Football. « Je n’ai pas de leçon à recevoir » (Pierre-Olivier Murat, président du RAF)

Le président du RAF, Pierre-Olivier Murat, nous parle de sa dernière recrue, Julien Ponceau, mais revient aussi sur la polémique liée aux futurs travaux du stade Paul Lignon et aux subventions de Rodez Agglo.

Pierre-Olivier Murat a fait le point, après l'arrivée de Julien Ponceau, en prêt de Lorient. @ADN12

Lundi s’est achevé le mercato. Et Rodez a enregistré, lors de cette dernière journée, l’arrivée en prêt de Julien Ponceau, de Lorient. Un mot sur cette arrivée un peu surprise ?

Elle s’est faite, vraiment, « money-time », parce qu’on l’a officiellement transmise à la LFP à 23 h 55… On n’était pas forcément en recherche, car je ne tire pas de conclusion après  six journées de championnat. Si jamais il y a un joueur qui nous intéresse et qui amène un plus dans un poste ou dans un style de jeu que l’on n’a pas, et que l’on fait « un bon coup », alors, là, on le ferait. 

« Il avait des discussions avec Manchester City »

Où situez-vous, sur le terrain, votre nouveau joueur ?

Dans le milieu, il a des qualités que l’on n’a pas. Ce n’est ni du Douline, ni du Boissier. Le poste qui se rapproche le plus, c’est peut-être 8, milieu offensif, mais qui est capable de garder le ballon, capable d’amener une grosse percussion, une très grosse qualité technique, ça va vite. On a Ruffaut, Tertereau, Leborgne, mais dans un autre style. Ça amène une palette de plus au coach. 

Julien Ponceau, âgé de 19 ans, arrive pour une saison, prêté par Lorient. @ADN12

Un mercato particulier, qui a eu lieu en deux parties. Qu’est-ce qui vous a le plus marqué cette saison ?

Ce qui est le plus marquant, c’est que l’on a eu pas mal d’appels, et des contacts. On a discuté avec beaucoup de joueurs, alors qu’il y a un an, Rodez, c’était « non » d’entrée. Le club de Rodez a basculé. On l’a vu dans cette fin de mercato. On devient un peu plus « bankable »… Il suffit de parler de l’arrivée de Julien. C’est un gamin qui est international. Début septembre, il avait des discussions avec Manchester City. Ça en est aussi la preuve. Peut-être que les contacts que l’on a pris là serviront plus tard. 

Un mercato beaucoup moins important que les autres années, ce qui ne vous surprend pas ?

Non, on savait que le marché allait être très dur. Les transferts de Ligue 2, l’an dernier, c’était plus de 100 millions d’euros. Cette année, je crois qu’on est à 49. Et il y a trois joueurs qui ont fait 90 % des 49 millions. Donc, je ne suis pas inquiet non plus pour mes joueurs qui arriveront en fin de contrat. Avant de parler de prolongation, pour n’importe quel joueur, il faut gagner des matchs. 

Récemment, il y a eu des débats, à l’agglomération, concernant les subventions au RAF et les travaux de Paul Lignon. Qu’en pensez-vous ? 

Premièrement, quand on ne connaît pas les dossiers, c’est compliqué de parler. La personne dit que les élus ont des places en loge, ce qui n’est pas le cas. Deuxièmement, souvenez-vous du musée Soulages : on disait « C’est un scandale, ça coûte trop cher ». Aujourd’hui, c’est de l’attractivité pour la ville ! Allez dire aux hôtels, aux commerçants, aux restaurateurs, qu’on enlève le musée Soulages, vous allez voir ! Troisièmement, sur la société privée : tous les clubs pro en France sont en SASP (Société Anonyme Sportive Professionnelle, ndlr). Et cette société privée paye tous les salariés du RAF, de l’éducateur du RAF qui s’occupe des moins de 5 ans à l’équipe fanion… On ne fait pas que du foot pro. On est dans le lien social, dans l’éducation !

« Je ne suis pas une pleureuse, je fais avec ce que l’on me donne. Je n’ai jamais mis la pression, sur aucune collectivité » 

Un stade Paul-Lignon qui avait besoin d’être rénové ?

Avant la première phase de travaux, on chauffait des vestiaires qui donnaient accès à un couloir, où il y avait un trou d’un mètre qui montait dans le ciel. La chaleur partait partout sauf dans les vestiaires. Je pense aussi que le volume d’eau qui est utilisée pour la pelouse est divisée par deux ou par trois, puisqu’on est en hybride. Il n’y a quasiment plus d’engrais chimique… On est l’animation la plus importante du département, toute l’année. (Plus de 100 000 spectateurs l’an dernier !) Est-ce que ces 100 000 spectateurs n’ont pas le droit à avoir un siège à peu près correct, avec une vision correcte, et en ne prenant pas la pluie ? Ma réponse, c’est oui. C’est un scandale qu’il n’y ait pas eu de travaux pour accueillir le public depuis 35 ans… Quand l’aéroport reçoit un avion privé et que ça tombe dans la SEM de l’aéroport, que les hôtels reçoivent les équipes adverses, que les supporters font les courses dans les magasins, vont aux restaurants, en clair, font vivre la cité… on est contre tout ça ? 

Il a aussi été reproché au club de ne pas participer au financement du stade…

On a mis 500 000 euros dans le centre d’entraînement, à Vabre. Que l’on a payé 100 % en propre. Il n’y a pas beaucoup de clubs en France qui payent leurs centres d’entraînement. La deuxième chose : le maire a été très juste en disant que Rodez avait la plus faible subvention d’un club de Ligue 2 en France. Guingamp, Auxerre, c’est 1 million d’euros. Je n’ai pas de leçon à recevoir. Tout confondu, l’an dernier, on était à 800 000 euros sur un budget de 8 millions. Et avec des aides exceptionnelles, car on jouait au Stadium à Toulouse. Je ne suis pas une pleureuse, je fais avec ce que l’on me donne. Je n’ai jamais mis la pression sur aucune collectivité.