Millau. Un homme de 72 ans condamné pour harcèlement

@ADN12

« Vous n’êtes pas agressif mais vous êtes cette présence constante à proximité d’elle » : ce mercredi 14 octobre, la Présidente du Tribunal de Rodez tente de résumer ce qui est reproché à cet accusé de 72 ans, habitant de l’arrondissement de Millau, poursuivi pour harcèlement sur son ancienne concubine.

14 mains courantes déposées

Des faits répétés, qui se sont déroulés entre décembre 2019 et juillet 2020 : plus de 6 mois pendant lesquels l’homme va suivre partout son ex-compagne, expliquant à la barre « avoir eu du mal à digérer la séparation ».

À 14 reprises, la plaignante a du déposer une main courante auprès des gendarmes, son ex-compagnon étant « sans arrêt là » : se cachant derrière les arbres de sa résidence, sur son parking, dans la cage d’escalier (« surpris en train de regarder par le judas »), et même jusqu’aux cafés et restaurants où elles voient parfois des amis.

Entre inquiétude et fatigue, la victime se fait prescrire un arrêt de travail et refuse d’être présente au procès.  « Elle est trop angoissée et fatiguée pour affronter cela » explique son avocate à l’accusé.

Des « hasards »

Ce dernier, qui a bénéficié de plusieurs rappels à la loi avant d’être convoqué devant le tribunal correctionnel, ainsi que d’un placement sous contrôle judiciaire l’empêchant de se rendre à Millau une bonne partie de la semaine, fait tout pour minimiser l’affaire…

« Je refuse le terme de harcèlement. Ces rencontres sont des hasards… parfois on se suit, c’est tout. De toute façon depuis juillet, j’ai arrêté de passer devant chez elle » tente-t-il d’expliquer maladroitement alors que plusieurs témoignages ne laissent que peu de doutes quant à ses mauvaises intentions.

Suivi psychiatrique

« C’est un harceleur, qui risque de récidiver car il n’a toujours pas compris » prévient le Ministère Public qui insiste sur la nécessité d’un suivi socio-judiciaire dans la peine à prononcer, avec notamment l’interdiction de se rendre à Millau, où vit la victime.

Une interdiction que n’ont finalement pas retenue les juges du tribunal, qui ont condamné l’homme à 6 mois de prison avec sursis probatoire de 24 mois pendant lesquels il devra se soigner et ne plus entrer en contact avec la victime. Il devra en outre lui verser 1 000 euros de dommages et intérêts.