Aveyron. Cécile Remond a su introduire la chèvre angora au cœur de l’Aubrac

Venue de région parisienne il y a 12 ans, Cécile Remond a réussi à implanter un élevage de chèvres angora sur l'Aubrac, en terres bovines. Une femme courageuse qui exerce plusieurs métiers, et qui fabrique sa laine avec l'aide d'une coopérative tarnaise. Elle élève et tient boutique à Cantoin, dans le Nord-Aveyron.

Cécile Remond et son fils Jonathan (ici avec des chevreaux dans les bras) ont une passion commune pour la chèvre angora@ADN12

De Formation horticole, Cécile s’imaginait plutôt en éleveuse de lapins angora, mais c’est finalement vers la chèvre angora, un animal moins fragile et à la filière « mieux organisée », qu’elle se tourne.

« On m’a prise pour une folle ! »

Un voisinage incrédule

Après avoir visité un élevage dans le Carladez, puis quelques autres hors département, l’Yvelinoise démarre il y a sept ans avec un troupeau de 25 chèvres, devant un voisinage incrédule, son propre fils compris.

« Au début on m’a prise pour une folle, tout le monde s’attendait à ce que je me plante. Finalement, devant ma combativité, les gens du coin ont eu une belle ouverture d’esprit. La mairie m’a aidée pour les terrains dans un premier temps, puis pour le local de ma boutique de produits laineux ensuite. »

(Cécile Remond)

La chèvre angora aussi appelée chèvre du Tibet est une race caprine originaire du Cachemire et du Tibet. De petite taille (35 à 50 kg), très rustique, bien adaptée aux régions arides, sa robe est entièrement blanche, aux mèches longues, soyeuses et lustrées. Ses poils servent pour la confection de la laine mohair.

Le bonheur de Cécile au contact de ses animaux. @ADN12

Une activité secondaire mais prenante

 

Deux pâturages pour ce petit élevage : l’un dédié aux chèvres, chevreaux et mâles castrés soit une soixantaine de bêtes, l’autre réservé aux sept boucs. Il s’agit en cela de maîtriser la reproduction avec une seule saillie par an. Ces animaux ayant une espérance de vie entre 12 et 14 ans, le troupeau n’a pas besoin de beaucoup de naissances pour se reconstituer.

Dans sa boutique de Cantoin, Cécile propose des pulls, des châles, des gants, des chaussettes…@ADN12

Confectionner des produits en laine de mohair est un travail de longue haleine, Cécile nous le détaille :

« Ca commence par le soin des animaux pendant les six mois que dure la pousse du poil, puis c’est la tonte durant laquelle on retire des mèches de 8 à 12cm, soit entre 1,5 et 3 kilos par animal. La toison brute doit être nettoyée à l’eau chaude, puis rincée. La laine sera ensuite cardée avec de grandes brosses afin d’étirer et d’écarter les fibres, avant d’être mise au rouet. Il s’agira après de trier en fonction de la finesse du poil, avant d’expédier le tout à notre coopérative qui fera un premier contrôle visuel avant expertise pour un classement définitif de la laine. »

Les catégories de laine varient de 1 à 5 selon la finesse avec de 1 à 4 les textiles haut de gamme, de 3 à 4 pour les chaussettes standard, la catégorie 5 étant réservée aux chaussettes de marche. Tous les adhérents à la coopérative castraise ont signé une charte de qualité et de propreté de la laine.

Jusqu’à la transmission…

Privé d’emploi depuis la crise sanitaire, Jonathan, le fils aîné de Cécile s’occupe aussi des animaux, afin de soulager sa mère qui travaille également à temps plein à l’Office de Tourisme d’Argences en Aubrac.

Les chevreaux sont sous surveillance dans une étable contiguë au domicile de Cécile.@ADN12

Aujourd’hui Cécile fait même un peu référence dans la région, elle va aider une personne à constituer un petit troupeau de douze bêtes du côté de Salers. La tradition veut que les anciens éleveurs parrainent les nouveaux. Une autre personne a également sollicité Cécile pour un stage.