Covid. Pourquoi ces nouvelles mesures en Aveyron ?

Alors que l'annonce de la fermeture des bars et restaurants à partir de 22h est tombée cet après-midi, la préfète de l'Aveyron Valérie Michel-Moreaux et Benjamin Arnal, délégué départemental de l'ARS, ont expliqué cette prise de décision dans une conférence de presse.

Valérie Michel-Moreaux et Benjamin Arnal dans les salons de l'Hôtel Préfectoral. ©ADN12

Après le passage en état d’urgence sanitaire samedi 17 octobre dernier, la Préfecture de l’Aveyron a annoncé trois grandes mesures de renforcement sanitaire, qui seront appliquées dès demain mardi 20 octobre pour endiguer la progression du virus dans le département. Explications chiffrées.

« C’est à ce jour le taux d’incidence le plus élevé d’Occitanie »

Un taux d’incidence en forte augmentation

« La situation sanitaire se dégrade » : c’est par ces mots que la préfète de l’Aveyron a résumé la situation du département en ce lundi 19 octobre. En effet, le taux d’incidence du virus (calculé en rapportant le nombre de cas à la taille de la population) est en forte augmentation depuis la fin du mois d’août : 12,4 cas pour 100 000 habitants fin août, 27,7 début septembre, 58 mi-septembre, 80 fin septembre. Mais c’est entre le 3 et le 10 octobre qu’il est passé à 180 puis à près de 280 au 19 octobre, le plus élevé de la région.

A noter que cette augmentation brutale du taux d’incidence se retrouve dans d’autres départements ruraux jusqu’ici plutôt épargnés comme l’Ariège ou la Lozère. « Il y a un effet de retard » note Benjamin Arnal.

Taux de positivité 

En revanche, l’Aveyron n’est « que » le huitième département le plus touché de la région quand on regarde le taux de positivité. Il n’empêche qu’il suit la même courbe : 1,4% fin août, proche de 3% mi-septembre, jusqu’à 13,7 % aujourd’hui. Pour l’ARS, pas de doute : « cette évolution traduit une circulation active et forte du virus dans le département, au sein de la population générale ».

Bulletin de l’ARS daté du 16 octobre.

Des clusters qui se multiplient

L’EHPAD Bon Accueil de Rodez en est aujourd’hui à son septième décès. ©ADN12

Ces chiffres s’expliquent selon l’ARS par le nombre de clusters en forte augmentation, notamment dans les EHPAD où les cas se sont multipliés ces dernières semaines. Le milieu étudiant est également pointé du doigt, notamment l’IUT de Rodez et l’Institut de Formation en Soins Infirmiers.

Rien à dire en revanche sur les clubs sportifs si l’on en croit la préfète du département : « le point de vigilance n’est pas là » a-t-elle annoncé en précisant qu’aucun cas de cluster n’avait été à ce jour décelé, « peut-être grâce aux vestiaires qui n’ont souvent pas rouvert ». Idem sur les établissements scolaires où, lycée Beauregard de Villefranche-de-Rouergue mis à part, les fermetures de classes ont été plutôt rares.

« chaque risque pris dans la vie quotidienne, même sans en avoir conscience, met en danger les personnes avec lesquelles nous interagissons »

Si la préfète note que le port du masque est « plutôt suivi en Aveyron », elle incite les Aveyronnais à ne pas relâcher leur vigilance.

Et les hôpitaux ?

Si l’ARS compte 33 personnes hospitalisées en Aveyron, dont trois en réanimation, Benjamin Arnal précise que « le turn-over est important » : « beaucoup partent, mais beaucoup rentrent », et souligne l’augmentation du nombre de patients en médecine conventionnelle (zone Covid) qui a été multiplié par trois pour les hôpitaux aveyronnais. Ces patients obligent les agents hospitaliers à reprogrammer des opérations, mettant les hôpitaux en tension, malgré « l’engagement sans faille » du personnel hospitalier et de toute la chaine médico-sociale mobilisée hors hôpitaux.

« On doit offrir le meilleur service de soin possible au public » 

Bien qu’étant un département en état d’urgence depuis samedi dernier, le couvre-feu n’est pas encore prévu pour l’Aveyron. Cette décision sera prise par le gouvernement lui-même… en fonction de l’évolution des chiffres.