Enquête. Les Aveyronnais dépensent 7% de moins que la moyenne des Français

Les comportements d'achat des ménages aveyronnais en chiffres : c'est la dernière étude commandée par la CCI de Rodez. Décryptage.

Les marchés ont toujours la cote en Aveyron. ©ADN12

Qui consomme quoi et où en Aveyron ? Entre mai et octobre 2019, 20 000 ménages ont été interrogés en Occitanie, et plus particulièrement 1 349 en Aveyron, pour comprendre leurs habitudes particulières de consommation. Une enquête réalisée par AID Observatoire sur commande de la CCI.

Les Aveyronnais dépensent moins que la moyenne des Français

Dépenses annuelles de consommation des ménages de l’Aveyron. Source : enquête consommation Occitanie 2020

Les Aveyronnais dépensent 12 075 € par an et par ménage, soit 7% de moins que la moyenne française. 52% de ces dépense sont alimentaires, tout comme le reste des ménages français moyens.

En 2020, les ménages aveyronnais dépensent aussi plus qu’en 2014, notamment en ce qui concerne l’alimentation (+9%), le bricolage et le jardinage (+9%). Cette hausse s’explique en partie par l’augmentation du nombre de ménages qui se sont installés dans le département depuis 2014 : +3,2%.

L’Aveyron a gagné en population depuis 2014. ©ADN12

Les Aveyronnais font surtout leurs courses en supermarché

Les Aveyronnais sont plutôt fidèles aux supermarchés pour l’alimentaire et aux grandes surfaces spécialisées pour le reste. Ils restent cependant de grands amateurs de marchés et circuit court, en comparaison à la moyenne nationale. Pourtant, depuis 2014, ils ont plus tendance à se tourner vers les grandes surfaces ou les « drive » et à faire des infidélités aux marchés de plein air.

Circuits de distribution fréquentés par les ménages aveyronnais : produits alimentaires.

Les Aveyronnais consomment en Aveyron… sauf en ligne

Pour les achats alimentaires, les Aveyronnais restent en Aveyron. Mais pour le reste, c’est clairement la vente en ligne qui est la grande gagnante : elle représente 11% de part de marché, notamment pour l’achat de vêtement, bijoux, électroménager, hifi ou encore téléphonie. « Elle se substitue aux déplacements que les consommateurs peuvent faire » explique Myriam Magan, chef de projet à AID Observatoire.

« Les dépenses des ménages aveyronnais sur la vente en ligne correspondent environ au chiffre d’affaire du centre-ville de Rodez »

Dominique Costes, président de la CCI. Photo : Facebook Initiative Aveyron

Dominique Costes, président de la CCI de Rodez, la qualifie de « nouvel ogre qu’on ne sait pas gérer « : « c’est l’attractivité globale du territoire qui est en jeu » a-t-il insisté.

Concernant justement les chiffres d’affaires des principales agglomérations aveyronnaises :

  • celui des communautés de communes Aveyron Bas Ségala Viaur, du Pays Rignacois et des Causses à l’Aubrac est en forte augmentation,
  • celui de l’agglomération de Rodez, des communautés de communes de Millau, de St Affrique et de Decazeville augmente,

« 1/3 du chiffre d’affaire du département est généré par l’agglomération de Rodez »

  • celui des communautés de communes Aubrac, Carladez et Viadène, de Comtal Lot et Truyère, du Pays de Salars et du Larzac et Vallées est stable,
  • celui des communautés de communes du Plateau de Montbazens et Monts, Rance et Rougier est en baisse,
  • celui des communautés de commune du Pays Ségali et du Réquistanais est en forte baisse.

Et la crise dans tout ça ?

En Aveyron comme sur toute la France, la crise sanitaire et le confinement ont en fait accéléré un certain nombre de nouvelles pratiques déjà observées depuis quelques années : moins de deux personnes sur dix ont changé leurs habitudes de consommation depuis le mois de juin. Le e-commerce, lui, en a bien profité avec une explosion de nouveaux utilisateurs, aussi bien pour les « drive » des supermarchés que pour les autres types d’achat en ligne.

Les grands gagnants restent les supermarchés et la vente sur internet qui ont surperformé pendant le confinement. Le petit commerce tire lui-aussi son épingle du jeu avec un fort rebond de +10% en juin, notamment en culture-loisirs et en optique. Le pic de fréquentation après le confinement des centre-ville et zones commerciales a été atteint début juin. En revanche, depuis la fin juin, il connait une forte baisse…