Aveyron. « Un éleveur perd en moyenne 150 € par animal vendu ! »

@ADN12_archives

La morosité économique ambiante n’épargne pas les agriculteurs… et notamment les éleveurs bovins aveyronnais, qui sont frappés de plein fouet par la baisse du cours des broutards sur les marchés internationaux…

« La situation devient insoutenable pour les éleveurs bovin viande »

Des prix en chute libre

Depuis plusieurs semaines, le prix de vente des bovins destinés à l’export, les fameux « broutards », baisse en effet de façon vertigineuse…

« Déjà cinq semaines que le prix baisse. A ce jour, cela équivaut à une diminution de 25 centimes d’euros du kilo. Si l’on compare les prix sur la même période l’année dernière, ils sont 35 centimes d’euros plus bas. Un éleveur perd en moyenne 150 € par animal vendu. »

(FDSEA-JA 12)

Selon les syndicats locaux FDSEA et Jeunes Agriculteurs, le cours des « veaux gras » suit la même tendance, avec une perte de 15 à 30 centimes d’euros par kilo par rapport à 2019.

Pourquoi ?

Le président de la FDSEA 12, Laurent Saint-Affre. @ADN12_archives

« Les prix pratiqués ne correspondent pas à la réalité du marché » regrettent les syndicats agricoles aveyronnais, qui estiment même que le marché est en hausse, prenant l’exemple de l’Italie, le principal acheteur de nos broutards, qui enregistre selon eux une augmentation de 1% de ses importations ces deux dernières semaines… « En septembre, ce pays avait acheté autant de broutards que durant l’ensemble de l’année 2019. »

« La demande semble donc être en hausse, mais le prix d’achat aux éleveurs baisse. Les éleveurs s’interrogent alors sur qui profite de la situation et s’enrichit »

(FDSEA-JA 12)

Une inquiétude grandissante d’autant que les coûts de production seraient plutôt eux sur la courbe ascendante, notamment pour ce qui concerne l’alimentation des bêtes (paille, fourrage…).

Des intermédiaires gourmands ?

En Aveyron, les JA et la FDSEA sont allés à la rencontre de Bévimac et Unicor, deux organisations de producteurs spécialisées dans l’exportation de broutards. « L’une comme l’autre semblaient désarmées face à l’attitude de certains intermédiaires italiens qui exigent à la fois de la qualité et des prix bas, trop bas » regrettent les organisations syndicales.

« Les éleveurs ne peuvent pas être éternellement la variable d’ajustement »

Alors que l’agriculture perdrait 2% de vaches chaque année selon les chiffres de SPIE-BDNI (Institut de l’Elevage), et sous pression des syndicats , le ministre de l’Agriculture a réuni les principaux exportateurs et les représentants de la Fédération Nationale Bovine le 16 octobre dernier lors d’un déplacement dans le Puy-de-Dôme, pour tenter de trouver une solution.

« Julien De Normandie a donné trois semaines aux exportateurs pour trouver des solutions. Il a demandé à ce que de nouveaux débouchés soient trouvés et a insisté pour que les qualités des bovins français soient mises en avant : qualités sanitaires, traçabilité, génétique… » rapportent les organisations aveyronnaises, qui appellent d’ici là les éleveurs aveyronnais à « faire de la rétention d’animaux maigres pour essayer de peser sur le marché »…