineurs encadrés. Donc, ce qui voudrait dire que les collectifs de jeunes encadrés pourraient s’entraîner. Mais on a eu des infos contradictoires, nous disant que personne ne pouvait aller dans les gymnases… Donc, pour l’instant, lundi, nous n’accueillerons pas nos jeunes, en attendant d’avoir des éclaircissements. Et puis on regrette surtout le manque de concertation. Ni la présidente du comité, ni le club n’ont été contactés. Et on comprend mieux les décisions si elles ont du sens. On est quand même le plus haut niveau de jeu en handball sur le département. Et, en N2, on a 4 sportifs de haut niveau, avec nos joueurs du Pôle Jeunes. Et normalement, là, il y a une dérogation. Donc, j’espère vraiment avoir une discussion avec la préfecture, la semaine prochaine. 

“Que l’ARS me démontre qu’on peut être un risque de cluster !”

Avec l’envie de lui faire des propositions ?

Oui. De maintenir les entraînements et les matchs à domicile à huis-clos. Nos 20 garçons, et nos 20 filles sont testés régulièrement, et soumis à un protocole sévère. Donc, que l’ARS me démontre qu’on peut quand même être un risque de cluster ! On agit en acteur responsable depuis le début. On a géré, même quand on a eu des cas positifs ou des cas contacts. Et tout s’est bien passé. 

Et financièrement, il y a des risques pour le club ? 

On fait très attention, en bon aveyronnais ! Mais on est quand même assez impacté. N’ayant pas de matchs, pas de réception partenaire, ni de buvette. On limite les coûts au maximum, et on utilise les dispositifs légaux mis en place. D’ailleurs, je tiens à souligner le lien étroit et constant entretenu avec les mairies de Rodez et d’Onet le Château. Leur soutien sans faille nous porte dans notre action.