Rodez. Les restaurateurs manifestent : « Ne nous laissez pas seuls »

Photo : Coq de la place

Ils étaient une centaine sur la place d’Armes à avoir bravé le vent pour se faire entendre ce mercredi 21 octobre, dès 22h. Restaurateurs, cafetiers, hôteliers, traiteurs… de Rodez et son agglomération, mais aussi de Rieupeyroux, de Ségur, de Millau, ou de Laguiole… tous là pour réagir aux nouvelles directives de la Préfecture, obligeant bars et restaurants à fermer à 22h dans plusieurs villes d’Aveyron. Leur message : « ne nous oubliez pas ».

« On veut juste dire qu’on peut bosser »

Benjamin Berges du Coq de la Place a livré une vidéo sur Facebook faisant témoigner quelques confrères :

« Ce rassemblement, c’est une première approche pour dire : ne nous laissez pas seuls » insiste Benjamin lorsqu’on lui demande pourquoi il est là. Il exprime son ras-le-bol et pense aux confrères qui, contrairement à lui, n’ont pas pu recommencer à travailler après le confinement. « Dans la restauration, on a la réputation professionnelle de fermer nos gueules et de bosser, mais là, on nous enlève notre droit de travailler » insiste le chef. Alors les voilà dans la rue, même après 22h.

Vers un couvre-feu ?

Les reproches qui reviennent le plus : l’absence de consignes claires et l’absence de perspective à long terme, qui empêchent les restaurateurs d’investir et d’entreprendre leurs commandes auprès des fournisseurs : « on ne fait plus notre métier, on est là a regarder nos comptes, à se demander si ça vaut le coup d’acheter ci ou ça… on demande de la clarté » insiste Benjamin en pensant à tous les autres professionnels impactés dans les secteurs de l’évènementiel, de l’hôtellerie, des discothèques, mais aussi les traiteurs, les brasseurs ou les cavistes.

« On fait marcher le pays aussi » 

Et la situation est aussi frustrante pour les clients qui, eux, veulent consommer mais se trouvent mis à la porte à 22h. « Il y a du monde, les clients sont là, ils en ont besoin ». Et lorsqu’on lui demande s’il estime qu’il faudrait plus d’aides financières, il rétorque : « mais il faudrait déjà qu’elles arrivent ! Certains n’ont toujours rien touché ».

D’autres actions seront peut-être organisées par les propriétaires de restaurants, de bars et d’hôtels du département, notamment après les annonces de Jean Castex, prévues pour demain jeudi 22 octobre. Benjamin Berges redoute un couvre-feu national qui finira d’achever les restaurateurs : « ça va être un cataclysme »…

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