Rodez. Le trafic de stupéfiants s’organisait dans les chambres de l’hôtel

Quatre jeunes ont été condamnés par le tribunal de Rodez ce mercredi 14 octobre. Au mois de janvier dernier, une descente de police avait mis fin au trafic de stupéfiants qu'ils avaient organisé depuis les chambres d'un hôtel de la ville...

Les jeunes trafiquants louaient des chambres à l'hôtel pour dissimuler leur trafic. @Google

30 janvier 2020 : alertés par un témoignage leur laissant soupçonner un trafic, les policiers organisent une descente dans l’Hôtel Première Classe de Rodez avec un chien spécialisé dans la recherche de stupéfiants. Ce dernier marque l’arrêt devant deux chambres : la 40 et la 41…

« On avait choisi cet hôtel car c’est le moins cher de Rodez »

Ils louaient des chambres à plusieurs

Dans la 40, un jeune de 19 ans, sur qui les policiers retrouvent deux pochons de cannabis, et une boîte dissimulée dans la salle de bain qui renferme près de 200 grammes de résine. Dans la chambre d’à côté, quatre autres jeunes (dont un mineur qui n’est pas poursuivi) sur qui l’on retrouve également du cannabis, et trois gros pochons d’herbe, conditionnée en petits sachets pour la revente…

« Ce sont des jeunes plus ou moins en rupture familiale, âgés de 19 à 25 ans, qui louaient des chambres pour plusieurs jours et se les partageaient. La drogue était à peine dissimulée et les chambres dans un état pitoyable »

(Sylvie Rouanne, Présidente du Tribunal)

En garde-à-vue, tous avaient reconnu être consommateurs de cannabis, certains reconnaissant le trafic, d’autres non. « Et les trois gros pochons d’herbe n’appartiennent à personne » a ironisé la présidente du Tribunal, qui semble également avoir du mal à croire que les jeunes des deux chambres ne se connaissaient pas entre eux, comme ils ont persisté à le dire lors de l’enquête.

Un seul se présente au procès

Ce mercredi 14 octobre, un seul des quatre accusés s’est déplacé pour le procès. Celui de la première chambre, au casier vierge et qui reconnaît « une erreur ». 

« Je fumais un ou deux joints par jour et je voulais me faire un peu de sous pour me payer une voiture » énonce-t-il à la barre, « c’était mon premier voyage »… Si l’on en croit ses explications, il revenait de Toulouse avec deux plaquettes de 100 grammes, achetées 600 euros, et qu’il comptait revendre le double à une dizaine « d’amis consommateurs ».

« C’est le seul à prendre ses responsabilités » a salué le Ministère Public dans ses réquisitions, demandant une peine de prison avec sursis pour ce jeune inconnu de la Justice, qui travaille et dit avoir arrêté sa consommation.

Prison ferme pour les trois autres

Une analyse partagée par les juges du Tribunal de Rodez, qui lui accordent une peine de 6 mois de prison avec sursis et une amende de 600 euros.

Pour les trois autres accusés en revanche, ce sera de la prison ferme : 4 mois pour les deux premiers, dont l’un a déjà été condamné (et respectivement 500 et 1 000 euros d’amende), et 3 mois pour le dernier, qui est condamné pour simple usage mais aussi outrage puisqu’il avait insulté un policier lors de sa garde-à-vue.