Rodez. EHPAD Bon Accueil : « Sur 8 heures de travail, on est 6 heures non stop en contact avec le Covid ! »

Confronté directement à l'épidémie de Covid, le personnel de l'EHPAD Bon Accueil réclame de bénéficier lui aussi d'une revalorisation salariale de 183 euros, comme le prévoit le Ségur de la Santé pour le personnel soignant hospitalier...

Se faisant "la voix de ses collègues", Régis Rodor, délégué CGT du personnel de l'EHPAD Bon Accueil, voudrait bénéficier d'une revalorisation salariale, comme dans les autres établissements qui ont a affronter la crise Covid. @ADN12

Alors qu’une action se déroulait ce jeudi matin au niveau départemental pour réclamer une revalorisation salariale dans divers secteurs médico-sociaux « oubliés par le Ségur de la Santé », –dont les EHPAD-, le personnel de l’EHPAD ruthénois Bon Accueil, actuellement touché de plein fouet par l’épidémie de Covid, sort à son tour du silence…

« Le Covid : on a le nez en plein dedans ! »

Le personnel d’EHPAD en première ligne

« Les EHPAD ne sont pas pris en compte par le Segur national et nous trouvons cela inacceptable ! Vu la situation actuelle et notamment dans notre EHPAD… » : animateur à Bon Accueil et délégué CGT du personnel, Régis Rodor a accepté de sortir quelques minutes de l’établissement pour se faire « le porte-voix de (s)es collègues »…

« Sur 8 heures de travail, on est 6 heures non stop en contact avec le Covid… C’est une question de charge virale : plus on en prend, plus il y a de risques ! Même si on bénéficie de toutes les protections nécessaires, et que l’on est plutôt « gâtés » par le CCAS et notre Direction dans ce domaine, on est inquiet. On a beau prendre toutes les précautions, on n’est pas à l’abri de ramener le virus à nos proches ! »

(Régis Rodor, Délégué du personnel CGT à Bon Accueil)

Une exposition aux risques qui a pourtant été reconnue au moment du versement de la fameuse prime exceptionnelle de 1 000 euros : « on l’a tous eue grâce au bon vouloir de la municipalité de Rodez et on l’en remercie » salue Régis Rodor, qui regrette maintenant que le personnel des EHPAD ne bénéficie pas lui aussi d’une revalorisation salariale, alors qu’il est exposé aux mêmes risques qu’en milieu hospitalier…

« Le personnel hospitalier bénéficie des 183 €, pourquoi pas nous ? »

Car on le sait aujourd’hui, ce sont les maisons de retraite qui sont les plus durement touchées par l’épidémie et les conditions de travail du personnel des EHPAD ne sont pas des plus reluisantes… « Ça fait 10 ans que notre point d’indice est gelé » commente Régis Rodor, « et ce que l’on regrette vraiment, c’est que la revalorisation salariale annoncée pour le personnel hospitalier est directement liée à la situation Covid ; or, nous-aussi avons le nez en plein dedans ! » .

Pas que les soignants !

Alors que leur établissement est durement touché par l’épidémie, les membres du personnel de l’EHPAD Bon Accueil se serrent les coudes. « On joue le jeu, on est très solidaires entre nous et si l’on doit faire sauter des RTT pour gérer l’augmentation de la charge de travail, on est prêt à le faire » décrit Régis Rodor, qui salue également les renforts de personnel venus des autres EHPAD de la Ville.

« Le virus, lui, ne fait pas la différence entre soignants et non-soignants ! »

Un effort général de la cinquantaine d’employés de l’EHPAD, soignants, « mais aussi non soignants » insiste Régis Rodor, qui ne comprend pas que l’on fasse la différence entre les différents corps de métiers : « ici, tous les métiers sont touchés : il y a des cas dans le domaine du soin, de l’administratif, du technique et du paramédical ! »

En attendant que son message soit entendu, le personnel de Bon Accueil poursuit son travail auprès des 80 résidents qu’il accueille, au numéro 16 de la rue Planard…

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